Née avec le mission de réinventer la finance pour qu’elle serve le climat, Green-Got fait aujourd’hui évoluer de terrain de jeu. La fintech française a récemment lancé son outil « Check », dans l’objectif d’alerter les Français sur les fuites de données et leur offrir une première défense face aux fraudes en ligne.
La championne de la finance verte
Fondée en 2020 par Maud Caillaux, Andréa Ganovelli et Fabien Huet, Green-Got s’est imposée comme la référence de la finance verte en France. La jeune pousse, propose des comptes de paiement, des cartes bancaires en bois ou en PVC recyclé, ainsi qu’une assurance-vie investie uniquement dans des projets durables. Contrairement aux banques traditionnelles, elle garantit que 0 % des dépôts de ses clients ne finance les énergies fossiles.
En 2025, l’entreprise revendique près de 200 millions d’euros sous gestion, une croissance continue d’utilisateurs, et a franchi une nouvelle étape en obtenant son agrément d’établissement de paiement auprès de la Banque de France. Mais pour ses fondateurs, impossible de parler d’avenir durable sans sécurité. C’est dans cet esprit qu’est né Check, un outil pensé pour faire de la cybersécurité un réflexe citoyen.

Check : détecter les fuites de données avant les arnaques
Lancée quelques jours avant l’entrée en vigueur du nouveau dispositif européen de vérification des virements, le 9 octobre, la plateforme Check permet à chacun de savoir en quelques secondes si ses données circulent déjà sur le dark web. L’usage est volontairement simplifié : il suffit de saisir son adresse e-mail, et en une trentaine de secondes, l’outil scanne plusieurs bases de données compromises avant d’afficher un diagnostic immédiat. En septembre, plus de 4 000 vérifications ont déjà été effectuées, et dans 78 % des cas, une fuite de données a été détectée ; un chiffre qui illustre l’ampleur inédite du problème.
Pour Andréa Ganovelli, qui pilote la communication autour du projet, l’objectif est avant tout de sensibiliser le grand public à la réalité des fuites de données. Car beaucoup d’utilisateurs ignorent totalement que leurs informations personnelles peuvent circuler en ligne. L’idée de Check, dit-il lors d’un entretien accordé à Presse-citron, est de permettre à chacun de « s’en rendre compte de ses propres yeux », et de mieux comprendre l’importance de sécuriser ses données.
Surtout, l’outil ne s’adresse pas uniquement aux clients Green-Got. Il est gratuit et accessible à tous. Une décision qui traduit la philosophie globale de la fintech : « En protégeant tout le monde, on protège aussi nos clients », souligne le cofondateur, en comparant cette méthodologie à celle des vaccins. « Si seule une minorité est protégée, un virus finit toujours par revenir. C’est en agissant ensemble que la sécurité devient vraiment efficace », illustre-t-il.
Avec Check, la néobanque ne cherche pas seulement à rassurer ses utilisateurs, mais à poser la première pierre d’un écosystème de sécurité global, pensé à l’échelle européenne et fondé sur la coopération entre acteurs du secteur.

La sécurité bancaire doit être repensée
L’arrivée de la directive européenne sur la vérification des virements marque une étape importante dans la lutte contre la fraude. Mais pour Green-Got, ce n’est qu’un premier pas. Andréa Ganovelli reconnaît que l’initiative est excellente, mais rappelle qu’« une seule faille suffit pour que les fraudes continuent ». Tant que tous les établissements n’adopteront pas les mêmes standards, « les fraudeurs trouveront toujours un angle mort ».
La fintech plaide donc pour une sécurité coordonnée. « L’idée, c’est de rendre la cybersécurité aussi intuitive que la sobriété énergétique : un geste simple, collectif, qui protège tout le monde », résume le dirigeant. Dans cette logique, Green-Got renforce progressivement ses propres dispositifs : masquage des IBAN, authentification renforcée, détection automatisée des comportements suspects, et collaborations pour identifier et bloquer plus vite les comptes utilisés lors de fraudes.

Nouvelles ambitions
Green-Got ne chôme pas. La firme a lancé son premier fonds afin d’offrir à ses clients des placements à la fois rentables et responsables. Et la dynamique ne s’arrête pas là. Dans les prochaines semaines, elle s’apprête à dévoiler un plan d’épargne retraite (PER) développé avec l’assureur Garance, l’un des plus compétitifs du marché en matière de frais. Objectif : aider chacun à se constituer un filet de sécurité sans renoncer à ses valeurs environnementales dans un contexte économique défavorable.
La fintech mise aussi sur la fidélisation. Son compte premium, lancé durant l’été, propose jusqu’à 4 % de cashback instantané chez Biocoop et 2 % sur les billets SNCF, avec en prime un accès aux salons Grand Voyageur. Une approche pensée comme une alternative durable aux programmes de fidélité classiques, souvent axés sur les voyages aériens. « Nous voulions faire le contre-pied des cartes qui récompensent les vols en avion. Chez nous, les avantages encouragent les modes de vie responsables », sourit le dirigeant. Et pour l’instant, ça marche.
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