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Google nous a tous fait travailler 816 millions d’heures à notre insu (le piège est très malin)

C’était a priori un simple test pour éviter les robots aspirateurs de sites internet : en réalité Google vous a fait travailler… pour développer ses IA. Et pas qu’un peu.

On pouvait en partie le deviner – mais des chercheurs viennent de chiffrer à quel point les tests dits “CAPTCHA” ou “reCAPTCHA” nous ont tous fait travailler à notre insu (et continuent de le faire). Ces tests, vous les connaissez bien. Dans certains cas, sur certains sites (Google ou tiers), ou avant un téléchargement par exemple, une popup opérée par Google s’affiche.

On y aperçoit 16 images tirées de Google Street View et une consigne comme “cliquez sur les carrés montrant des ponts” ou “cliquez sur les images montrant des motos”. Antérieurement, il fallait identifier entre deux et quatre numéros de rue. Tout cela a largement permis à Google de s’épargner des milliards de dollars pour entraîner ses IA. En particulier celles dédiées à la reconnaissance d’images.

Comment Google vous fait travailler gratuitement presque tous les jours

De quoi rendre au passage ses outils leader du marché. Mais aussi de permettre à la firme d’aller toujours plus loin dans la numérisation du monde réel : de la reconnaissance des caractères de livres, à l’affichage du mode VR dans Google Maps, le tout avec force d’informations précises, parfaitement alignées sur ce que l’on voit. Ce “piège” très astucieux existe depuis 13 ans.

Et il a aussi un intérêt présenté comme sécuritaire, on vous le disait. Le rendant très populaire hors de la galaxie de sites Google. Ainsi, on apprend dans l’étude relayée par The Register que Google nous a tous fait travailler à notre insu quelques 819 millions d’heures. Si le terme “travail” vous chiffonne pour une opération qui ne prend en réalité que quelques secondes, deux choses sont à souligner.

D’abord, ce qui est demandé aux internautes devient de plus en plus compliqué – avec des images défectueuses ou de très mauvaise qualité. Ensuite, il existe un métier dédié exactement à cette tâche : annotateur de données, ou data labelling en anglais. Plusieurs plateforme recrutent régulièrement des internautes qui sont dans ce cas rémunérés… pour résoudre en quelque sorte des test CAPTCHA – ou plutôt indiquer que c’est un chat ou une bicyclette que l’on voit sur une image.

Google, de son côté, a trouvé l’astuce pour obtenir la même chose sans efforts. Avec à la clé 6,1 milliards de dollars économisés selon les estimations des chercheurs. Le plus fort, c’est que cet outil est facturé par Google aux sites tiers pas moins de 8 dollars pour 100 000 impressions. En plus de vous faire travailler gratuitement, et de participer à l’excellence des outils IA de la firme, il fait donc gagner directement de l’argent à la filiale d’Alphabet.

L’espoir de voir disparaître ce que beaucoup d’internautes décrivent comme une étape agaçante est mince dans le futur immédiat. Mais paradoxalement l’IA pourrait venir à la rescousse. Comme le rappellent nos confrères de BFMTV, une version automatisée de ChatGPT (GPT-4)  (un programme baptisé Autogpt, capable de créer des agents pour attendre seul un but précis) est déjà parvenu à contourner ce test.

Pour cela, l’IA est allées sur le site de freelancers Fiverr et a tout simplement demandé à un prestataire humain de résoudre pour elle la fameuse énigme qui nous emploie tous gratuitement, que l’on accepte cela, ou pas.

  • Des chercheurs mettent le service reCAPTCHA édité par Google, en chiffres.
  • Présenté comme un outil de sécurisation des sites internet, le service permet au passage d’entraîner les IA de Google.
  • Le tout avec votre aide aimable, et surtout gracieuse !

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Par : Opera
3 commentaires
3 commentaires
  1. Confronté à un reCAPTCHA il y a belle lurette que je ne m’escrime plus à perdre mon temps à le résoudre : je passe mon chemin, tout simplement.
    CAPTCHA, reCAPTCHA, version, qu’en sais-je … s’il s’agit simplement de cocher “Je ne suis pas un robot” passe encore mais sinon, oust, on sort en claquant la porte, si je puis dire.
    Quant au gaspillage d’un côté, les profits cachés de l’autre, pour une fiabilité contestée — à juste titre — plus rien ne m’étonne quand il s’agit en particulier des pratiques du entreprises GAMAM (Google, Amazon, Meta, Apple, Microsoft). Pas bien joli tout ça.

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