Clarifions immédiatement l’expression « seconde Australie » : il ne s’agit pas d’un deuxième continent fait de terre et de roche, mais d’une réplique magnétique de l’île, la reproduisant quasiment à l’identique. Cette structure souterraine, invisible pour l’œil humain, a été repérée lors d’une campagne de relevés aéromagnétiques organisée par le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation).
Un phénomène unique au monde résulte du hasard de la tectonique des plaques, survenu alors que la Terre n’était âgée que de 1,5 milliard d’années. L’Australie n’était alors pas encore une île, mais un segment de croûte indissociable des autres masses continentales de l’ère paléoprotérozoïque (2,5 à 1,6 milliards d’années avant notre ère). Durant des centaines de millions d’années de dérive et de collisions, les différentes plaques ont compressé les roches volcaniques naissantes. Ce grand pétrissage géologique a ainsi donné naissance à cette forme étrange, qui allait, plus tard, épouser les côtes du futur continent.

L’anomalie magnétique de l’Australie : la mémoire de la Terre
Il y a 1,5 milliard d’années, des éruptions volcaniques gigantesques ont eu lieu dans la zone correspondant aujourd’hui au Territoire du Nord. Les importantes coulées de lave qui ont suivi ont piégé des minéraux ferromagnétiques au moment de leur refroidissement. Lorsqu’ils sont passés de l’état liquide à l’état solide, les grains de magnétite présents dans le magma se sont alignés sur les lignes de force du champ magnétique terrestre de l’époque. Une fois la cristallisation terminée, cette orientation est devenue structurellement permanente, indépendamment des variations magnétiques ultérieures du globe.
C’est le principe de rémanence ou de magnétisation rémanente : le stockage de la signature magnétique fossile du noyau terrestre tel qu’il bouillonnait il y a 1,5 milliard d’années. Comme elle perturbe le champ magnétique actuel, c’est ce contraste entre le magnétisme « actuel » et celui « pétrifié » dans la roche qui génère l’anomalie détectée par les instruments du CSIRO. Exactement comme le feraient deux aimants mis face à face, la force exercée par ces roches souterraines s’oppose à l’influence du champ magnétique ambiant. Comme elles sont saturées de fer, elles créent une distorsion qui trahit leur présence sous la surface.
Les éruptions volcaniques à l’origine de cette anomalie ont formé d’épaisses strates rocheuses rigides de basalte, qui constituent aujourd’hui son squelette. Au fil des millénaires, elles ont été ensevelies sous des kilomètres de sédiments, puis comprimées par les mouvements tectoniques, ce qui les a déformé comme une tôle froissée. Par coïncidence, la morphologie de ces plis souterrains dans le Territoire du Nord s’est figée dans une figure géométrique qui, une fois cartographiée, superpose ses lignes de force aux contours actuels du pays.

En détectant cette structure, on peut dire que le CSIRO a mis au jour le premier « brouillon » de l’Océanie. Même si le phénomène existe ailleurs (Himalaya, Craton de l’Atlantique ou l’anomalie du Midcontinent aux USA, par exemple), les probabilités que cette anomalie soit un calque quasi parfait du continent étaient proches de zéro. Généralement, les autres anomalies magnétiques n’ont généralement aucun lien visuel avec la surface et reflètent uniquement l’activité du manteau terrestre. L’Australie est donc la seule à posséder un double magnétique aussi fidèle, une exception géologique qui n’a aucun équivalent terrestre.
- Une structure souterraine magnétique, appelée « seconde Australie », a été découverte sous le continent, représentant une réplique magnétique de l’île.
- Cette anomalie, âgée de 1,5 milliard d’années, résulte d’éruptions volcaniques ayant figé des minéraux ferromagnétiques dans un alignement permanent.
- L’Australie est unique en possédant une telle anomalie, qui ne trouve aucun équivalent ailleurs sur Terre.
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