La hausse vertigineuse des prix de l’électricité pousse certains foyers dans leurs derniers retranchements. Sur Telegram, WhatsApp ou Snapchat, les offres de piratage de compteurs Linky se multiplient. Le principe ? Moyennant quelques centaines d’euros, des « techniciens » proposent de modifier le compteur pour qu’il n’enregistre qu’une partie de la consommation réelle. À la clé, une promesse alléchante : réduire sa facture de 50 à 70 %.
Cette pratique, qui séduit de plus en plus de Français, inquiète sérieusement Enedis. Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité estime avoir perdu pas moins de 250 millions d’euros depuis 2022 à cause de ces fraudes. Une situation qui a poussé l’entreprise à créer une direction spécifique dédiée à la lutte contre ce phénomène.
Des risques judiciaires et financiers considérables
Faire flasher son compteur Linky n’est pas un acte anodin. Il s’agit juridiquement d’un vol d’énergie, passible de lourdes sanctions. Dans les cas les plus graves, notamment lorsque la fraude est organisée en réseau, les peines peuvent atteindre un million d’euros d’amende et dix ans d’emprisonnement.
Les fraudeurs s’exposent également à des poursuites civiles. Enedis porte systématiquement plainte lorsque des cas de fraude sont découverts. L’entreprise réclame non seulement le remboursement de l’électricité volée, mais aussi le paiement des frais de remise en conformité du compteur. La facture peut rapidement grimper à plusieurs milliers d’euros.
L’actualité judiciaire illustre la détermination d’Enedis à traquer les fraudeurs. À Valenciennes, un homme d’une trentaine d’années comparaît actuellement devant la justice pour avoir modifié des centaines de compteurs. Il facturait ses services entre 200 et 400 euros sur Snapchat. Le préjudice pour Enedis s’élève à 150 000 euros.
Enedis essaye de faire peur avec la menace d’un danger mortel
Au-delà des risques juridiques, Enedis prévient que le piratage d’un compteur Linky met en danger la vie des occupants du logement. La modification du compteur nécessite d’intervenir sur des composants électriques sous tension. Un geste mal maîtrisé peut provoquer une électrocution ou déclencher un incendie.
Les arnaqueurs qui proposent des formations en ligne pour apprendre à « flasher » soi-même son compteur jouent avec la vie de leurs clients. Ces formations, souvent vendues plus de 1000 euros, exposent les particuliers à des risques potentiellement mortels.
La vigilance s’impose également face aux faux techniciens qui se présentent à domicile. Certains se font passer pour des électriciens qualifiés, n’hésitant pas à facturer leur intervention sans même modifier le compteur. Dans le meilleur des cas, le client perd son argent. Dans le pire, l’intervention amateur peut transformer son installation électrique en piège mortel.
Enedis renforce ses contrôles
Pour endiguer ce fléau, Enedis passe à la vitesse supérieure. L’entreprise prévoit de doubler ses effectifs dédiés à la lutte contre la fraude, passant de 250 à 500 collaborateurs d’ici 2025. Des campagnes de contrôle systématique seront déployées dans cinq régions pilotes : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Île-de-France, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Les clients suspectés de fraude recevront la visite des équipes d’Enedis. En cas de refus de contrôle, l’entreprise pourra couper l’alimentation électrique dix jours après l’envoi d’une mise en demeure.
- Faire pirater son compteur Linky expose à des amendes et d’importantes poursuites judiciaires
- Le risque d’électrocution ou d’incendie est réel en cas de modification non professionnelle du compteur
- Enedis renforce considérablement ses contrôles avec le doublement de ses effectifs anti-fraude prévu pour 2025
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