Les salariés acceptent-ils d’être espionnés par leurs patrons ? Un sondage réalisé par la société de gestion de l’expérience Qualtrics apporte des résultats contrastés. Pour y voir plus clair, les analystes ont interrogé 1000 employés de bureau et 100 responsables des ressources humaines en France, en Australie, en Allemagne, au Japon, à Singapour, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Des réponses surprenantes
Premier constat de cette enquête, 43 % des sondés ont répondu oui à la question de savoir s’ils donneraient volontairement accès à leur entreprise aux messages instantanés et aux e-mails échangés sur le lieu de travail. Ces résultats ont très largement surpris les responsables des ressources humaines qui anticipaient des niveaux beaucoup plus bas.
Les experts notent toutefois : « Les employés sont moins à l’aise avec l’analyse de sources de données plus personnelles, telles que les messages Slack, et moins à l’aise avec l’analyse des réseaux sociaux par leur organisation, même s’ils sont anonymes ».
Dans l’ensemble, ces employés s’attendent à une écoute passive et anonyme qui permet à leur entreprise d’identifier certains problèmes ou de préoccupations qui peuvent naître. Ils n’anticipent donc pas un espionnage personnalisé qui viendrait remettre en cause leur professionnalisme.
Instaurer de tels outils ne doit en tout pas être une décision prise à la légère. Benjamin Granger, psychologue en chef du travail chez Qualtrics, estime ainsi :
La confiance est essentielle au développement d’une relation mutuellement bénéfique entre les employés et les dirigeants de l’organisation. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit d’introduire de nouveaux programmes et de nouvelles technologies. Les dirigeants peuvent instaurer la confiance en soulignant les avantages qu’en retireront les employés et en leur offrant une transparence et une autonomie permanentes en ce qui concerne leurs données.
Espionner directement est une très mauvaise idée
Pour compléter cette étude, on peut se référer au travail de recherche réalisé par David Welsh, professeur à l’université d’État de l’Arizona. Le scientifique et ses collègues ont repéré que la surveillance des salariés les incitait à enfreindre les règles. Concrètement, cela entraîne des pauses non autorisées, un travail volontairement plus lent, ou encore du vol de matériel plus fréquent.
De fait, ces collaborateurs qui se sentent un peu trop “fliqués” par leurs supérieurs perdent le sens de la responsabilité individuelle. La souffrance qui découle de ces pratiques les amène à enfreindre davantage les règles. Si vous souhaitez en savoir plus, c’est par ici. Votre employeur utilise-t-il des outils de surveillance ? Si oui, cela impacte-t-il votre travail ? Dites-le-nous dans les commentaires.
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