Ces derniers mois, BP, Shell et plusieurs autres majors pétrolières ont revu à la baisse leurs ambitions dans les énergies renouvelables. Face à des rendements jugés insuffisants et à un contexte géopolitique incertain, les groupes préfèrent sécuriser leurs investissements dans le pétrole et le gaz, quitte à ralentir leur transition énergétique. Un mouvement de recul, favorisé par la politique de Donald Trump, mais qui n’est pas passé inaperçu chez certains investisseurs.
Dans ce contexte, Follow This, collectif d’actionnaires militants néerlandais, vient de poser des résolutions visant les entreprises concernées, leur demandant d’expliquer comment ils comptent créer de la valeur si la demande mondiale de pétrole et de gaz venait à reculer. Une offensive qui illustre à la fois la persistance de ce groupe et surtout, l’évolution de sa méthode.

Activisme actionnarial
Follow This n’est ni une ONG traditionnelle, ni un fonds activiste classique. Fondé en 2015 par Mark van Baal, le groupe s’est spécialisé dans l’activisme actionnarial climatique. Sa stratégie repose sur l’achat de petites participations dans des entreprises comme Shell, BP, Chevron ou ExxonMobil, afin de pouvoir déposer des résolutions lors des assemblées générales et peser sur les débats internes.
Le collectif revendique aujourd’hui plusieurs milliers de membres qui votent sur les orientations et les résolutions proposées. Une structure légère, mais très visible, largement portée par la médiatisation de son fondateur et une méthode qui continue de bousculer les codes du militantisme climatique. D’ailleurs, son approche a porté ses fruits pendant des années, poussant certaines entreprises à annoncer, au moins formellement, des objectifs plus ambitieux.

Changement de stratégie dans un contexte explosif
Mais tout a basculé l’année dernière : le soutien des investisseurs s’est érodé et le contexte politique s’est durci. Les géants du pétrole, eux, ont majoritairement fait marche arrière sur la transition énergétique. Follow This a donc décidé de mettre en pause ses résolutions traditionnelles axées sur les réductions d’émissions, et mis en place un nouveau plan d’action.
Plutôt que d’exiger des engagements climatiques frontaux, le groupe parle désormais le langage des marchés : création de valeur, allocation du capital, flux de trésorerie, etc. Son message est simple ; si la demande de pétrole et de gaz décline, comme le prévoient certains scénarios de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dès 2030, les investisseurs doivent savoir si BP et Shell sont prêts.
Ainsi, avec le soutien de plus de 20 investisseurs institutionnels, Follow This exige concrètement des entreprises qu’elles publient des projections financières à long terme, sur au moins dix ans. Celles-ci doivent détailler les investissements, les plans de production et les flux de trésorerie dans des scénarios de baisse de la demande.
Moins militant dans la forme, Follow This tente, de cette manière, de rester audible dans un secteur qui semble de plus en plus décidé à ralentir sa transition.
- Follow This utilise l’activisme actionnarial pour pousser BP et Shell à rendre des comptes sur leur avenir si la demande de pétrole et de gaz recule.
- Face au recul des ambitions climatiques des majors, le collectif a changé de ton et de méthode.
- Désormais, il parle création de valeur et risques financiers pour continuer à peser.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.