L’Administration fédérale de l’aviation a fermé l’espace aérien autour de l’aéroport international d’El Paso au Texas pendant 10 jours, clouant au sol tous les vols à destination et en provenance de l’aéroport, rapporte Associated Press. L’annonce, faite ce mercredi 11 février, fait suite à la publication d’un NOTAM (« notice to air missions »), autrement dit un avis officiel diffusé aux pilotes et aux opérateurs aériens pour signaler une information importante pouvant affecter la sécurité ou la planification d’un vol.
Une incursion de drones appartenant à un cartel
Mise à jour du 11 février à 15h30 : contre toute attente, la FAA vient de publier un message annonçant que la précédente fermeture de l’espace aérien au-dessus d’El Paso venait d’être levée. L’agence gouvernementale précisait précisant qu’il n’y avait aucune menace pour l’aviation commerciale et que tous les vols allaient reprendre.
The temporary closure of airspace over El Paso has been lifted. There is no threat to commercial aviation. All flights will resume as normal.
— The FAA ✈️ (@FAANews) February 11, 2026
Le sénateur Sean Duffy a déclaré que « la FAA et le DOW (Department of War) ont agi rapidement pour contrer une incursion de drones appartenant à un cartel. La menace a été neutralisée et le transport commercial dans la région n’est plus en danger. Les restrictions ont été levées et les vols normaux reprennent ».
The FAA and DOW acted swiftly to address a cartel drone incursion.
The threat has been neutralized, and there is no danger to commercial travel in the region.
The restrictions have been lifted and normal flights are resuming. https://t.co/xQA1cMy7l0
— Secretary Sean Duffy (@SecDuffy) February 11, 2026
En l’occurrence, ce NOTAM informe d’une interdiction stricte de pénétrer dans l’espace aérien autour de l’aéroport de la métropole texane, qui ne pourra donc plus accueillir d’avions, que ce soit au niveau des arrivées ou des départs (y compris les survols jusqu’à 18 000 pieds). Comme le rapportent FlightRadar24, un autre NOTAM interdisant tout vol sur la même période d’activité et pour les mêmes paramètres d’altitude a été appliqué à une zone voisine, à Santa Teresa.

Sur la fréquence des départs, à l’aéroport d’El Paso, un internaute a diffusé l’enregistrement d’un échange entre une contrôleuse et un équipage de la compagnie Southwest, à la publication de la fermeture tard dans la nuit. « Avez-vous prévu de voler encore ? » demandait-elle aux pilotes, parmi les derniers à atterrir ce soir-là. « Non, nous allons à l’hôtel », répondaient-ils. « D’accord, car je viens juste d’être informée qu’une interdiction de voler dans la zone prendra effet à 6 heures 30 du matin », annonçait-elle, avant d’ajouter : «… Pour une période de 10 jours ».
🚨 EL PASO JUST GOT LOCKED DOWN
10 full days. No flights in or out.
National Defense Airspace.
FAA says planes that violate can be shot down.
Zero explanation. Zero warning.
This is not a drill. What the hell is happening in El Paso right now? pic.twitter.com/5blNg3W3DF— PortlandPatriots (@PatriotsinPNW) February 11, 2026
El Paso et ses 700 000 habitants n’auront plus d’aéroport jusqu’au 20 février, et les plus de 270 vols en moyenne par jour ont tous été annulés. Le NOTAM s’applique pour tous les aéronefs, y compris les avions commerciaux et les cargos. Toutes les compagnies américaines y proposent des liaisons, que ce soit Southwest, United, American et Delta, en plus des compagnies étrangères. À noter qu’El Paso est une plaque tournante du commerce transfrontalier avec le Mexique et la ville de Ciudad Juárez.
Aucune explication : même les hélicoptères de police et du SAMU ne pourront plus voler
Le plus étonnant dans cette nouvelle est qu’au-delà d’avoir mentionné des « raisons de sécurité particulières », l’interdiction de vol à destination ou en provenance d’El Paso ne possède aucune explication. « La dernière fois qu’on a vu une fermeture totale de l’espace aérien comme celle-ci, c’était après les attentats du 11 septembre. Pourquoi El Paso est-elle soudainement devenue un ‘espace aérien de défense nationale’ ? » se demandait un internaute sur X.
Pete Muntean, un correspondant de CNN spécialisé dans les transports et l’aviation, ajoutait que la situation serait même sans précédent, car différente de celle du 11 septembre 2001 : « la zone d’exclusion aérienne temporaire d’El Paso est différente de la fermeture de l’espace aérien à l’échelle nationale à la suite du 11 septembre. Les restrictions de Washington D.C. et de New York City ont été mises en place ultérieurement. Une interdiction totale de survol d’une ville américaine, y compris les hélicoptères d’évacuation sanitaire et de police, est sans précédent dans l’histoire récente ».
Citant une source proche de la FAA, Pete Muntean a avancé dans la journée que cette fermeture de l’espace aérien serait liée à des exercices militaires menés de la base aérienne de Biggs, à Fort Bliss, située au nord de l’aéroport d’El Paso. Il ajoutait que « la FAA a pris cette décision après que le ministère de la Défense n’ait pas été en mesure de garantir la sécurité des vols civils ». D’après d’autres sources interrogées par l’agence Reuters, l’explication se tiendrait dans des opérations anti-drones du Pentagone visant les drones des cartels mexicains près de la frontière.

Il faut dire qu’une telle interdiction est aussi valable pour des aéronefs, tels que les hélicoptères des urgences ou de la police, qui ne pourront donc plus travailler. Une situation tout à fait inédite depuis le 11 septembre 2001.
Les autorités se sont contentées de rappeler leur fermeté au sujet de cette fermeture de l’espace aérien. Le gouvernement précisait donc que la force létale pourrait être utilisée contre les aéronefs violant cet espace aérien, s’ils sont considérés comme constituant « une menace imminente pour la sécurité ». Difficile de savoir s’il s’agit d’une mesure préventive face à des menaces non divulguées, s’il s’agit d’un exercice ou d’activités militaires dans les régions voisines, face à la sécurité des frontières.
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