Si on accole souvent le terme révolutionnaire à batterie aujourd’hui, c’est souvent pour le secteur de l’automobile ou du smartphone. Batteries à charge ultrarapide, smartphone équipés de batteries nucléaires ou intégration d’indium dans les anodes, les innovations ne manquent pas. Ici, c’est différent, puisque ces batteries sont alimentées par l’oxygène de notre corps. Celles-ci pourraient révolutionner l’utilisation de dispositifs comme les pacemakers.
Vers l’autosuffisance énergétique
Cette recherche a été publiée dans la revue Chem et démontre que créer des batteries fonctionnant grâce à l’oxygène du corps est complètement faisable. Testés sur des rats, celles-ci ont réussi à fournir une puissance stable, comprise entre 1,3 et 1,4 volt, avec une densité de puissance maximale de 2.6 µW/cm².
Pas de quoi recharger une Tesla, ni même des dispositifs médicaux implantés, mais cette découverte ouvre la voie à des batteries autonomes, capables d’exploiter l’oxygène corporel pour générer de l’énergie. C’est déjà un immense pas en avant. À l’avenir, peut-être que l’on pourra créer des pacemakers qui se rechargeront seuls, sans recourir à chirurgies invasives pour les remplacer.
Les résultats sont assez concluants, puisque l’implémentation de ces dispositifs dans les rongeurs n’ont pas provoqué d’inflammation, de modifications métaboliques et n’ont pas perturbé le processus de régénération tissulaire.
Les réactions chimiques qui avaient lieu lors du fonctionnement de la batterie produisaient diverses substances (peroxyde d’hydrogène en faible quantité, ions hydroxyde et ions sodium), très bien tolérées par les rats. Cela signifie que cette technologie est biocompatible, une conclusion de la plus haute importance lorsqu’il est question de dispositifs implantables.
Des applications plus larges
Les chercheurs voient déjà plus loin que la simple alimentation de dispositifs médicaux. En effet, ces batteries implantables pourraient très bien servir un jour à lutter contre les cancers. Cela les rangerait dans la catégorie des traitements biothérapeutiques (thérapie par anticorps monoclonal, immunothérapie, thérapie cellulaire adoptive, etc.). Elles pourraient, par exemple, priver une tumeur d’oxygène, ce qui arrêterait leur croissance.
C’est pour cela que les scientifiques à l’origine de cette découverte veulent creuser davantage cette piste. Bien qu’encore au stade de prototype, cette découverte représente déjà un progrès important dans le secteur médical. Grâce à elle, des dispositifs plus sûrs et autonomes verront peut-être le jour à l’avenir. Wait and see !
- Des chercheurs ont mis au point une batterie révolutionnaire.
- Testée et implémentée sur des rats, celle-ci est capable de générer de l’énergie grâce à l’oxygène de leur organisme.
- Même si l’énergie qu’elle produit est encore assez faible, cette découverte pourrait faire progresser la conception de dispositifs médicaux implantés (pacemaker par exemple) voire servir de traitement biothérapeutique contre les cancers.
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