Edita est le nom du premier train autonome d’Europe, empruntant les voies ferroviaires en parallèles aux autres locomotives du réseau avec conducteurs. Lancé par l’opérateur ferroviaire tchèque AŽD Praha, il aura coûté 13 millions d’euros dont un tiers a été financé par l’Union européenne. La locomotive et les sièges des passagers, situés dans deux voitures distinctes, relie Kopidlno et Dolní Bousov situées au nord de la République tchèque, sur un parcours de 24 kilomètres, à 70 kilomètres de Prague.
Alors qu’il faisait parler de lui lors de son inauguration, le train autonome Edita a déjà parcouru 1 700 kilomètres avec des passagers. Il a aussi pu vivre ses premières expériences inédites, telles que le passage d’un troupeau de moutons. Le train se serait arrêté sans problème grâce à ses multiples capteurs – des caméras et des LiDAR – et des systèmes de contrôle de « sa traction, ses freins et sa vitesse », expliquait à AFP Michal Novak, l’un des développeur ferroviaire d’AZD.
C’est au mois d’avril dernier que les premiers essais sur le réseau prenaient place pour le train autonome d’AŽD Praha. À ce moment-là, la société prévoyait d’étendre ses essais avec des passagers à bord chaque weekend jusqu’au mois d’octobre. Le développement semble avoir été plus rapide que prévu avec l’inauguration en ce mois d’août. À bord, un superviseur reste nécessaire pour respecter la législation du pays. Il reste d’ailleurs le responsable de la fermeture des portes.

AŽD Praha, qui est aussi le propriétaire des rails sur lesquelles le train circule, se remémorait : « Lorsque le premier train régulier de cette ligne, destinée principalement au transport de betteraves à sucre, a circulé le 26 août 1883, personne n’aurait pu imaginer la transformation fondamentale que cette ligne subirait à l’avenir ». L’opérateur ferroviaire ajoutait : « plus de 140 ans plus tard, le tronçon Kopidlno – Dolní Bousov est devenu une ligne expérimentale privée très moderne, où les trains circulent de manière totalement autonome en exploitation normale, sans conducteur ».
Pour rassurer les passagers, ces derniers peuvent, à bord, voir en direct ce que le train voit avec ses capteurs. Ces derniers sont présents dans une voiture secondaire, puisque la locomotive, malgré son espace à bord « est remplie d’ordinateurs » précisait un porte-parole en avril dernier.

Les trains autonomes, des lignes de métro avant tout
Démocratisé sur les métros, le système ATO (Automatic Train Operation) est encore au stade expérimental sur le réseau ferroviaire classique et pour la France aussi. La SNCF voudrait démarrer des essais en 2028 pour un train autonome d’inspection du réseau à grande vitesse, pour une mise en service en 2030. Comme pour l’automobile, le degré d’automatisation est classé par niveau, de 1 à 4 actuellement. Ils s’écrivent GoA1, GoA2, GoA3 et GoA4, (« Go » pour Grade of Automation).
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Au stade 2, le conducteur en cabine reste responsable de la sécurité et de la détection des obstacles quand le train s’occupe de gérer l’accélération et le freinage. Au niveau 3 le train est entièrement automatique avec la détection des obstacles. Le niveau 4 libère totalement le besoin d’un responsable d’être à bord, y compris en tant que contrôleur. Des trains ont déjà atteint ce niveau mais il s’agit de rames de métro opérant sur un réseau fermé, à l’instar des lignes 1, 4 et 14 du réseau RATP parisien.
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