Ils ont quand même du goût, chez DS ! Le domaine de Terre Blanche choisi pour les essais du DS N°7 est absolument superbe. Mais tellement vaste que ça en devient cardio : il me faut cinq minutes pour atteindre la réception où sont parqués les véhicules. Vu qu’il fait près de 35°C, la cote devient rapidement une épreuve. Et la transpiration guette… Heureusement que le N°7 a le sens de l’accueil.
Un accueil royal… ou l’art de terrasser la canicule
Vous la connaissez, la sueur insupportable logée dans votre dos collé à votre tee-shirt lui-même plaqué au dossier ? Eh bien, pas ce coup-ci avec le N°7 ! Les sièges ventilés permettent une circulation efficace de l’air empêchant la transpiration dorsale. Heureux, je quitte les lieux en mode Confort, bien évidemment. Avec 1,90 mètre, l’engin est large, mais le chemin menant à la sortie l’est encore plus. Alléluia !
Vlam ! Les dos d’ânes sont costauds et on les entend plus qu’on ne les ressent. L’amortissement piloté par caméra fait un joli travail même si les concurrents équipés de systèmes plus traditionnels feraient tout aussi bien. Attendons de prendre la route pour exploiter son potentiel. Clignotant à gauche et je sors du domaine. La direction ultra légère à basse vitesse est appréciable.
Sur les routes de Fayence : mes impressions derrière le volant
Puis on s’engage sur la D56 direction Fayence. Petite accélération : les 245 ch de notre version Grande Autonomie n’ont rien de renversant, mais au moins, ça évite le placage de nuque. Ne pas avoir à doser l’accélérateur, c’est peut-être aussi ça, le confort… Puisque je suis côté passager, j’en profite pour scruter l’intérieur. Belles matières et originalité à tout étage. J’aime vraiment beaucoup !
Les inserts boisés s’étendant jusqu’aux contreportes assurent à eux seuls le spectacle. Le cuir est également très présent alors que les détails de finition sont particulièrement sympathiques. Entre le guillochage, le point perle et les superbes sièges en bracelet de montre, il y a de quoi causer ! Bien sûr, tout n’est pas parfait puisque les parties plus économiques planquées en bas détonnent.
Virages serrés sur la D563 : pourquoi j’ai fini par enclencher le mode Sport
Mais la plupart des concurrents font de même. Inutile donc de crier au loup. Et surtout pas concernant le confort ! Les bruits extérieurs sont remarquablement annihilés grâce au vitrage feuilleté à l’avant comme à l’arrière. Rarissime sur le segment. On entend en revanche bien la clim, réglée sur le niveau 4 sur 6. Trizone avec un réglage séparé pour les passagers arrière. Vous vous souvenez des fameuses suspensions par caméra ?
Eh bien leur efficacité n’est pas vraiment flagrante. Sur le programme Confort, c’est doux, bien entendu, mais finalement au même niveau que des concurrents très confortables. « Dis-donc, ça commence à tournicoter, là ! », dis-je à mon collègue. On bascule donc en mode Sport. Passé Fayence, la route devient plus amusante et les paysages de cette D563 réellement magnifiques.
« On se calme » : quand j’ai pris le volant du N°7
La direction ? Toujours trop souple. L’amortissement ? Toujours trop souple, aussi. On ne se vautre pas pour autant dans les virages, mais la lourdeur de la caisse est bel et bien là. Les 2 138 kg ne peuvent s’évaporer, et entraînent donc l’auto à l’extérieur des courbes. Mais le train avant survit grâce à la puissance relativement limitée de l’ensemble. On se demande de toute manière qui mènerait un N°7 tambour battant…
Donc on se calme et on change de conducteur. Je prends les commandes du navire, c’est du moins ce que suggère le volant en X. On bifurque au niveau de Mons avant de passer dans les Alpes-Maritimes. Mes yeux de lynx détectent un point d’ombre rarissime, c’est le moment rêvé pour les photos intérieures. Pour le tableau de bord, je prends appui sur la banquette arrière. L’espace est correct, ce n’est pas une limousine.
Ce que le chef de projet m’a confié à table : la banquette arrière
La garde au toit est cependant meilleure que dans la N°8, à la silhouette plus plongeante. Les assises sont moelleuses et supportent relativement bien les cuisses. Pas de tunnel central. La qualité de finition est similaire à celle de l’avant. Le dossier de la banquette n’est malheureusement plus inclinable électriquement. Sylvain Champomier, chef de projet du N°7, m’a glissé pendant le dîner que motoriser le dossier occuperait une place trop importante.
Il s’était battu pour cela, il est bien le premier à le regretter. Le coffre bloque à 560 litres, sans rangement sous le capot. Les clichés validés, on s’engage sur la Route Napoléon avec bon espoir de tomber nez à nez avec des paysages grandioses. Testons la sonorisation Focal 3D Electra avec 14 haut-parleurs et 690 W de puissance. Le son nous paraît correct. Il faut dire que nous sommes branchés sur le Tour de France.
Descente des Gorges du Verdon avec une consommation de 15 kWh/100 km
L’enthousiasme du journaliste à l’antenne ne permet pas d’exploiter pleinement l’installation. Qu’importe, on freine le rythme pour mieux écouter les derniers exploits du maillot jaune. Résultat, la consommation n’est pas exagérée : comptez 15 kWh/100 km sur parcours vallonné avalé à allure modérée. Avec la batterie de 97 kWh, cela permet d’en faire, des bornes !
Après une descente spectaculaire des Gorges du Verdon traversant des formations rocheuses, retour au bercail. Et point sur les prix : le N°7 débute à 46 990 € en version électrique de 230 ch et 543 km d’autonomie. Notre version Etoile avec la batterie Grande Autonomie est facturée 52 680 € avant options. Cher dans l’absolu, mais finalement compétitif une fois placé dans son univers de concurrence.
La réflexion du prix : plus grand et moins cher que les allemands
Là est tout le précepte du SUV français : proposer un modèle à cheval entre le segment C et D au prix d’un véhicule premium du segment C. Pari tenu, car financièrement parlant, le N°7 voisine les Mercedes GLB et Audi Q4 e-tron tout en les toisant d’une poignée de centimètres. Pas mal… Est-ce parfait pour autant ? Je n’irai pas jusque-là. Bien qu’il en mette plein la vue, le N°7 traîne quelques défauts bien présents.
L’écran tactile est par exemple d’un autre âge avec une réactivité laissant à désirer. La recharge rapide, que je n’ai pas testée, s’arrête à 160 kW en courant continu DC. C’est limite, et possiblement moins que cela. Quand j’ai essayé cela sur les cousins Peugeot 3008, Citroën C5 Aircross et Opel Grandland, les résultats étaient assez décevants. Sur ce dernier point, des progrès sont nécessaires pour ne pas se faire avaler par les chinoises.
Le parti pris esthétique : mon avis final sur le DS N°7
Et puis le style est une toute autre affaire. Je m’en rends surtout compte à l’accueil où les vitres renvoient un reflet extrêmement singulier. On aime ou on n’aime pas, bien sûr. Vu que j’aime plutôt les bizarreries, j’apprécie la chose. Certains hurleront certainement quand j’applaudis l’audace. Oui, il y a mieux techniquement. Mais visuellement, ça fait superbement l’affaire.
Êtes-vous plutôt séduit par le confort et l’audace de ce nouveau SUV français ou restez-vous un inconditionnel des références allemandes ? Partagez votre avis dans les commentaires !

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