Il n’a pas fait le déplacement pour rien. Ce mercredi 1er octobre, Martin Ajdari, président de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), a été auditionné par la Commission de la Culture, de l’Éducation, de la Communication et du Sport du Sénat.
Il est notamment revenu sur les différentes missions de l’autorité administrative indépendante, telles que la protection des mineurs ou la régulation des plateformes. Au menu également, le streaming illégal et les IPTV qui causent beaucoup de tort au monde du sport et aux diffuseurs.
Le dirigeant a pour l’occasion présenté une nouvelle tactique qui devrait être employée pour faire face au piratage : « C’est un sujet qui nous préoccupe beaucoup », a reconnu Martin Ajdari. En mai dernier, « nous avons trouvé un accord entre les fournisseurs d’accès à internet et les ayants droit pour mettre en place les conditions du blocage IP, pour avoir ensuite le blocage en temps réel ».
D’ailleurs, le président de l’ARCOM a cité des chiffres assez flatteurs puisque « depuis le début de l’année 2025 », pas moins de 5000 blocages ont été effectués « soit la moitié de tout ce que nous avons fait depuis 2022, année où la compétence nous a été confiée ».
Une méthode très décriée
Pour rappel, l’Association pour la Protection des Programmes Sportifs (APPS), qui regroupe les plus grands diffuseurs français et les ligues professionnelles sportives, se prononce depuis un petit moment déjà pour l’application du blocage IP. Xavier Spender, le délégué général de cette structure, demandait ainsi récemment :
Notre volonté est de bloquer les serveurs en tête de réseau, soit au plus haut niveau possible de l’architecture des pirates. Nous avons face à nous des organisations très pyramidales avec à leur tête des usines qui récupèrent les flux qu’ils mettent sur des serveurs. Dans les étages en dessous, on trouve des grossistes et des revendeurs. Avec un seul serveur natif, voilà comment on se retrouve avec des centaines d’offres différenciées, adoptant chacune un marketing local, comme le dealer au coin de la rue.
Si l’organisation promet que tout sera mis en place pour « qu’il n’y ait pas de risque de surblocage », l’inquiétude règne. Et pour cause, en Italie et en Espagne, où ces techniques sont déjà largement employées, des plateformes totalement licites et parfois indispensables ont été bloquées, ce qui n’est pas sans poser de gros problèmes aux intéressés et aux internautes.
Dans ces pays également, le piratage est loin d’avoir disparu et il reste une menace majeure pour les titulaires de droits.
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