Vous payez régulièrement avec votre iPhone ? Vous pourrez bientôt utiliser un autre service qu’Apple Pay. À partir du mois de mars, les utilisateurs d’iPhone auront théoriquement la possibilité de réaliser des paiements sans contact en utilisant des applications tierces, sans être contraints de passer exclusivement par Apple Pay. Cette évolution marque une opportunité significative pour les établissements financiers, bien qu’elle soit assortie de nombreuses conditions.
Cette annonce d’Apple fait suite à une directive européenne survenant dans un contexte où le Digital Markets Act, adopté il y a un an, vise à encadrer l’activité des géants du numérique en Europe. Apple par exemple sera obligé dès mars de proposer des boutiques alternatives à son App Store. La décision d’Apple d’ouvrir l’accès à sa technologie NFC (Near Field Communication) aux développeurs d’applications bancaires et de portefeuilles numériques est donc perçue comme une victoire pour la Commission européenne.
Pas de quoi s’enflammer non plus. Comme pour les sideloaders (boutiques alternatives à l’iPhone), Apple a pensé à tout pour conserver son avance technologique. Si la possibilité d’utiliser l’antenne NFC pour des paiements via des applications tierces est une avancée notable, la limitation imposée par Apple concernant l’accès à son “secure element” — un composant clé garantissant la sécurité des transactions — impose aux banques de développer leurs propres solutions de sécurité. Un défi complexe nécessitant des investissements colossaux. Aussi, la plupart des banques devront évaluer si les commissions prises par Apple sur l’utilisation d’Apple Pay sont plus coûteuses que la création d’un système de sécurité propriétaire.
L’expérience utilisateur au cœur des préoccupations
Cela explique sans doute la réception mitigée de cette nouvelle dans le secteur bancaire. D’un côté, cette décision donne une chance aux banques de toucher une clientèle plus large et potentiellement plus aisée, habituée aux paiements mobiles. De l’autre, l’absence d’accès au “secure element” d’Apple et la nécessité de proposer une expérience utilisateur au moins équivalente à celle d’Apple Pay soulèvent des questions sur la viabilité et l’attractivité des solutions alternatives.
En effet, la facilité d’utilisation et la sécurité sont des facteurs cruciaux pour l’adoption de ces nouvelles méthodes de paiement par les consommateurs. L’expérience utilisateur, en particulier, est un point critique.
Apple Pay a séduit un large public grâce à son intégration fluide dans l’écosystème Apple, permettant des paiements rapides et sécurisés d’un simple double-clic sur le bouton latéral de l’iPhone ou de l’Apple Watch. Les banques et autres développeurs d’applications seront confrontés au défi de reproduire une expérience utilisateur aussi simplifiée et agréable. La question se pose également pour les paiements via Apple Watch en dehors d’Apple Pay, une fonctionnalité dont l’avenir reste incertain dans ce nouveau cadre.
Malgré tout, les banques et fintechs européennes, telles que EPI avec sa solution de paiement instantané paneuropéenne Wero, pourraient saisir cette opportunité pour innover et proposer de nouvelles expériences de paiement aux utilisateurs d’iPhone. La Commission européenne a ouvert les vannes. Aux acteurs du paiement mobile de saisir une occasion de briller. Mission impossible ?
- À partir de mars, les utilisateurs d’iPhone en Europe pourront effectuer des paiements sans contact via des applications tierces, et non plus exclusivement via Apple Pay
- Apple rend toutefois l’utilisation de solution alternatives complexe et coûteuse en coupant l’accès à son système de sécurité
- Les acteurs du paiement mobile doivent aussi imaginer un moyen de proposer une expérience utilisateur aussi simple et fluide qu’Apple Pay, un défi de taille
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