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Face à l’IA : les profs ont-ils perdu d’avance ?

En 24 mois l’intelligence artificielle a transformé nos vies. Dans le cadre scolaire, les professeurs se disent “démunis”.

“L’intelligence artificielle va nous remplacer.” Cette phrase vous l’avait sans doute entendu, quelque soit votre profession. Si depuis deux ans et le lancement de ChatGPT, l’IA est partout, il y a un environnement qu’elle affectionne plus encore que les autres.

Un monde, aux règles d’un autre siècle, qui est secoué dans son ensemble par l’arrivée de l’IA. Pour le raconter, nos confrères de BFMtv (article disponible en source) sont allés à la rencontre de ces enseignants, en première ligne face à une IA qu’ils ne maitrisent pas.

Une utilisation massive

En début d’année, une étude réalisée par Common Sense Media estimait que 70% des 13-18 ans utilisaient l’intelligence artificielle de façon “intensive”. Face à ce développement ultra-rapide des outils d’intelligence artificielle générative, les professeurs ont du s’adapter.

Nombreux sont ceux qui ne donnent plus de devoir à la maison. À quoi bon vérifier les acquis des élèves, si le travail rendu n’est pas le fruit de leur réflexion, mais celui d’un data-center à l’autre bout du monde ?

Dans la classe de Christophe Cailleaux, professeur d’histoire-géographie dans un lycée à Dijon, l’utilisation de l’IA, est, comme partout ailleurs en France, massive. Pire encore, ses élèves trouvent tout à fait normal de se servir de ChatGPT. “La honte ou la gêne a changé de camp.” 

Face à l’IA, la débrouille prend le pas

Du côté du corps enseignant, on tente tant bien que mal de trouver de nouvelles solutions. Il faut réapprendre à noter ses élèves, à les évaluer. Sur le papier, il existe bien des logiciels comme Compileo ou Examino qui “reconnaissent” les devoirs produits par l’IA. Mais dans les faits ils ne sont pas ou peu utilisés, et leur fiabilité est encore plus que discutable.

Finalement, la meilleure solution pour les professeurs reste encore l’interrogation à l’oral, pendant la classe. Impossible de tricher, les élèves n’ont que quelques secondes pour répondre, pas le temps d’utiliser une IA pour qu’elle trouve la solution à leur place.

Législativement, les choses évoluent. Certes, les élèves ont déjà adopté l’IA, mais l’utilisation de cette dernière pendant le temps scolaire a fait l’objet d’un texte, publié par le ministère de l’éducation nationale. Dans cet écrit, l’utilisation de l’IA est qualifié de “fraude” au même titre que l’intervention d’une tierce personne.

Apprendre à faire avec

Il est néanmoins très difficile d’imaginer un retour en arrière dans nos salles de classe. L’intelligence artificielle générative est là, et il faut apprendre à vivre avec. Pour Grégoire Borst, directeur de recherche au CNRS, il en faut pas “repérer” quand l’IA a été utilisée, mais plutôt apprendre à travailler avec elle.

Car même du côté des élèves “on comprend que quelque chose cloche” assure Christophe Cailleaux. “C’est comme faire de la musculation, mais avec une machine qui soulève les haltères à notre place. Pratique mais peu efficace.” 

La manière d’utiliser l’IA (avec la triche et un remplacement pur et simple du travail de l’élève) n’est certainement pas la bonne. Il faut maintenant se questionner sur les bons outils à mettre en place. Sur la façon dont l’intelligence artificielle peut (et doit) servir notre jeunesse. L’école est un lieu de formation par excellence, l’IA ne doit pas y être un sujet tabou.

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