Intelligence artificielle : quelle formation pour les étudiants en informatique ?

L’intelligence artificielle alimente fascination, attentes et idées reçues auprès du grand public… Qu’en est-il chez les étudiants en informatique, ceux-là même qui la feront entrer encore davantage dans nos quotidiens ?

Nous sommes allés vérifier à Epitech, EPITA et SUP ’Internet, 3 écoles du Groupe IONIS qui forment aux métiers de l’informatique et du web, dans quelle mesure les étudiants s’intéressent à l’IA et comment ils y sont formés.

À bas les idées reçues

Yann Prudent est directeur de l’innovation à Epitech. Il nous confirme que l’IA fait partie des technologies qui intéressent le plus les étudiants. Le mysticisme qui l’entoure joue un rôle, mais parfois « le côté magique disparait un peu quand ils se rendent compte que ça reste des maths ». « On commence dès le début de la formation sur ce que sait faire un ordinateur », explique Réda Dehak, enseignant-chercheur à EPITA.

A SUP’Internet, où enseigne Thomas Solignac, fondateur de la startup Golem.ai , « la quantité d’idées reçues parmi ses étudiants est phénoménale. Mais ce n’est pas de leur faute, c’est partout dans la société ». Ce jeune entrepreneur, passé par des études de philosophie avant d’apprendre l’informatique à Epitech, insiste sur le besoin d’une définition claire et de réflexion pour permettre aux étudiants de mieux travailler dans ces domaines-là. C’est pourquoi il organise le Meetup AI & Society qui donne chaque mois la parole à 3 experts : un profil technique, une personne orientée business et une troisième spécialiste des aspects sociologiques ou philosophiques. « Cela permet de s’intéresser, au-delà de la technique, aux champs dans lesquels l’IA va se déployer concrètement ».

Les mathématiques : incontournables pour devenir un professionnel de l’IA ?

À EPITA, qui forme des ingénieurs en informatique, il existe une majeure « data science et IA ». C’est l’une des spécialisations les plus prisées. Sélective, seule une trentaine d’étudiants y est admise. Ils ont un bon niveau en mathématiques mais ce sont surtout les plus motivés. Et de la motivation il en faut, car « se former à l’IA demande de gros efforts et une très bonne gestion de son temps » selon Axel Petit, étudiant de cette majeure. Entré à l’EPITA après une licence de mathématiques, il est également passionné par l’informatique et très investi dans ses études ; il affirme travailler tous les soirs et tous les weekends.

« Les maths font peur à pas mal de monde, et ceux qui sont à l’aise avec cette discipline ne savent pas forcément par où commencer » explique Florian Bacho en 4ème année à Epitech, qui pour aller encore plus loin suit des cours gratuits disponibles sur internet. « Ce ne sont finalement pas des cours de code mais des cours de mathématiques ». Il nous explique que pour partir de zéro en ramassant un jeu de données, il faut effectivement de bonnes connaissances en maths, qui sont au cœur de l’IA. Thomas Solignac est plus nuancé. Pour lui, l’intelligence artificielle a plusieurs facettes et être bon en maths n’est pas forcément une nécessité.

Il prend l’exemple de la sortie d’un labyrinthe, traditionnel sujet donné aux étudiants. La question n’est pas tant de nature mathématique, explique-t-il. Il s’agit de tester tous les coups possibles, à gauche ou droite, en faisant attention à ne pas revenir sur ses pas. « C’est de la logique et il y a peu de données de nature quantitative. C’est un peu la même chose pour tout ce qui est relatif à la théorie des jeux et au langage », ajoute-t-il. « C’est surtout dans le pan du Machine Learning que les mathématiques sont indispensables ».

Et après ? Le pouvoir d’attraction des GAFAM

Les étudiants ont de multiples moyens de développer leurs connaissances. A Epitech, où règne la pédagogie par projet, les étudiants doivent créer une IA pour le jeu Gomoku (entre Puissance 4 et le jeu de Go). Ils s’essaient également à la détection d’éléments dans des images lors d’un projet qui leur apprend par exemple à distinguer un animal à quatre pattes ou des visages humains.

Les plus intéressés par l’IA peuvent travailler sur des projets en dehors des cours. C’est le cas de Florian Bacho, à la tête du pôle IA du Hub innovation de l’école. Son projet d’araignée qui apprend à se déplacer au contact avec son environnement lui permet de développer ses connaissances en Deep Learning. Pour d’autres étudiants, le challenge est de rendre des petites voitures électriques autonomes.

Il est également possible de se frotter à l’IA lors des stages. Axel Petit, d’EPITA, a effectué son dernier stage sur un sujet mêlant IA et sécurité, au sein de la R&D d’une entreprise française. Le projet auquel il a contribué consiste à accélérer le passage aux contrôles aéroportuaires grâce à de la reconnaissance faciale pour comparer la photo prise par une caméra avec celle du passeport. Il affirme être content d’avoir travaillé quelques mois dans cette entreprise française, avec des ingénieurs et des doctorants, mais rêve d’aller travailler pour un GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) « et particulièrement Google ». Ce qui l’attire ? La possibilité de développer des outils qui facilitent la vie de millions de personnes et d’intégrer une équipe de salariés brillants. « J’ai eu la chance d’aller dans les bureaux Google à Londres et je me suis bien renseigné. Ils ont les meilleurs dans chaque domaine, et ça tire vers le haut ».

Réda Dehak confirme que rejoindre les GAFAM est l’une des premières motivations des étudiants qui postulent à la majeure en IA. Les salaires élevés, le côté prestigieux, les villes comme San Francisco ou New-York, la communication des GAFAM autour du bien-être au travail…tout cela les attire. D’autant plus qu’une expérience dans ces entreprises fait bonne figure sur un CV. « Beaucoup sont toutefois revenus déçus de chez Google à San Francisco », ajoute-t-il. Nul doute qu’ils trouveront aisément d’autres missions pour s’épanouir professionnellement, car ces jeunes diplômés, « les entreprises se les arrachent ! ».

 Le Groupe IONIS fait partie de notre programme « Entreprises Premium ». Cet article a été écrit avec la participation des équipes du Groupe IONIS dans le cadre de ce partenariat. En savoir plus sur notre programme Premium.


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