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Figure 02 : ce robot pourrait faire disparaître des milliers d’emplois en logistique

Il ne respire pas, ne se fatigue pas et ne demandera jamais d’augmentation, mais ce qu’il parvient à réaliser le rapproche de plus en plus d’un être humain.

Nous vous en parlions la toute première fois, il y a un peu plus de deux ans : Figure, un robot humanoïde aux capacités quasi surnaturelles. Sa seconde version, encore plus avancée, Figure 02, travaille depuis l’été dernier dans l’usine de BMW à Spartanburg (Caroline du Sud) et continue à faire des merveilles.

Doté d’un système baptisé Helix (pour plus d’informations concernant ce dernier, vous pouvez consulter notre article à ce sujet), il est désormais capable de manipuler à peu près tout ce qui lui passe sous la main. Colis, sacs, enveloppes, ou paquets cabossés, plus rien ne lui échappe. Son évolution technique a été spectaculaire et les conséquences sociales de cette dernière pourraient l’être tout autant.

L’algorithme, cet ouvrier modèle

Le 7 juin, Figure a partagé une vidéo de plus d’une heure sur X (voir ci-dessous) montrant son robot trier des colis sur une chaîne de montage avec une régularité digne d’un métronome. Grâce à Helix, son modèle de perception-action optimisé par apprentissage automatique, Figure 02 adapte sa prise au type de colis, redresse les étiquettes pour les rendre lisibles, et ajuste sa gestuelle pour pallier les imperfections de l’emballage.

Figure 02 n’a pas été programmé pour cela ; il a acquis ces réflexes par la seule observation, ce qui rend la performance d’autant plus exceptionnelle. Il attrape, retourne, prend un sac/colis/enveloppe de la main gauche, pendant que sa main droite pousse le tout sur un tapis roulant. Il parvient à rattraper ses erreurs avec une fluidité confondante et ses gestes sont d’une précision chirurgicale. La vidéo est presque hypnotisante à regarder.

L’entreprise précise dans sa publication : « Désormais, Helix intègre le toucher et une mémoire à court terme, et ses performances ne cessent de s’améliorer au fil du temps ». En l’espace de trois mois, les performances de Figure 02 ont progressé à une vitesse fulgurante. Il parvient dorénavant à traiter chaque colis en un peu plus de quatre secondes, soit environ une seconde de moins qu’auparavant. Ce gain de vitesse ne s’est pas fait au détriment de la précision, bien au contraire ! Figure 02 arrive à orienter correctement les étiquettes de livraison dans 95 % des cas, un taux en hausse de 25 % par rapport à la version précédente.

Des bras pour remplacer les nôtres

Le fantasme d’entrepôts peuplés de robots bipèdes, capables de remplacer plusieurs postes humains à la fois, n’est plus tout à fait de la science-fiction. Tesla (son modèle Optimus), Agility Robotics (qui travaille avec l’industrie textile) et d’autres startups se ruent vers cette perspective industrielle.

La simple automatisation de la tâche n’est pas tant l’objectif affiché ; les acteurs de la robotique contemporaine visent aujourd’hui à créer une forme de flexibilité comportementale. On entend par là la faculté d’un même robot à interpréter et à réagir à des contextes variés, sans intervention humaine. Exactement comme le ferait un ouvrier spécialisé, qui apprend à naviguer dans l’exception plutôt que d’être bridé par un règlement (ici, du code informatique).

Souvenez-vous des premiers pas timides des robots de Boston Dynamics : c’était il y a déjà 13 ans. La robotique a depuis progressé à une vitesse incroyablement véloce, mais le débat sociétal, quant à lui, piétine. Que se passera-t-il quand ces machines coûteront moins cher qu’un ouvrier, tout en offrant une précision constante, sans arrêts de travail ni de pause déjeuner ? Quelle place restera-t-il pour la main-d’œuvre humaine dans les fonctions logistiques ? À mesure que Figure 02 (et d’autres) perfectionne ses gestes, ce sont des milliers de postes qui deviendront théoriquement superflus.

Nous sommes donc en pleine phase de transition, celle dont parlaient Jeremy Rifkin (La Fin du Travail, 1995) ou Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee (Le deuxième âge de la machine : travail et prospérité à l’heure de la révolution technologique, 2015). Celle du passage d’une robotique déterministe à une robotique adaptative, capable de gérer l’imprévu. Une fois que les robots sauront pleinement improviser, que restera-t-il à négocier dans le contrat social ? Si la productivité explose grâce aux robots, comment cette richesse sera-t-elle redistribuée ? Faut-il envisager un revenu universel ? Des taxes sur les robots ? Un « dividende robotique » ?

  • Figure 02 devient capable de trier des colis en autonomie quasi totale, en apprenant simplement par imitation.
  • Ses performances progressent à grande vitesse, approchant déjà l’efficacité humaine, voire la surpassant sur certaines tâches.
  • À partir du moment où une machine peut improviser face à l’imprévu, le travail humain cesse d’être irremplaçable.

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