La situation pourrait presque être qualifiée de crise. Le bilan financier de Samsung Electronics n’a pas été à la hauteur des attentes sur la période allant de juillet à septembre, entraînant Jun Young-hyun, nouvellement nommé à la tête de la division semi-conducteurs du groupe, à publier une lettre d’excuse.
Samsung en retard sur l’IA
Les bénéfices de l’unité mobile de Samsung, stimulée par le Galaxy S24, se sont améliorés, tout comme ceux de sa branche dédiée à la confection d’écrans. Mais c’est à peu près tout. Car la division phare du groupe, celle qui conçoit des puces mémoires, a sous-performé. Elle génère habituellement plus de la moitié de ses revenus. Ainsi, la société a fait état d’une hausse moins importante que prévu de son bénéfice d’exploitation préliminaire, qui s’élève à 6,8 milliards de dollars contre les 8,1 milliards attendus.
« Nous avons suscité des inquiétudes quant à notre compétitivité technologique, certains parlant de la crise à laquelle Samsung est confrontée. Nous vivons une période de test », a déclaré Jun Young-hyun dans sa lettre d’excuse. Car Samsung semble avoir loupé le coche de l’IA, qui a permis au secteur des puces mémoires de repartir drastiquement à la hausse après une longue période de disette.
C’est SK Hynix, autre géant sud-coréen, qui mène pour le moment la danse dans ce domaine. L’entreprise fournit ses puces mémoire à large bande passante, essentielles pour l’IA, au leader des GPU Nvidia. Micron Technology, troisième fabricant de l’industrie, s’attend pour sa part à enregistrer son chiffre d’affaires trimestriel le plus élevé depuis plus de dix ans.
Samsung n’a visiblement pas été assez réactive, mais tente de se rattraper avec sa gamme de puces HBM3E, la plus avancée à ce jour. Ses ventes ont toutefois été retardées, sans que la société n’explique pourquoi. Cette réponse tardive de la part du mastodonte coréen accroît sa dépendance à l’égard des puces traditionnelles à faible marge. Elle est, de ce fait, plus vulnérable à la concurrence venue de la Chine, ainsi qu’au ralentissement de la demande de smartphones et d’ordinateurs.

Action en chute libre
Pire encore, l’activité de fonderie de Samsung, qui produit des puces sur mesure pour des tiers, a encore enregistré une perte d’exploitation. Numéro 2 mondial, l’entreprise ne parvient pas à rattraper son retard sur le taïwanais TSMC, qui fabrique notamment les processeurs de Nvidia et d’Apple Silicon.
« Chez Samsung, nous avons une longue tradition de dépassement des difficultés et de transformation de celles-ci en opportunités clés. Plutôt que de nous reposer sur des solutions à court terme, nous nous concentrerons sur le renforcement de notre compétitivité à long terme », assure Jun Young-hyun. Le cours de l’action de Samsung a perdu 20 % de sa valeur depuis le début de l’année.
Pour tenter de redresser la barre, l’entreprise va licencier jusqu’à 30 % de ses effectifs à l’étranger dans certaines divisions.
- Le bilan financier de Samsung au troisième trimestre est particulièrement décevant.
- La société est en retard dans le secteur très prisé de l’IA, et se fait devancer par la concurrence.
- La situation est telle que le patron de la division a partagé une lettre d’excuse.
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