Facebook ouvre ses données aux chercheurs pour étudier les fake news

Quels sont les impacts des réseaux sociaux sur les élections et sur la démocratie ? Pour avoir des réponses, Facebook ouvre ses données à la communauté scientifique.

Bientôt, on aura des réponses sur l’impact des réseaux sociaux sur les élections et sur le processus démocratique, grâce à la collaboration entre Facebook et un groupe de chercheurs, qui aura un accès sans précédent aux données du réseau social.

En avril, Facebook avait annoncé sa volonté de partager ces données avec des chercheurs pour « fournir des recherches indépendantes et crédibles sur le rôle des médias sociaux dans les élections, ainsi que sur la démocratie en général ».

Aujourd’hui, cette initiative a un nom : Social Science One. « Le partenariat permet aux universitaires d’analyser les trésors d’information de plus en plus riches accumulés par l’industrie privée de manière responsable et socialement bénéfique », lit-on sur le site web de cette commission nouvellement créée qui servira d’intermédiaire entre Facebook et les chercheurs qui souhaitent utiliser les données du réseau social pour faire des études.

En substance, Social Science One a accès aux données (rendues anonymes) de Facebook, et identifie les informations pertinentes, puis choisit les chercheurs (trié sur le volet) qui pourront utiliser une partie de ces données. Les recherches ne seront pas financées par Facebook, mais par des fondations tierces. Et le réseau social ne sera théoriquement pas en mesure d’influencer les résultats de recherches publiés dans le cadre de ces projets.

L’idée est de permettre aux chercheurs d’étudier les réseaux sociaux, sans compromettre la vie privée des utilisateurs, ni l’indépendance des recherches.

« Les données collectées par les entreprises privées ont un énorme potentiel pour aider les chercheurs en sciences sociales à comprendre et à résoudre les plus grands défis de la société », a déclaré Gary King, co-fondateur de Social Science One et professeur associé à Harvard. « Mais jusqu’à présent, ces données étaient généralement indisponibles pour la recherche académique. Social Science One a établi une structure éthique pour la protection de la vie privée en préservant les données de l’industrie pour le plus grand bien social tout en assurant la pleine liberté d’édition académique ».

Et si pour le moment, le partenariat ne concerne que Facebook, le groupe a l’intention de demander des données à d’autres entreprises.

Des études sur les fake news

En plus de la présentation de la nouvelle structure, Social Science One lance un premier appel d’offre pour les chercheurs du monde entier qui souhaitent avoir « accès à des données Facebook anonymisées et protégées pour explorer l’impact des médias sociaux sur les élections et la démocratie ». Le premier jeu de données concerne l’information et la désinformation (sur Facebook).

Il inclut un petaoctet de données avec presque toutes les URL (2 millions d’URL partagées sur 300 millions de publications) sur lesquelles les utilisateurs de Facebook ont cliqué depuis 2017. Les métadonnées incluent des informations telles que le sexe de l’utilisateur, le groupe d’âge auquel il appartient, le pays et pour certains (aux Etats-Unis), l’idéologie politique.

Les chercheurs intéressés par un accès à ces données peuvent soumettre une demande sur le site de Social Science One.


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