Des frappes israéliennes et américaines contre des infrastructures gazières majeures au Qatar et en Iran font bondir le Brent de plus de 5 % au-delà de 113 dollars le baril. Le gaz européen s’envole de 35 %. Donald Trump menace d’intensifier les attaques. Les marchés financiers asiatiques plongent, l’or atteint de nouveaux records. Voilà le résumé de la situation ce matin alors que la guerre se poursuit au Moyen-Orient.
Le conflit vient de franchir un nouveau cap. De nouvelles attaques de missiles lancées dans la nuit de mercredi à jeudi ont visé le complexe gazier de Ras Laffan, au Qatar, qui n’est rien de moins que le plus important site d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de la planète. La compagnie nationale Qatar Energy a fait état de « dommages considérables » sur le site.
Parallèlement, Israël a attaqué le gisement de gaz de South Pars, situé dans la partie iranienne du Golfe persique, en pleine zone offshore. Une autre partie de ce champ gazier, partagé avec le Qatar, est exploitée par Doha. Les infrastructures énergétiques critiques de la région sont désormais des cibles militaires assumées.
Who buys Qatar's LNG exports? pic.twitter.com/lrx4uUNsex
— Joumanna Nasr Bercetche (@JoumannaTV) March 19, 2026
Le pétrole à plus de 113 dollars, le gaz européen en hausse de 35 %
Les marchés des matières premières n’ont évidemment pas tardé à réagir. Le cours du Brent, référence mondiale du pétrole, a grimpé de plus de 5 % dans les échanges asiatiques pour atteindre 113,33 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis le 9 mars. Aux États-Unis, le WTI (West Texas Intermediate) est en hausse de 1,06 % à 97,34 dollars.
Mais c’est surtout le gaz européen qui a explosé. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence pour l’Europe, a bondi de 24,15 % pour s’établir à 67,85 euros le mégawattheure. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la hausse a même atteint 35% ! Le marché craint désormais une paralysie du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite un cinquième du commerce mondial de pétrole brut et de GNL.
Les marchés financiers asiatiques ont logiquement plongé. À Tokyo, le Nikkei a perdu 4,38 % pour tomber à 33 372,55 points. Le Topix a cédé 2,91 %. En Corée du Sud, le Kospi a reculé de 2,73 %, tandis qu’à Sydney, la baisse était de 1,65 %. À Hong Kong, le Hang Seng perdait 1,25 % en début de séance.
L’or, traditionnelle valeur refuge, a franchi un nouveau record à 4 778 dollars l’once. Le dollar s’est renforcé, tandis que les investisseurs se ruent vers les obligations américaines et le métal jaune pour se protéger. La monnaie japonaise, elle, se stabilise autour de 199,71 yens pour un dollar, la Banque du Japon ayant maintenu ses taux inchangés.
Au-delà des fluctuations boursières, c’est la sécurité énergétique mondiale qui est en jeu. La concentration des attaques sur les infrastructures gazières de la région du Golfe, combinée à la menace sur le détroit d’Ormuz, fait peser un risque considérable sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz de l’Europe et de l’Asie.
Les décisions de la Banque centrale européenne et de la Banque d’Angleterre sur les taux d’intérêt, attendues dans la journée, seront scrutées de près. Mais tant que les armes parlent dans le Golfe, la volatilité des marchés n’a aucune raison de retomber.
Ce que ça change concrètement à la pompe en France
En France, les automobilistes pourraient rapidement en sentir les effets. Le mécanisme est simple : quand le Brent grimpe, les prix de gros des carburants suivent avec quelques jours de décalage, avant de se répercuter sur les tarifs affichés en station-service. Avec un baril installé au-dessus des 110 dollars, les professionnels du secteur n’imaginent pas un litre de gazole à moins de 2 euros. Les prix pourraient même encore grimper. L’essence sans plomb 95, déjà en hausse ces dernières semaines, pourrait suivre la même trajectoire.
Les automobilistes ne sont pas les seuls concernés. Le gaz naturel, dont les cours européens viennent de bondir de 35 %, alimente aussi le chauffage et la production d’électricité. Si la tension au Moyen-Orient perdure, c’est l’ensemble des factures énergétiques des ménages français qui risque de repartir à la hausse, un scénario qui rappelle les heures sombres de l’hiver 2022 après l’invasion de l’Ukraine.
Et il ne faut pas compter sur Donald Trump pour apaiser les tensions. Le Président américain a réagi à cette surenchère en menaçant directement de cibler les champs gaziers iraniens. Sur son réseau Truth Social, le président américain a déclaré que si l’Iran ne cessait pas ses attaques, il déciderait d’attaquer « avec une force et une puissance que l’Iran n’a jamais vues ni connues auparavant ».
Une position que ses alliés ne partagent pas, le coût de cette guerre étant vertigineux : selon les estimations, l’effort militaire représente environ 900 millions de dollars par jour !
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