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GiFi en redressement judiciaire : 4 infos clés pour comprendre pourquoi l’enseigne emblématique risque de disparaître

Le géant du discount vient d’être placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse. Il compte 600 employés et 500 enseignes en France.

On savait que l’avenir de GiFi était en suspens depuis sa déclaration de cessation de paiement fin octobre, le tribunal de commerce de Toulouse a tranché ce mardi 3 novembre. L’enseigne est placée en redressement judiciaire, une décision qui s’accompagne de l’ouverture d’une période d’observation de six mois. Elle permettra de déterminer si le groupe dispose de finances assez solides pour poursuivre son activité.

L’enjeu est colossal pour l’entreprise fondée en 1981, qui compte plus de 500 magasins répartis aux quatre coins de la France. Mais de nombreux facteurs expliquent la chute de ce spécialiste de la décoration et des articles pour la maison à petits prix.

Un fiasco informatique en 2023

Il y a trois ans, GiFi a changé son système d’information intégré (ERP), le logiciel qui pilote l’ensemble de ses opérations. Mais la migration a tourné au fiasco avec des dysfonctionnements en série. En conséquence, « la gestion des stocks, la logistique d’approvisionnement et le suivi des achats en magasins » ont été durablement perturbés. De quoi affecter le chiffre d’affaires, une faille dont il ne s’est pas relevé.

Une concurrence féroce et des conditions météo défavorables

GiFi a également subi de plein fouet la concurrence féroce sur le marché du discount, notamment la montée en puissance d’enseignes physiques à bas prix comme Action ou Maxi Bazar. Évidemment, l’essor des géants chinois de l’e-commerce comme Temu ou AliExpress n’a rien arrangé.

De même, les magistrats ont constaté « des conditions météorologiques défavorables à compter d’avril 2024 (qui ont) pénalisé les ventes de produits saisonniers représentant environ la moitié du chiffre d’affaires du groupe »

Gifi Grand Frais
© sylv1rob1 / Shutterstock.com

Dette colossale

Malgré des tentatives de réorganisation, comprenant la fermeture de 67 magasins déficitaires et la cession de 26 établissements au groupe Grand Frais, GiFi n’a pas réussi à sortir de la zone rouge malgré une légère amélioration au premier semestre 2026.

La marque a ainsi subi une « dégradation brutale de l’activité » pendant l’été, marquée par un effondrement des ventes de 9,6 % en juillet, puis de 3,9 % en août. À l’automne 2026, il lui manquait entre 25 et 30 millions d’euros pour assurer ses dépenses courantes. Les chiffres du tribunal sont probants : au 11 octobre, le groupe accumulait 90,8 millions d’euros de dettes pour seulement 3,7 millions d’euros en banque.

Il n’a même pas pu payer les salaires d’octobre, qui ont dû être pris en charge par le régime de garantie des salaires (AGS).

6 000 salariés concernés

Patrick Guy, récemment nommé PDG et spécialiste des restructurations d’entreprises, a tenu à rassurer les 6 000 salariés. Il a ainsi indiqué que la procédure n’entraînerait « par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi et aucun nouveau PSE (Ndlr : plan de sauvegarde de l’emploi) ».

Un point d’étape est désormais prévu le 11 décembre à Toulouse afin d’analyser l’état exact des comptes, avant une audience fixée au 8 janvier 2027. Les juges décideront alors si GiFi a les capacités pour maintenir la période d’observation.

  • Placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse le 3 novembre 2026.
  • Le groupe GiFi dispose d’une période d’observation de six mois pour tenter de sauver ses 500 magasins et 6 000 emplois.
  • La concurrence féroce et des conditions météo défavorables ont creusé sa dette qui atteint plus de 90 millions d’euros.

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