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Innovation ou intrusion ? Les impacts insoupçonnés des implants cérébraux à la sauce Elon Musk

Les implants cérébraux sont-ils vraiment sans danger pour l’être humain ?

L’humain augmenté, dopé artificiellement par des implants logés au cœur de son encéphale. Voilà l’un des rêves ultimes du courant transhumaniste. Un mouvement controversé sous plusieurs aspects, qui soulève de nombreux débats philosophiques ou éthiques. Elon Musk, même s’il ne s’identifie pas explicitement comme faisant partie de ce courant de pensée, est souvent associé à celui-ci, notamment depuis la création de Neuralink. Une start-up américaine fondée en 2016, spécialisée dans la fabrication d’implants cérébraux. Si leur promesse initiale est d’améliorer les fonctions cognitives de l’être humain, on sait déjà que ce type de technologie présente des répercussions sur la santé.

Préoccupations par rapport aux implants cérébraux

Neuralink, après avoir été accusé de maltraitance animale pour tester ses implants l’an dernier, a reçu l’accord des autorités sanitaires américaines pour lancer ses tests sur l’humain en septembre 2023. La start-up est donc en pleine campagne de recrutement de personnes volontaires pour servir de cobayes.

Mais Neuralink n’est pas la seule entreprise à utiliser ce genre d’implants, nommés implants cérébraux d’interfaces directes neuronales ou Brain-Computer-Interfaces (BCI). D’autres acteurs du secteur de la biotechnologie appliquée à la santé utilisent déjà ce genre de dispositifs pour lutter contre des affections comme la maladie de Parkinson. Le média américain Insider a déjà fait état d’effets périphériques inquiétants dus à ce type d’implants.

Anna Wexler, professeure de philosophie à l’Université de Pennsylvanie a été au contact avec des patients atteints de Parkinson ayant reçu un implant du genre. Elle a donc pu échanger avec eux et partage ses observations : “Beaucoup ont eu le sentiment d’avoir été dépossédés d’eux-mêmes par la maladie“. L’altération de l’identité personnelle provoquée par la pose de l’implant ne serait alors pas du domaine du fictionnel.

Frédéric Gilbert, un spécialiste en neuroéthique et enseignant de philosophie à l’Université de Tasmanie, est allé plus loin. Il a publié une étude rapportant les effets secondaires des BCI sur certains patients. Des perturbations profondes ayant attrait aux “notions de personnalité, d’identité, d’agentivité, d’authenticité, d’autonomie et de soi.” Nous sommes loin de simples maux de crâne ou de fourmis dans les mains, et ces retours de spécialistes devraient plutôt encourager à la prudence.

Impacts identitaires et conséquences comportementales

Frédéric Gilbert relève que ces implants peuvent introduire une dissonance plutôt importante chez les patients. Une phénomène que l’on pourrait rapprocher d’une forme de dépersonnalisation ou de déréalisation. Ainsi, il explique que “ces personnes savent qu’elles sont elles-mêmes, mais ça n’est pas pareil qu’avant la pose de l’implant“. De plus, il note qu’il a dû faire face à des cas plus graves, notamment des tentatives de suicide.

Insider a rapporté le cas d’une patiente âgée d’une cinquantaine d’années, qui s’est sentie investie d’une force physique démesurée par rapport à ses vraies capacités. Cela l’a mené à tenter de soulever des charges trop importantes, et à échouer. Cette dame ne se serait pas blessée, mais aurait dû affronter un fort sentiment d’échec.

Les objectifs de Neuralink sont assez nombreux, mais l’entreprise a parmi ses projets celui de reboot le cerveau de patients paralysés afin de leur donner une seconde vie grâce aux implants BCI. Une initiative que de nombreux spécialistes regardent avec la plus grande prudence. Il est pour le moment trop difficile d’affirmer que ces implants sont sans risques si l’on se fie les données que nous avons en main. Une technologie qui est peut-être trop en avance par rapport aux connaissances dont nous disposons actuellement.

  • Les implants BCI, comme ceux sur lesquels travaille Neuralink, ne seraient pas sans effets secondaires.
  • Des effets indésirables rapportés par plusieurs spécialistes en neuroéthique ou professeurs de philosophie sur d’autres implants déjà mis en place sur des patients atteints de Parkinson.
  • Ceux-ci provoqueraient des effets plutôt lourds sur la psyché de certaines personnes : dissociation, déréalisation ou altération de la perception de ses capacités.

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Par : Gouvernement français
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