« La F1, c’est la NASA de l’automobile » s’exclamait Stéphane Meunier rédacteur en chef de l’Automobile Magazine. Décriée pour son côté spectacle, la Formule 1 est, depuis ses débuts un vrai laboratoire, qui à l’image de l’agence spatiale américaine permet de découvrir et tester les technologies qui feront notre quotidien dans 10 ans.
À titre d’exemple on peut citer la technologie des moteurs turbo, amenée par Renault dans les années 80 et très critiquée à l’époque. Depuis les « théières jaunes » (les voitures jaunes cassaient souvent leurs moteurs ce qui dégageait une forte fumée) ont imposé leur système à la Formule 1, au sport automobile, mais à l’ensemble du marché.
Aujourd’hui, selon Minute auto, 70 % des voitures présentes sur nos routes ont droit à un moteur turbo. Il est donc logique de se pencher de près sur la Formule 1 quand on veut développer la voiture de demain. C’est d’ailleurs ce qui a poussé Mercedes à rejoindre la compétition en 2010, et ce qui a amené Audi et Porsche à suivre cette même route avec une arrivée dans la compétition reine du sport automobile en 2026.
Tech et Formule 1 : le mariage gagnant
Alors quand les voitures les plus chères du monde (20 millions d’euros par modèle environ) se présentent dans un cadre aussi charmant que celui de Miami, pour le premier Grand Prix de l’histoire de la ville floridienne tout le monde a un œil sur elles. Si la course a permis à Max Verstappen de s’imposer, c’est en partie grâce à sa voiture. Une Red Bull à moteur Honda qui dispose de milliers de capteurs, et d’autant de technologies intéressantes pour les automobiles de demain.
Grâce à son partenariat récent avec l’entreprise d’analyse de données Oracle, les ingénieurs de Red Bull disposent d’une compréhension de la course inédite. Le logiciel d’apprentissage automatique Oracle Cloud permet d’analyser les 100 000 informations qui arrivent chaque seconde aux stands.
Premier changement de taille apporté par Red Bull sur sa RB18 à Miami, une barre métallique qui vient ajouter de la rigidité à la voiture et réduire ainsi le « marsouinage » un effet indésirable de la nouvelle conception aérodynamique de la voiture. Une idée qui est déjà arrivée chez Mercedes, l’écurie allemande étant beaucoup touchée par ce phénomène depuis le début de saison.
McLaren et Google : un partenariat qui promet
Alors que Red Bull a réussi à s’emparer de la victoire à Miami, les choses ont été plus compliquées pour McLaren. L’équipe anglaise a pourtant signé un contrat de sponsoring très intéressant avec le géant de la tech Google. Ce dernier devrait permettre à l’écurie de Woking de franchir un cap important dans la compréhension des données.
Travaillant également avec Dell, autre grande entreprise du monde de la tech, McLaren est capable de changer sa stratégie de course en fonction des données qui lui arrivent en temps réel. Une chose qui se fait « toutes les 20 minutes » assure Edward Green, en charge de l’architecture digitale chez McLaren.
Aujourd’hui l’écart de performance entre la première et la dixième voiture (la dernière qui marque des points) est de 0,15 %. Cet écart infime se construit sur des détails, comme la compréhension des données, qui joue un rôle de plus en plus important dans le sport.
Aussi bien en F1, où 100 000 données arrivent chaque seconde, mais aussi dans d’autres disciplines. Le Toulouse Football Club utilise notamment la data pour faire son recrutement ou mieux comprendre ses performances. Une méthode qui semble fonctionner, le club vient d’être sacré champion de Ligue 2 cette année.
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