Pourquoi quand notre téléphone se casse ou tombe en panne, notre premier réflexe est-il de le remplacer ? Cette question, Cristina Ganapini la pose à nos confrères de Konbini (voir ci-dessous). Dans cette vidéo, la coordinatrice de Right to Repair Europe dénonce les pratiques du monde des nouvelles technologies.
Elle critique notamment le manque de réparabilité de nos appareils électroniques, smartphones en tête. Pourtant, lors d’un récent sondage mené par OpinionWay pour BackMarket, 94 % des sondés se sont dits prêts à garder leur smartphone plus longtemps, si ce dernier peut être réparé facilement et à moindre coût.
Un coût écologique certain
Car le grand public le sait aujourd’hui très bien. La pollution engendrée par un smartphone (comme pour une voiture électrique) est produite lors de la construction de l’appareil. Pour nos téléphones, tablettes et ordinateurs, c’est 70 à 80 % de leur empreinte carbone qui est émise avant même que le téléphone n’arrive dans vos mains.
Tout l’enjeu est donc de garder son smartphone le plus longtemps possible. À condition que les « constructeurs jouent le jeu ». Écologiquement, les avantages sont indéniables. Conserver son smartphone 5 ans (contre 2,5 ans aujourd’hui) permet de diviser par 2 son empreinte carbone.
Si nos smartphones tenaient 10 ans, la France pourrait économiser 21 millions de tonnes d’équivalent CO2. « C’est 5,8 % des émissions annuelles en France », déclare le site spécialisé dans la réparation des smartphones iFixit.
Des solutions existent
Si les Français préfèrent changer de smartphone plutôt que de les réparer, c’est plus par méconnaissance que par un réel manque de solutions. Car depuis plusieurs années, les constructeurs jouent le jeu. Ils sont de plus en plus nombreux à augmenter les niveaux de « réparabilité » de leurs appareils.
En Europe, l’arrivée des législateurs sur ce sujet risque de faire bouger les choses. Le « droit européen à la réparation » voté à Strasbourg en juin 2024 est un premier pas. Mais face à ce premier texte, le constat reste amer. Chaque année, 35 millions de tonnes de déchets électroniques sont produites dans l’UE.
Pire encore, cela correspond à 261 millions de tonnes de gaz à effet de serre (eCO2). Dans le même temps, la mise en place systématique d’un processus de réparation pour les appareils endommagés pourrait être une vraie bonne nouvelle pour l’économie européenne. Bruxelles espère 4,8 milliards d’euros de croissance et d’investissement sur le continent.
Le texte, voté à Strasbourg et publié par Bruxelles, doit maintenant passer dans les assemblées nationales des 27 pays membres. Ils doivent l’appliquer avant le 31 juillet 2026.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.