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Pourquoi la France installe ce boîtier sur le territoire, proches des zones à risque

Le département du Gard est le premier à utiliser la technologie de l’entreprise Kinéis. 120 exemplaires de ce nouveau capteur très discret ont été déployés sur les arbres autour du fameux Pont-du-Gard, un site très touristique et donc particulièrement vulnérable. Ils seront 13 000 d’ici l’été prochain.

Kinéis, la constellation de nano-satellites français, continue de se spécialiser dans l’Internet des Objets (IoT). Dans le département du Gard, elle s’est alliée avec les pompiers, le CNES (le Centre national d’Études Spatiales) et l’Entente Valabre pour déployer de mystérieux capteurs sous la forme de boîtier, sur une centaine d’arbres, aux abords du Pont-du-Gard et son célèbre aqueduc.

Sur le site touristique (plus d’un million de visiteurs par an), 313 hectares sont désormais sous surveillance grâce à ces équipements, qui se chargeront d’alerter les services de secours à la moindre détection. Mais que peuvent-ils bien traquer ? Ces boîtiers ont été imaginés pour communiquer entre eux de façon instantanée et indépendamment du réseau classique. Ils se connectent directement aux satellites pour avertir de tout départ d’incendie.

Pont Du Gard France
© Unsplash / Guillaume de Germain

Des bijoux technologiques reliés par satellites

Ces capteurs sont de véritables bijoux technologiques en intégrant une connectivité satellite, mais aussi et surtout des capteurs mesurant la pression atmosphérique, la température et l’hygrométrie (la quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air humide). Ces dispositifs sont très discrets, car ils sont autonomes en énergie avec leur petit panneau solaire intégré. Ils mesurent une trentaine de centimètres et peuvent détecter la présence de dioxyde de carbone dans un rayon de 200 mètres.

En choisissant de les positionner sur les arbres, Kinéis a pensé ces détecteurs pour qu’ils puissent avertir le plus tôt possible, à la moindre détection de combustion : même les plus anodines donc… car tous les grands incendies démarrent de cette façon, par une combustion ou un échauffement qui semblerait anodin. La mesure de l’hygrométrie permettra d’être proactif, en cernant les zones dangereusement arides où la moindre étincelle pourrait créer de lourds dégâts en quelques minutes seulement.

Le récent incendie dans l’Aude a rappelé, en cette saison estivale 2025, à quel point les flammes pouvaient ravager plus de 17 000 hectares en deux jours, mobilisant des milliers de pompiers et des centaines d’engins. Dans l’Union européenne cette année, déjà plus de 366 000 hectares sont partis en fumée. Pour limiter ce coût et ces dégâts considérables, la France compte s’équiper du dispositif de Kinéis sur tout le territoire.

13 000 boîtiers dans le Gard et sur tout le territoire français

Dans le département du Gard, les agents de l’Office national des forêts (ONF) n’ont pas fini d’en installer, car entre 10 000 et 13 000 boîtiers seront prêts à l’emploi au début de l’été 2026, notamment dans les zones blanches où le réseau mobile est absent. Mais ce n’est pas tout : ils seront aussi positionnés en fonction des points de passage des humains.

« Puisque 90 % des feux de forêt ont une origine humaine, les capteurs vont être placés là où il y a du passage: chemins, sites touristiques, croisements…», ajoutait le chef du groupement Prévisions des pompiers du Gard, Eric Guiboud-Ribaud, lors d’une conférence de presse.

Les capteurs intelligents de l’entreprise font partie du plan France 2030, une enveloppe de 54 milliards d’euros décernée à l’investissement dans les technologies innovantes, la transition écologique et l’industrie dans le but de « rattraper le retard du pays ». En plus d’injecter de l’argent dans des projets de capteurs intelligents comme ceux de Kinéis, le plan France 2030 compte aussi soutenir la science pour « mieux comprendre le monde » : dans l’espace comme dans les fonds marins.

Ce qu’il faut retenir des capteurs Kinéis sur le territoire français :

  • Des capteurs connectés aux satellites sont déployés sur les arbres pour détecter le plus tôt possible les départs d’incendie
  • Température, hygrométrie et CO2… ils mesurent tout, et communiquent même dans les zones sans réseau mobile
  • Jusqu’à 13 000 boîtiers seront installés d’ici l’été 2026 dans le Gard, et seront ensuite élargis sur tout le territoire français. Kinéis est soutenu par le plan France 2030

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