C’est une pratique qui interroge. Depuis février 2022, les grands détenteurs de droits de retransmissions du football ont déserté la Russie. Dès lors, des compétitions très populaires telles que la Premier League et la Série A n’y sont plus diffusées. La nature a cependant horreur du vide, et des petits malins se sont organisés.
Commenter la Premier League depuis chez soi
Concrètement, des services IPTV pirates, des portails de streaming illégaux, ou encore la plateforme vidéo du réseau social VK sont utilisés. La personnalisation est si poussée que certaines structures ont leurs propres habillages des rencontres et leurs employés commentent les matchs en direct depuis chez eux en utilisant des logiciels bien connus des vidéastes tels que OBS Studio et des micros à 50 dollars, rapporte TorrentFreak.
Le business est rodé, et ces derniers se sont quelque peu professionnalisés. Ainsi, en s’appuyant sur les donations des internautes, ces journalistes sportifs d’un nouveau genre peuvent gagner entre 30 et 45 dollars par match, ce qui représente une somme intéressante en Russie s’ils cumulent plusieurs rencontres.
Le quotidien économique russe Vedomosti s’est justement intéressé à ce phénomène en donnant la parole à Anton Kuzmichev, directeur de Sportcast, un groupe qui diffuse illégalement diverses compétitions depuis 2016 : NBA, Premier League, NHL, Formule 1…
Droit dans ses bottes, ce dernier affirme au contraire que montrer les matchs de la Premier League est parfaitement légal en Russie actuellement. Pourquoi ? Le championnat de football britannique n’a plus de diffuseur officiel dans le pays. Comme personne ne dispose de licence, aucune entreprise ne peut donc intenter de procès. Il précise que dès que la compétition sera retransmise par un détenteur de droit légitime, son organisation cessera cette pratique.
Le piratage fait débat en Russie
Cette question du droit au piratage devient un débat de fond en Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. En avril 2023, une proposition de loi a été déposée au parlement pour permettre la copie et la distribution d’œuvres dans le pays sans l’accord des ayants droit.
Cette mesure a toutefois été fermement contestée par de grandes sociétés telles que Gazprom Media, Channel One et Rostelecom qui avaient adressé un courrier au chef de la commission de la Douma d’État chargée de la politique économique. Ils soulignaient alors : que cette proposition “viole les intérêts des acteurs spécialisés du marché” et pourrait même conduire à la “cessation de leurs activités”.
Ils ajoutaient : “Il existe également un risque d’utilisation de ce mécanisme pour légaliser et populariser les ressources piratées, ce qui aura un impact négatif sur les producteurs nationaux et les détenteurs de droits exclusifs sur le contenu”.
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