Il y a eu TransferWise pour les particuliers souhaitant se faire transférer de l’argent dans un autre pays à moindres frais, et il y a désormais iBanFirst, la solution pour les professionnels devant payer ou se faire payer dans une devise étrangère. La banque traditionnelle continue de se faire dépasser par les nouveaux acteurs du paysage fintech. Aujourd’hui, la jeune pousse d’origine française accélère son activité et vient de conclure une opération qui lui a permis de lever pas moins de 21 millions d’euros en série C.
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We are delighted to announce the closing of our Series C funding round for 21 million euros and welcome aboard two new top-tier investors: @Elaia_Partners and @Bpifrance Large Venture.?More details here: https://t.co/ZmKhMpi1Nv pic.twitter.com/jRMfo8wjE2— iBanFirst (@iBanFirst) June 11, 2020
iBanFirst est né est 2013, mais c’est surtout à partir d’octobre 2016 et une levée de fonds de 10 millions d’euros (Xavier Niel était parmi les investisseurs) que la startup a pris de l’ampleur. Son système se repose sur le même principe que celui de TransferWise. Lorsqu’une entreprise française a besoin de régler la facture d’un de ses collaborateurs dans une devise étrangère telle qu’au Canada, un premier virement va avoir lieu du compte de l’entreprise vers le compte d’une banque française affiliée à iBanFirst. Ensuite, l’information va être communiquée vers une autre banque affiliée à la startup, se trouvant au Canada. Dernière étape : l’argent est transféré de la banque canadienne vers le compte bancaire du collaborateur en question.
C’est grâce à ce système que le service peut être très compétitif sur ses commissions. En réalité, l’argent ne transite pas au-dessus de l’Atlantique, et ni iBanFirst ni le client ne doivent donc dépenser en taux de change. Naturellement, les transferts sont plus rapides, et iBanFirst mène une politique de transparence totale sur ses prix, ce pourquoi les clients peuvent voir en temps réel combien leur coûtera le paiement. En reste, il est aussi possible de valider le paiement sur un taux de change précis entre les deux devises, pour payer le moins cher. 30 devises sont disponibles depuis iBanFirst.
Forte croissance, mais passage difficile
Dans un article publié par Tech Crunch, une source proche a expliqué que la fintech avait atteint les 20 millions de dollars de revenus annuels. Dans ses chiffres communiqués à la presse, iBanFirst indiquait avoir triplé son volume de paiement entre mars 2019 et mars 2020. Une croissance exceptionnelle, aidée par des levées de fonds ces trois dernières années, qui ont permis à iBanFirst d’atteindre aujourd’hui les 46 millions d’euros levés auprès d’investisseurs.
Mais forcément, les trois derniers mois n’ont pas été les plus simples pour la jeune pousse. L’entreprise aux 180 salariés était en plein cycle de financement au moment où la crise a éclaté. Son principal investisseur aurait renoncé à sa participation à la dernière minute. Début juin, le moral est revenu quand l’investisseur français Elaia, se définissant comme un investisseur spécialisé dans le soutien envers les perturbateurs technologiques, a décidé de prendre le siège vide.
Cette série C, à laquelle le fond d’investissement Large Venture de Bpifrance a également participé, sera une occasion de renforcer sa présence en Europe. Pour l’heure, les 4 000 clients d’iBanFirst se trouvent majoritairement en France et en Belgique (le siège social de la startup se trouve à Bruxelles). Le tour de table sera aussi l’occasion de déployer de nouveaux services pour les PME. En plus de répondre à ces besoins de paiement, iBanFirst propose déjà à ses clients de pouvoir ajouter leurs différents comptes bancaires sur sa plateforme – à la manière d’un agrégateur de comptes bancaires.
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