Dash l’Iranien (sa véritable identité n’a pas été révélée.), tel est le surnom de ce pirate qui vient d’être condamné en Espagne. Ce chef de réseau IPTV de streaming illégal a été condamné à une amende de 8,7 millions d’euros et à 23 mois de prison suite à une enquête qui a duré huit ans, rapporte le New York Times.
Au fil du temps, l’homme avait réussi à gagner beaucoup d’argent et les investigations ont permis de constater qu’il est parvenu à acquérir des montres Rolex, des voitures de sport et des biens immobiliers de luxe.
La Chambre criminelle de l’Audience nationale espagnole a estimé qu’il fournissait des milliers de sites sportifs et de divertissement piratés à 2 millions de personnes, dont les célèbres IPTVStack et RapidIPTV. Pour donner une idée de son succès, son organisation aurait empoché pas moins de 17 millions de dollars entre 2015 et 2020.
Aux côtés de ses quatre complices, il maniait très bien sa barque en recourant à de fausses identités pour ouvrir des comptes financiers afin de blanchir l’argent gagné via des projets immobiliers et diverses transactions en cryptomonnaie. Pas moins de 1000 bitcoins ont ainsi été récupérées au cours de l’enquête, tandis que l’homme entretenait des liens étroits avec son pays d’origine, l’Iran, selon le journal américain.
Pour donner une idée de l’empire international qu’avaient su construire les condamnés (qui ont plaidé coupable), sachez que 15 perquisitions ont été menées, avec onze arrestations dans quatre pays différents : Espagne, Allemagne, Suède et Danemark.
Une véritable “entreprise”
Dans le détail, la diffusion en continu était gérée sur le plan technique depuis l’Iran où une équipe était chargée de capter les flux légitimes, de les décoder et de les redistribuer à l’idée d’un vaste réseau de serveurs répartis dans dix pays. Quant au département financier et commercial, il opérait depuis l’Espagne, et créait des sociétés écran par lesquelles transitaient les fonds. À noter enfin, que cette organisation était structurée en franchise, ce qui permettait à des revendeurs tiers d’exploiter et de rentabiliser leurs propres services IPTV à l’aide du réseau principal.
Comme on peut l’imaginer, les autorités et les ayant-droits se félicitent de cette victoire. À l’image du président de La Liga, Javier Tebas qui a qualifié la fraude de « fléau qui menace la survie d’un secteur fondamental pour l’économie européenne ». Il a conclu que « le piratage doit être combattu avec vigueur à tous les niveaux, en particulier contre les organisations et les mafias qui le soutiennent ».
De son côté, José Luis Gómez Pidal, inspecteur principal de la police nationale espagnole, a estimé que les condamnations sont une « décision historique contre l’une des plus importantes organisations criminelles internationales spécialisées dans le piratage audiovisuel ».
L’avis de Presse-citron :
Cette condamnation donne une idée du niveau de sophistication atteint par ces réseaux IPTV illégaux. Ils recourent à tous les moyens à leur disposition et fonctionnent comme des entreprises modernes qui disposent de départements techniques et financiers.
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