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Un étudiant français bat Facebook avec un projet crypto à 18M $

Un projet de recherche sur la blockchain à l’école Polytechnique a permis à un étudiant de créer Morpho… et de battre un record détenu par Mark Zuckerberg.

En 2005, Mark Zuckerberg concrétisait son rêve avec Facebook grâce à un premier investissement octroyé par le fonds Accel Partner. Cela ne faisait qu’un an qu’il avait quitté Harvard et qu’il s’était installé dans la Silicon Valley. Montant de la cagnotte : 12,7 millions de dollars. Un record pour un projet étudiant.

Dix-sept ans plus tard, deux Français ont fait mieux. Dans l’ombre de la French Tech, Paul Frambot, qui étudie la Blockchain à Télécom Paris-Polytechnique, embarque avec le directeur de recherche au CNRS Vincent Danos pour créer Morpho. En moins de 18 mois, ils mettent au point un protocole dans lequel plus de 100 investisseurs lui ont permis de lever 18 millions de dollars. Cela ne fait qu’un mois que leur application est active.

“Morpho a le potentiel de devenir incontournable”

Pour réunir autant d’investisseurs en capital-risque, il fallait des fonds de renom. Et pour le coup, dans l’univers de la finance décentralisée, Morpho ne pouvait pas trouver plus prestigieux qu’Andreessen Horowitz (A16z) et le fonds Variant. Coinbase Ventures, de la plateforme d’échange de crypto du même nom, a aussi fait confiance aux deux Français.

Pour vous donner un ordre d’idée, Paul Frambot n’a que 21 ans. Son projet, il l’a lancé lors de sa troisième année d’étude dans la prestigieuse école française et pourrait s’avérer indispensable pour l’écosystème des cryptomonnaies et de la DeFi. Morpho est un DAO (une organisation autonome décentralisée) qui a développé un protocole d’optimisation pour mieux gérer l’activité de lending sur les plateformes d’échange de cryptomonnaies Coumpound et Aave.

Le lending est une activité en plein boom pour les cryptomonnaies, ajoutant une dimension bancaire dans un système décentralisé. Avec le protocole de Morpho, la garantie de pouvoir prêter des liquidités en échange d’un taux d’intérêt. Un processus indispensable pour que les projets de la DeFi puissent se financer sans passer par les monnaies fiat. On comprend donc tout l’enjeu de la technologie des deux Français.

“Il y a un gros écart de taux entre ce que proposent les prêteurs et le taux auquel les emprunteurs peuvent effectivement obtenir un prêt”, constatait Paul Frambot dans un communiqué. Le protocole est un algorithme permettant de gérer de façon directe la négociation du taux en pair-à-pair. “À l’avenir, plutôt que de vendre vos actions d’entreprises pour financer un projet, vous pourrez les utiliser comme collatéral et emprunter des ethers ou des stablecoins”, ajoutait Paul Frambot.

Aave et Compound évoluent naturellement sur la Blockchain Ethereum, et le produit de Morpho s’appuie aussi dessus. En toute transparence, les deux Français disent qu’ils n’ont pas prévu de dégager des revenus sur les liquidités qui transitent sur leur application (déjà plus de 30 millions de dollars en un mois). Mais à l’avenir, “le jour où la communauté le décidera, on appliquera des frais”, disait l’étudiant. “Morpho a le potentiel de devenir incontournable” finissait par dire un représentant du fonds américain Variant.

À l’heure où les plateformes d’échange de cryptomonnaies centralisées (CeFi) comme Coinbase et Celsius sont dans des situations très difficiles en termes de santé financière, le monde des cryptos n’a jamais autant mis en avant la DeFi. Ce n’est donc pas pour rien qu’à l’instar de beaucoup d’acteurs, Morpho est arrivé à lever des capitaux. Prometteur.

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