Un conflit est né entre promoteurs immobiliers et les sociétés d’hébergement web dans la région du Grand Londres. Et selon ses parties prenantes, rien ne pourrait aller en s’améliorant au cours des dix prochaines années. En cause : la répartition de l’énergie. Là où de nombreux gestionnaires de datacenters ont installé leurs bâtiments et tirent une partie importante des capacités du réseau électrique.
Selon un article du Financial Times, l’heure serait d’ailleurs à privilégier les machines plutôt que les lits. La Great London Authority (GLA) aurait averti les promoteurs immobiliers sur de nouvelles restrictions de construction, pour accompagner plus doucement la demande en électricité. Les limitations concernent surtout les bâtiments de plus de 25 unités. Mais elles participent déjà à une hausse importante des prix et une saturation de la demande.
“Les centres de données utilisent de grandes quantités d’électricité, l’équivalent de villes ou de petites villes, pour alimenter les serveurs et assurer la résilience du service”, a commenté la GLA dans les colonnes du quotidien économique et financier britannique. La hausse de la demande en électricité se traduirait aussi par la démocratisation des chauffages électriques dans les hébergements, et par l’arrivée des bornes de recharge pour voitures électriques.
Emplacement stratégique avec la fibre optique
Brider la construction des logements à cause des datacenters n’a rien arrangé au contexte déjà tendu découlant de la pandémie. Effet direct de la réorganisation du travail à distance, de plus en plus de personnes décident d’aller s’installer en périphérie. Londres fait partie de ces capitales en Europe où la tendance est la plus forte, alors que le réseau de transport est bien adapté pour pouvoir rejoindre leur centre et que les aéroports se trouvent déjà en extérieur de la ville.
Mais pourquoi tant de datacenters dans cette région ? Géographiquement, elle se situe tout proche de l’un des principaux points de liaison entre l’Europe et le continent nord-américain. Le corridor M4, comme il est appelé, traverse l’océan Atlantique et permet aux gestionnaires des datacenters de pouvoir profiter d’une rapidité supérieure grâce à la proximité des câbles de fibre optique majeurs du réseau mondial.
À Londres, en 2017, le maire avait fixé à 65 000 le nombre de logements nécessaire par an pour suivre la croissance démographique de la ville et dans sa périphérie. Selon le Financial Times, les restrictions de logement à cause des datacenters devraient encore durer au moins 13 ans avant de pouvoir loger tout le monde avec des capacités en électricité suffisantes. Cela nous emmène à 2035…
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