- Une proposition de loi examinée par le parlement russe prévoit d’autoriser la distribution de films et et de séries occidentaux sans obtenir l’autorisation des ayant-droits
- C’est une réponse de la Russie au départ des géants du divertissement du marché russe
- De manière plus étonnante, ces initiatives se heurtent à l’opposition des grandes entreprises russes
Faut-il légaliser le piratage des films et des séries occidentaux ? Le débat bat son plein actuellement en Russie où une proposition de loi a été déposée en avril dernier pour permettre la copie et la distribution d’œuvres dans le pays sans l’accord des ayant-droits.
C’est une réponse directe aux décisions des géants du divertissement américains qui ont décidé de quitter le marché russe. Il en va ainsi des plateformes de streaming et des gros studios qui ne sortent plus leurs films sur place.
Légaliser le piratage n’est pas si simple
Comme on peut s’en douter, cette initiative, si elle allait au bout, serait une violation claire des normes commerciales en vigueur. C’est tout bonnement inconcevable en France et dans les autres pays européens. D’ailleurs le projet fait aussi grincer des dents en Russie chez des entreprises bien installées.
En effet, le média russe Kommersant s’est procuré une lettre de grandes sociétés telles que Gazprom Media, Channel One et Rostelecom qui prévient le chef de la commission de la Douma d’État chargée de la politique économique de ses préoccupations.
Les compagnies concernées estiment que cette proposition “viole les intérêts des acteurs spécialisés du marché” et pourrait même conduire à la “cessation de leurs activités”. Ils ajoutent : “Il existe également un risque d’utilisation de ce mécanisme pour légaliser et populariser les ressources piratées, ce qui aura un impact négatif sur les producteurs nationaux et les détenteurs de droits exclusifs sur le contenu”.
Ces organisations sont d’autant plus inquiètes que les parlementaires russes, décidément très actifs sur ce dossier, ont un autre projet en tête. Il vise notamment au déblocage par la Russie de sites pirates qui avaient au préalable étaient censurés. Ils devraient toutefois s’engager à ne pas diffuser de contenues disponibles légalement sur place.
Cette initiative n’est pas non plus du goût des professionnels : “Un pirate a créé un site web et mis en ligne un millier de films, de livres et de musiques provenant de différents détenteurs de droits. Il n’a qu’un seul objectif économique : gagner de l’argent grâce à la publicité sur le site”.
Quoi qu’il en soit, la Russie pense très sérieusement de contourner les sanctions par ce biais. Nous vous parlions ainsi l’année dernière de ce document qui envisage la légalisation du piratage de logiciels dans le cas où l’éditeur du programme est basé à l’étranger dans un pays prenant part aux sanctions.
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