Passer au contenu

ITER : malgré la guerre, la Russie livre un aimant géant essentiel

Etonnamment, malgré la guerre en Ukraine, la coopération internationale avec la Russie se poursuit. Notamment autour du projet Iter.

La guerre avait complètement fait passer le sujet au second plan, et pourtant, la coopération internationale avec la Russie se poursuit dans de nombreux domaines depuis l’invasion de l’Ukraine. En fait l’un des projets où la contribution du pays est la plus indispensable est sans conteste le réacteur de fusion nucléaire expérimental ITER, en cours de construction à Cadarache en France.

Participent en effet au projet l’Union Européenne, la Chine, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis. Beaucoup de pays donc que la Russie juge “hostiles”. Mais alors que le pays dirigé par Vladimir Poutine réfléchit à quitter l’ISS après 2024, sa participation au projet ITER ne semble pour l’heure aucunement remise en cause.

La Russie livre à ITER un immense aimant en construction depuis 8 ans

En fait, la Russie vient même de livrer un immense aimant essentiel à la construction du plus grand Tokamak au monde. Cet électro-aimant de 200 tonnes, de type poloïdal, a quitté le port de Saint-Petersbourg mardi dernier, et devrait atteindre le port de Marseille dans un peu moins de deux semaines. Il a été construit sous la supervision de l’agence Rosatom.

“La situation actuelle ne change pas le fait que nous remplirons nos obligations”, a estimé un porte-parole de l’agence. Tout en ajoutant que les tensions géopolitiques “n’ont pratiquement pas affecté la réalisation de ce projet”. Rosatom ajoute que “sans cet élément, le tokamak ne fonctionnera pas”.

La construction de cet électro-aimant particulièrement imposant a pris près de 8 ans. Rosatom et la Russie semblent conscients des enjeux du projets qui bénéficiera à terme autant à la Russie qu’à ses partenaires : “si cette coopération s’arrêtait tout le monde y perdrait : autant la Russie que la communauté internationale”.

Et d’ajouter que ITER “est un projet si intéressant que, en réalité, nous sommes tous une même famille… il n’y a aucune compétition entre nous, aucune”. Pour rappel, la genèse du projet ITER remonte à très loin, avant la chute de l’Union Soviétique. Les prémisses ont commencé en 1985 lors d’un sommet entre le président Ronald Reagan et Mikhail Gorbatchev.

Le contexte des deux blocs a donc permis de créer des conditions particulièrement solides pour la poursuite d’un tel projet, malgré un risque certain de tension sur d’autres fronts – qui se concrétise aujourd’hui avec la guerre en Ukraine. A priori, il n’y a aucune raison que la coopération ne se poursuive pas normalement, quelle que soit l’issue de la guerre qui fait rage à l’est de l’Europe.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech