Depuis de nombreuses années, les campagnes de lutte antipiratage insistent notamment sur la fréquence du piratage. Une nouvelle étude consacrée à ce sujet démontre qu’il s’agit d’une très mauvaise idée qui pourrait au contraire renforcer ce phénomène. Explications.
Le jugement social impacte le fait de pirater
Dans une nouvelle étude universitaire publiée dans la revue Frontiers in Behavioral Economics, les chercheurs Kate M. Whitman et Joe Cox ont exploré l’impact des perceptions des normes et des risques sociaux dans la tendance à pirater. Pour y voir plus clair, les scientifiques ont administré un questionnaire auprès de 684 participants en ligne.
Parmi les enseignements de cette recherche, les auteurs notent que 3 % des femmes et 7 % des hommes piratent de la musique. La tendance est encore plus marquée en ce qui concerne les événements sportifs en direct (via IPTV et streaming illégal), puisque 21 % des hommes déclarent consulter ce type de contenus contre seulement 8 % des femmes.
Cette étude très riche s’est penchée sur le lien entre le risque social perçu et le piratage. Cette connexion est mesurée par certains critères, notamment dans quelle mesure les pirates anticipent le jugement de leurs proches : « contraire à l’éthique », « criminel » ou « n’a pas l’argent pour se payer un abonnement légal ».
Les autorités font fausse route
Il s’avère justement que, pour le piratage d’événements sportifs, un risque social plus élevé entraîne un taux de piratage plus faible, notamment chez les hommes. Un constat qui pourrait faire réfléchir les professionnels pour leurs futures communications.
Autre conclusion très troublante : les campagnes de sensibilisation qui insistent sur l’ampleur du piratage ont tout faux ! En effet, certains hommes y voient au contraire une justification du piratage, comme l’expliquent les auteurs :
Ces résultats mettent en évidence les risques des campagnes qui mettent l’accent sur la fréquence du piratage, notamment chez les hommes, sans tenir compte de la manière dont ces informations peuvent, par inadvertance, normaliser et autoriser ce comportement.
Alors que les diffuseurs et les autorités ont tendance à évoquer des chiffres spectaculaires pour marquer les esprits, il semble qu’ils fassent fausse route depuis de nombreuses années et auraient même pu contribuer à amplifier encore plus le contournement des règles.
Que pensez-vous des constats de cette étude ? Êtes-vous surpris par ces résultats ? N’hésitez pas à partager votre point de vue dans les commentaires.
Ce qu’il faut retenir :
- Une nouvelle étude s’est penchée sur les origines du piratage
- Elle constate que les hommes piratent plus que les femmes
- Le fait d’insister sur l’aspect massif du piratage a tendance à le légitimer aux yeux des internautes
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