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Il a remporté le Flatiron, bâtiment symbolique de New York. Puis il a disparu

Carte postale de New York, le Flatiron est dans une situation loufoque, sur base de règlement de comptes entre propriétaires et vente aux enchères annulée.

Mais où est donc l’étrange enchérisseur de la vente aux enchères du Flatiron à New York ? Depuis la semaine dernière, l’homme qui s’est présenté en tant que Jacob Garlick, financier du fonds Abraham Trust, ne donne plus aucun signe de vie. Le cabinet de la maison Mannion Auctions, qui organisait la vente, n’a jamais reçu le montant de dépôt nécessaire pour garantir à l’intéressé sa future propriété. Le bâtiment situé dans le quartier Midtown de Manhattan (au croisement de la 5e avenue et de Broadway) est dans une situation encore plus loufoque que par le passé.

Si l’édifice construit entre 1900 et 1902, unique en son genre et particulièrement touristique est en vente, c’est parce que ses cinq propriétaires n’arrivaient plus à y cohabiter. Le groupe est composé des sociétés immobilières GFP Real Estate, Newmark, ABS Partners Real Estate et le groupe Sorgente (75 % des parts) et d’un certain Nathan Silverstein (25 % des parts). Tous sont arrivés à la suite du départ de l’éditeur Macmillan en 2019, mais ne sont jamais arrivés à s’entendre ensemble sur les questions de rénovation et d’utilisation du bâtiment laissé vide.

Lors de la vente aux enchères, Jacob Garlick a surpris toute l’assemblée d’enchérisseurs en proposant un prix largement supérieur à ce que les autres auraient accepté de mettre sur la table. 190 millions de dollars. Un montant auquel il faut rajouter 100 millions de dollars pour les rénovations, selon l’estimation du représentant des quatre sociétés immobilières propriétaires du bâtiment, Jeff Gural. Lui aussi était présent pendant la vente, avec pour mission de pouvoir racheter le bâtiment pour ne plus avoir la confrontation entre les quatre sociétés immobilières et Nathan Silverstein.

Pour sécuriser son achat et garantir de son sérieux, Jacob Garlick devait déposer avant jeudi dernier un chèque de 19 millions de dollars, soit 10 % du montant de l’enchère. L’interview de Jacob Garlick, au micro de la chaîne de télévision new-yorkaise NY1, fut d’autant plus particulière qu’il s’y livrait beaucoup : “C’est le rêve de ma vie depuis l’âge de 14 ans. J’ai travaillé tous les jours de ma vie pour occuper ce poste”, expliquait-il. Mais sur le site internet du fonds d’investissement pour lequel il disait travailler, le sentiment d’une coquille vide, sans numéro de téléphone ni moyen de contacter la moindre personne y travaillant.

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© Unsplash / Kimon Maritz

Les soupçons des enchérisseurs

Au départ, la vente aux enchères avait commencé les négociations sur un prix de 50 millions de dollars. Jeff Gural racontait dans une interview au New York Times que Jacob Garlick ne faisait qu’enchérir de 2 millions de dollars à chaque nouvelle proposition de prix. “J’étais contrarié. Je ne pensais pas qu’il continuerait à aller aussi loin… Tout ce qu’il faisait, c’était de faire monter les prix”, disait le représentant des quatre sociétés. Si le bâtiment était estimé à plus de 200 millions de dollars par le passé, la pandémie l’a entraîné à suivre la tendance globale du marché – c’est-à-dire s’effondrer.

Pour pouvoir régler rapidement la situation loufoque, la maison d’enchères a proposé à Jeff Gural de signer pour 189,5 millions de dollars et repartir avec le Flatiron. Mais le promoteur immobilier a dit que ses clients n’étaient pas intéressés par un prix aussi élevé. Sa théorie, au sujet de Jacob Garlick, revient sur l’actuel propriétaire problématique, Nathan Silverstein. Selon lui, le mystérieux enchérisseur de la vente cherchait seulement à faire augmenter le prix, certainement pour éviter que Jeff Gural avec ses quatre parties prenantes ne puissent remporter la mise. “Peut-être essayait-il simplement de nous punir”, ajoutait-il au New York Times. “Je n’en ai aucune idée”.

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