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Grève à Hollywood : 16 ans après, nouveau scénario catastrophe

En grève depuis le 1er mai 2023, les scènaristes d’Hollywood réclament une meilleure rémunération et une plus grande part des bénéfices du streaming. La grève paralyse la production de films et de séries et menace l’économie de la ville de Los Angeles. Une situation qui rappelle celle de 2007-2008.

  • Les scénaristes d’Hollywood sont en grève depuis le 1er mai pour réclamer une meilleure rémunération et une plus grande part des bénéfices du streaming
  • La grève paralyse la production de films et de séries et menace l’économie de la ville de Los Angeles, qui avait déjà perdu 2,1 milliards de dollars lors du précédent mouvement de 2007-2008.
  • Les négociations sont au point mort entre le syndicat des scénaristes et l’organisation des producteurs, qui s’accusent mutuellement d’être responsables du conflit. La grève pourrait durer plusieurs mois.

Depuis le 1er mai 2023, Hollywood est en crise. Des milliers de scénaristes de cinéma et de télévision ont cessé de travailler, faute d’un accord avec les producteurs sur leurs conditions de rémunération. Un conflit qui menace l’industrie du divertissement et qui rappelle le précédent mouvement de 2007-2008, qui avait duré 101 jours et coûté 2,1 milliards de dollars à la ville de Los Angeles.

Quelles sont les revendications des scénaristes ?

Les scénaristes, représentés par le puissant syndicat Writers Guild of America (WGA), réclament une hausse du salaire minimum, une réglementation plus stricte concernant les réécritures et corrections, souvent effectuées gratuitement, et une meilleure part des bénéfices générés par l’essor du streaming.

Le salaire minimum syndical est actuellement fixé à 7 412 dollars par semaine (environ 6 700 euros), mais les scénaristes travaillent en moyenne moins de six mois par an et seulement 50 % d’entre eux sont payés à ce tarif. Les autres touchent moins ou sont au chômage.

Les scénaristes dénoncent également la précarité de leur statut, liée aux changements dans l’industrie. Les séries modernes comptent une dizaine d’épisodes par saison, contre une vingtaine auparavant. Les scénaristes sont donc engagés pour des périodes plus courtes et subissent des interruptions entre deux saisons d’une même série.

Enfin, les scénaristes exigent une revalorisation de leurs droits d’auteur, notamment sur les plateformes de streaming (Netflix, Amazon, Disney+, etc.), qui ne communiquent pas sur leurs audiences et qui versent des sommes dérisoires aux auteurs. Par exemple, le coscénariste du film Le Mytho (2011), qui a été l’un des contenus les plus regardés sur Netflix en janvier 2022, n’a pas vu son chèque augmenter en conséquence.

Quelles sont les conséquences de la grève ?

La grève des scénaristes a un impact direct sur la production de films et de séries à Hollywood. Sans nouveaux scripts, les tournages sont suspendus ou reportés. Les chaînes de télévision doivent trouver des programmes de remplacement ou rediffuser des épisodes déjà diffusés. Les émissions de divertissement, comme les late shows, doivent se passer de sketchs et se contenter d’interviews improvisées.

La grève affecte également toute la chaîne de l’emploi liée au secteur du cinéma et du divertissement : acteurs, réalisateurs, techniciens, maquilleurs, costumiers, etc. Selon une étude du Milken Institute, citée par Le Monde, la grève de 2007-2008 avait entraîné la suppression de 37 700 emplois dans le comté de Los Angeles.

La grève a aussi des répercussions sur l’économie locale : les restaurants, les hôtels, les commerces et les services qui dépendent de l’activité d’Hollywood voient leur chiffre d’affaires baisser. Selon la même étude, la grève de 2007-2008 avait fait perdre 2,1 milliards de dollars à la ville de Los Angeles.

Quelles sont les perspectives de sortie de crise ?

Les négociations entre le WGA et l’AMPTP, l’organisation qui regroupe les producteurs et les studios, sont au point mort depuis le début de la grève. Les deux parties campent sur leurs positions et s’accusent mutuellement d’être responsables du blocage.

Le WGA affirme que ses revendications sont légitimes et que les producteurs peuvent largement y répondre, compte tenu des profits réalisés par l’industrie du divertissement. Selon le syndicat, les producteurs ont engrangé 51 milliards de dollars de bénéfices en 2022, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2019.

L’AMPTP, de son côté, affirme que les scénaristes sont déjà bien payés et que leurs demandes sont excessives et irréalistes. Selon l’organisation, les producteurs font face à une concurrence accrue et à des coûts de production en hausse, qui limitent leurs marges.

Les observateurs s’attendent à ce que la grève dure plusieurs semaines, voire plusieurs mois, si aucun compromis n’est trouvé. Certains espèrent que la perspective des Oscars, qui doivent se tenir le 26 février 2024, incitera les deux parties à reprendre le dialogue. En 2008, la cérémonie avait été menacée par la grève des scénaristes, qui avaient finalement accepté de lever leur mouvement quelques jours avant l’événement.

En attendant, la grève des scénaristes à Hollywood est un coup dur pour les amateurs de cinéma et de séries, qui risquent de voir leurs écrans se vider de nouveautés.

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