Facebook : une nouvelle polémique concernant l’accès aux données par les constructeurs de smartphones et de tablettes

Facebook a signé des partenariats avec des constructeurs, permettant à ceux-ci de reproduire certaines fonctionnalités du réseau social sur leurs appareils.

Facebook n’est pas encore totalement remis du scandale Cambridge Analytica, mais une nouvelle polémique affecte déjà le numéro un des réseaux sociaux. Et cette fois-ci, cela concerne les données sur les utilisateurs que Facebook transmettrait aux fabricants de smartphones et de tablettes.

Dans un article publié ce week-end, le New York Times évoque les partenariats de Facebook avec une soixantaine de fabricants de mobiles, dont Apple, Amazon, BlackBerry, Microsoft et Samsung.

Ces accords datent d’une dizaine d’années et auraient permis à aux constructeurs de proposer des fonctionnalités Facebook sur leurs smartphones.

Le problème, c’est que d’après l’article du NYT, « Facebook a permis aux fabricants des appareils d’accéder aux données des amis des utilisateurs sans leurs consentements explicites, même après avoir déclaré qu’ils ne partageraient plus ces informations avec des tiers. Certains fabricants d’appareils pouvaient récupérer des informations personnelles même auprès des amis des utilisateurs qui croyaient avoir interdit tout partage ».

D’autre part, Facebook a déclaré qu’en 2014, il a mis à jour sa plateforme d’applications afin de ne plus permettre aux développeurs d’applis tierces de collecter des données sur les amis de leurs utilisateurs (qui n’ont pas consenti à la collecte). Avant 2014, c’est cette fonctionnalité qui a permis à un développeur collecter des données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook, puis de transmettre ces informations à la société Cambridge Analytica.

Et toujours d’après le NYT, certains constructeurs seraient en mesure de collecter des données sur la vie de couple, la religion, les idées politiques, etc. Le média américain affirme par exemple qu’en connectant son compte Facebook au BlackBerry Hub sur un BlackBerry Z10, le journaliste Michael LaForgia donnerait également accès aux données sur ses 556 amis, dont « l’état des relations, les tendances religieuses et politiques et les événements auxquels ils prévoyaient participer ». Puis, le BlackBerry Hub serait en mesure d’accéder à des informations, dont des identifiants uniques, sur les 294 258 amis des amis du journaliste.

Facebook n’est pas d’accord

Pour répondre à cet article du New York Times, accusant Facebook de donner trop de données aux constructeurs de smartphones, le réseau social a publié un article intitulé « Pourquoi nous ne sommes pas d’accord avec le New York Times ».

« Bien que nous soyons d’accord avec bon nombre de leurs préoccupations concernant les contrôles des informations sur Facebook partagées avec les développeurs d’applications tierces, nous ne sommes pas d’accord avec les problèmes qu’ils ont soulevés au sujet de ces API », répond le numéro un des réseaux sociaux.

Facebook explique que ces accès ont été créés à l’époque des débuts des plateformes mobiles, quand la demande pour Facebook a dépassé la capacité de l’entreprise à créer des versions de son réseau social pour tous les téléphones ou tous les système d’exploitation. « […] des entreprises comme Facebook, Google, Twitter et YouTube ont dû travailler directement avec les fabricants de systèmes d’exploitation et d’appareils pour mettre leurs produits dans les mains des gens », lit-on dans le billet de blog.

En substance, les API ont permis aux constructeurs de créer des expériences similaires à celles de l’application Facebook directement sur leurs appareils ou sur leurs systèmes d’exploitation. « Étant donné que ces API ont permis à d’autres entreprises de recréer l’expérience Facebook, nous les avons contrôlées dès le départ. Ces partenaires ont signé des accords qui empêchaient l’utilisation des informations Facebook de quelqu’un à d’autres fins que de recréer des expériences semblables à Facebook », lit-on dans la réponse. Facebook insiste sur le fait que tout les accès se font avec les consentements des utilisateurs des appareils mobiles. Et surtout, contrairement à ce qu’a écrit le New York Times, les données des amis des utilisateurs n’étaient stockées que sur les appareils.

Enfin, Facebook insiste sur le fait que ce partenariat avec les constructeurs est très différent ceux de la plateforme Facebook, qui a été utilisée par le développeur Aleksandr Kogan, qui a transmis les informations de dizaines de millions d’utilisateurs à Cambridge Analytica.

D’autre part, maintenant que le marché du mobile est largement dominé par iOS et Android, Facebook admet que ces partenariats avec les fabricants de smartphones ou de systèmes d’exploitation ne sont plus aussi indispensables qu’ils ne l’étaient il y a dix ans. De moins en moins de gens dépendent de ces API pour utiliser le réseau social. Aussi, Facebook a déjà commencé réduire ces accès. Et 22 partenariats ont déjà été arrêtés.

Cité par le New York Times, Apple a admis qu’il utilisait ces accès proposés par Facebook afin de permettre aux utilisateurs de poster des photos sans ouvrir l’application Facebook, et d’autres fonctionnalités. Mais la firme de Cupertino aurait arrêté de les utiliser au mois de septembre. BlackBerry a quant à lui indiqué qu’il n’a utilisé ces accès que pour permettre aux utilisateurs de lire leurs messages et voir leurs réseaux.


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