Epitech s’internationalise : retour sur le succès de sa pédagogie innovante

Epitech forme en 5 ans des experts en informatique avec une méthode non académique. Exit les professeurs et les cours. Tout l’enseignement est basé sur des projets. L’ouverture de campus à Berlin, Barcelone et Bruxelles signe le début de l’expansion de ce modèle français à l’international.

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L’école d’informatique Epitech a vu le jour en 1999 avec une promotion de 300 étudiants. Ils sont aujourd’hui 5 400 et l’école accélère son développement en s’installant dans de grandes métropoles européennes.

Entretien avec son directeur général, Emmanuel Carli, qui nous livre sa vision de l’enseignement de l’informatique et les spécificités qui font le succès du modèle Epitech.

En quoi l’enseignement à Epitech est-il différent du modèle traditionnel ?

Le modèle d’enseignement est très particulier, peut-être même unique, du moins il a été unique pendant plusieurs années. Il fait désormais référence car il est repris partout.

Dans une école académique, les professeurs donnent leurs cours et au bout de quelques semaines ou quelques mois, les étudiants passent un partiel pour vérifier s’ils ont compris. Les connaissances sont ensuite appliquées en entreprise. Il y a donc un certain délai entre l’acquisition des compétences et leur application. Cela s’appelle le « skills gap ». Tous les cursus académiques ont ce problème.

Cela n’est pas le cas à Epitech. Son modèle, né il y a 20 ans, a été mis au point par Fabrice Bardèche [vice-président exécutif de IONIS Education Group], à côté du modèle d’EPITA, qui est une école d’ingénieurs en informatique. Epitech est une école 100% pratique, sans cours sur tableau noir, où l’évaluation des étudiants se fait uniquement au travers des projets. Cela permet de vérifier sans attendre si les étudiants ont réussi à mettre en œuvre leurs connaissances. Cela est possible car nous avons la chance, en informatique, d’avoir une science qui s’applique très facilement, sans besoin de beaucoup d’équipement.

Les étudiants sont-ils mieux préparés à la vie en entreprise ?

La réussite aujourd’hui, c’est de former des étudiants qui savent faire. Ils sont opérationnels tout de suite en entreprise. Pour cela, on reprend les méthodologies des entreprises et on travaille avec elles lors de comités scientifiques. On s’appuie également sur des outils internes puissants et une véritable ingénierie pédagogique qui propose des projets de plus en plus compliqués aux étudiants. L’objectif est de maximiser l’intérêt pour les étudiants mais aussi leur donner les outils pour gérer une carrière dans la durée.

Nos étudiants sont appréciés des entreprises pour leurs compétences techniques et humaines.  Ils ont des profils très variés et réalisent de belles carrières, avec par exemple Julien Mangeard, devenu CTO de Vente Privée, ou encore Thomas Solignac, à la tête de Golem.ai (intelligence artificielle).

Epitech est installé en région et depuis peu à l’international. Qu’est-ce qui a guidé les choix d’implantation de ces campus à l’étranger ?  

Le secteur de l’informatique est globalisé et il faut savoir parler anglais. De grands écosystèmes se mettent en place à Berlin, à Londres… L’internationalisation vient de la volonté d’ouverture et de création d’une dynamique d’écosystème pour nos étudiants. Ils n’intègrent pas une école mais un réseau national composé de 12 antennes en France métropolitaine, une dans les DOM-TOM et 3 en Europe. Les étudiants peuvent changer de campus car la pédagogie est la même partout, cadencée au même rythme.

Epitech s’est implanté à Berlin, Bruxelles et Barcelone, où il n’existait aucun établissement avec ce niveau de mise en œuvre de la pédagogie par projet.

Nous avions bien préparé le terrain en nous insérant dans l’écosystème local auquel nous souhaitons contribuer, en participant à des hackathons, en rencontrant les acteurs académiques, les institutionnels, et les entreprises. Nous avons déjà de bons retours de ces dernières, positivement surprises du niveau de nos étudiants de première année, jugés très agiles.

Nous sommes également en cours d’installation à Tirana. Un diplômé originaire du Kosovo souhaitait y développer une antenne d’Epitech. En raison du contexte compliqué, c’est finalement en Albanie que nous initions l’implantation avec lui. Nous avons démarré avec une quinzaine d’étudiants en 2017 et nous aurons une promotion de 50 à 60 étudiants pour la rentrée 2018.

Cela est facilité par le fait que tous les contenus sont en anglais, les projets sont corrigés par les mêmes plateformes, que l’on soit à Paris, La Réunion ou Barcelone, avec une stricte équivalence de niveau entre les implantations.

Y-a-t-il un attrait des entreprises étrangères pour les étudiants d’Epitech ?

Nous misons sur la diversité de nos étudiants et la prise en charge de leurs besoins spécifiques dont l’international peut faire partie. Notre rôle est de créer l’écosystème le plus riche. Lorsqu’Epitech participe à un hackathon en Allemagne ou à Strasbourg avec l’ENA, les étudiants intéressés ont la possibilité d’y aller. Nous encourageons également les étudiants à développer des associations, ce qui est très important pour développer leur personnalité et ces expériences associatives sont géniales. Certains étudiants s’investissent dans la Junior Conseil, qui malgré seulement 4 ans d’existence, a réalisé 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Un autre exemple à forte visibilité est celui d’E-mma, créé par Christelle Plissonneau et Clémence Barthoux, une association qui promeut la mixité à l’école et dans les métiers du numérique, présidé aujourd’hui par Dipty Chander.

Toujours pour encourager la diversité et la capacité d’adaptation, nous avons mis en place un cycle d’innovation en 3ème année et nous faisons venir des philosophes et différents acteurs de la société à l’école. Dans la logique « Tech for Good », nous souhaitons leur montrer qu’ils vont avoir une responsabilité dans la société.

Les expériences à l’étranger tiennent également une place importante pour s’ouvrir aux autres cultures. Elles ont lieu dans nos 70 universités partenaires. Certaines ont des méthodes d’enseignement classique, auxquelles nos étudiants se confrontent. Cela leur sert à développer des éléments de langage et de l’empathie pour travailler. Souvent, quand on parle de l’échec de certains projets, on met en cause le marketing ou le marché, mais c’est en réalité souvent la faute de l’équipe. Il faut faire preuve d’empathie pour comprendre les autres en entreprise.

Pour résumer, notre rôle est d’être une gigantesque caisse à outils pour proposer aux étudiants un enseignement favorable à leurs aspirations personnelles. Epitech est en quelque sorte un grand camp d’entrainement.

 

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