Google renonce à un contrat de 10 milliards avec le Pentagone

Alors que Google a été la cible de vives critiques visant sa relation avec les gouvernements, l’entreprise a annoncé qu’elle disait adieu à un contrat de 10 milliards de dollars avec le Pentagone. Un moyen de se racheter une conduite auprès du public et des salariés ?

Google fête ses 20 ans

Lundi 8 octobre, la compagnie américaine a révélé qu’elle laissait filer un contrat de 10 milliards de dollars avec le ministère américain de la Défense. Baptisé accord JEDI, le partenariat entre les deux entités ne devrait donc pas aboutir. « Joint Enterprise Defense Infrastructure », pour JEDI, est un appel d’offres lié au cloud computing.

Renoncer pour ne pas être critiqué ?

Dans son communiqué, Google affirme qu’il ne peut pas honorer l’accord en raison de ses nouveaux principes éthiques liés à l’intelligence artificielle. En effet, la compagnie a mis en place une liste de principes éthiques faisant office de ligne à ne pas franchir suite au projet Maven. Le document indique par exemple que l’utilisation des armes basées sur des logiciels utilisant l’IA de Google est interdite.

De fait, l’entreprise ne souhaite pas aider le Pentagone à concevoir un outil qui pourrait aller contre ces nouvelles valeurs. Comme l’a indiqué un porte-parole à Bloomberg : « Nous ne soumettons pas de propositions pour l’accord JEDI parce que nous ne pouvions pas être assurés qu’il serait conforme à nos principes dans l’intelligence artificielle ».

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De fait, plusieurs autres entreprises auront la voie libre pour décrocher l’appel d’offres du Pentagone. Nul doute que Microsoft et Amazon seront tous deux au coude à coude pour tenter de remporter ce nouveau contrat de 10 milliards de dollars. Pour rappel, Google a obtenu une certification « modérée » de la part du Pentagone en mars, afin de traiter ses données gouvernementales, mais Amazon et Microsoft bénéficient d’un plus haut niveau d’accréditation.

La Défense se prononcera sur le gagnant de l’appel d’offres à la date du 12 novembre, puis le Congrès américain validera ce choix le 14 novembre.

Google pense à son image

Pour rappel, Google a été la cible de nombreuses critiques issues du public, mais également de ses employés eux-mêmes. Lorsque la collaboration entre le Pentagone et la firme a été découverte, des salariés de l’entreprise ont adressé une lettre demandant que la firme stoppe cette collaboration au nom de l’éthique. De plus, le partenariat portait sur un logiciel d’intelligence artificielle en lien direct avec la vision par ordinateur. Si le Pentagone a affirmé que cette technologie serait embarquée dans des drones, mais qu’elle ne ferait pas office d’armes, Google a tout de même mis fin au projet Maven.

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D’autre part, c’est le projet Dragonfly qui a été largement jugé, en raison du fait qu’il s’agit là d’un moteur de recherche destiné à la Chine. Compte tenu de la vive censure en vigueur dans le pays, la compagnie américaine est prête à se plier à ces règles pour espérer se refaire une place sur le marché. Une fois de plus, les employés de l’entreprise ont fait part de leur désaccord, si bien que certains sont allés jusqu’à démissionner au nom de l’éthique. Pour sa part, le patron d’Alphabet Sundar Pichai a indiqué que ce projet n’était pas pour tout de suite.

Reste à savoir comment Amazon et Microsoft s’occuperont de ces questions éthiques s’ils remportent l’appel d’offres de la Défense.


Un commentaire

  1. « Google renonce à un contrat de 10 milliards » non il ne « renonce » pas à un contrat, il renonce à répondre à un appel d’offre c’est pas pareil !

    Et je lis plus bas « Google a obtenu une certification « modérée » de la part du Pentagone » donc ils n’auraient pas été en tête de liste par rapport à Microsoft ou Amazon (et deux concurrents mieux notés dans un appel d’offre c’est un appel d’offre perdu), donc autant profiter de cette offre perdue d’avance et mettre le public de son côté en invoquant cette notion d’éthique.

    D’ailleurs le titre de Bloomberg est bien plus « honnête » que le titre presse-citron en indiquant que Google renonce « à entrer en compétition » pour un contrat de 10 milliards de dollars.

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