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J’ai survécu 1 semaine sans réseaux sociaux (Ep. 4/5)

Adieu les réseaux sociaux, j’ai décidé de me sevrer pendant 7 jours. Pari réussi ?

Cela fait plusieurs semaines que je vis une expérience déconnectée. À chaque fois, j’essaie de pousser le curseur un peu plus loin et afin d’aller dans mes propres retranchements. Après avoir passé une soirée sans mon téléphone, puis tout un week-end, j’ai décidé de m’attaquer à un autre problème : les réseaux sociaux. Car quand je suis sur mon téléphone, c’est bien eux qui accaparent le plus mon attention. Un clic pour mater quelques stories, scroller bêtement sur X (ex-Twitter) parce que je n’ai pas forcément mieux à faire (ou envie de faire autre chose) dans le métro ou me faire une pause sur TikTok en rentrant du travail, c’est quasiment un réflexe pour moi. Si je m’efforce de limiter mon utilisation des réseaux sociaux, force est de constater qu’ils restent omniprésents dans mon quotidien. Alors c’est décidé, j’arrête les réseaux sociaux. Du moins, pour une semaine.

Quand j’annonce ce nouveau défi autour de moi, la réaction est unanime : “Mais comment tu vas faire ?” Et à chaque fois, je réponds la même chose : “On verra bien, ça passe vite une semaine non ?”. Oui, je n’étais pas extrêmement confiante. Malgré tout, j’étais motivée à relever ce défi. Aussi difficile puisse-t-il paraître.

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C’est quoi, un réseau social ?

Le lundi arrive et il est déjà l’heure de tout couper. Au moment de configurer mon téléphone pour me bloquer l’accès aux réseaux sociaux, une question me vient : qu’est-ce qu’un réseau social ? Quelles sont les applications que je dois concrètement geler ? Certaines sont évidentes, comme TikTok, X (ex-Twitter) et Instagram, que je limite déjà pendant mes heures de travail pour éviter toute dissipation. Mais d’autres me font plus hésiter : dois-je garder WhatsApp ? Et quid de YouTube ? Après avoir discuté autour de moi et avoir soulevé un débat à la rédaction, le verdict est sans appel : WhatsApp et Messenger passent de justesse mais YouTube rejoint les applications mises au coin.

Qu’est-ce qui définit un réseau social ? Il s’agit d’une plateforme en ligne sur laquelle on peut créer un profil, partager du contenu, interagir avec les autres au moyen de likes, commentaires, abonnements et messages et entretenir un réseau. Deux mots sont importants, donc : interaction et communauté. Dans ce sens, YouTube est un réseau social même si je l’utilise essentiellement et quasiment exclusivement comme une application de divertissement. Mais tout le monde est unanime, alors je dois lui faire mes adieux.

La question des applications de messagerie instantanée est plus épineuse. Techniquement, WhatsApp peut être considéré comme un réseau social selon les utilisations de chacun. Mais en réalité, l’application me sert à communiquer dans le cadre personnel et professionnel. C’est sur le fil, mais c’est accepté. Ouf.

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© Presse-citron

Ainsi, pendant 7 jours, je suis privée de TikTok, X (ex-Twitter), Instagram, BeReal, Facebook, LinkedIn, Bluesky, YouTube, Twitch et Snapchat. Le dossier dédié aux réseaux sociaux de mon smartphone est entièrement grisé. L’expérience peut enfin commencer.

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Des difficultés inattendues

Seulement quelques dizaines de minutes après avoir officiellement lancé cette semaine sans réseaux sociaux, j’ai le réflexe de déverrouiller mon téléphone et d’ouvrir le dossier “Réseaux sociaux”, prête à cliquer sur Instagram ou X (ex-Twitter). Réflexe dans le métro, vous comprenez. Je me sens un peu bête, face à ces applications gelées. Bon. J’envisage de sortir ma liseuse, mais je n’ai pas envie de lire et elle est au fin fond de mon tote bag et je suis en sandwich dans la ligne 11. Tant pis. Je me contenterai d’un peu de musique et de regarder autour de moi. Ça ne va pas être facile…

Quand j’arrive à la rédaction, je veux montrer un petit café que j’ai vu… sur Instagram. Décidément… Dans la matinée, au moment de souffler un peu entre deux articles, j’ai envie de poser mon cerveau mais le” brainrot” est interdit cette semaine. Je lance Chess.com. C’est tout à fait l’inverse d’un répit intellectuel, mais au moins, cela me permet de faire une pause… Et on pourrait presque la qualifier d’utile.

Si j’ai le réflexe de vouloir ouvrir les réseaux sociaux en ce premier jour, mon expérience de déconnexion n’est pas si terrible. Je ne ressens pas vraiment de manque, mais ce n’est que le début. Par chance, cette première soirée était bien chargée, ce qui me facilite la tâche. Le premier moment où cette interdiction m’indispose réellement arrive le deuxième soir. Après une longue journée de travail, conclue par un événement professionnel, je ne veux qu’une chose : me poser devant une vidéo YouTube avant d’aller me coucher. Et là, forcément, cela coince. Trop fatiguée pour lire ou jouer à un jeu vidéo, je me tourne vers un contenu qui me videra la tête aussi bien qu’une dizaine de minutes à scroller sur TikTok : un épisode de Love is blind sur Netflix. Le voilà, mon nouveau “brainrot” pour la semaine.

Désormais, j’ai pris l’habitude de me faire quelques puzzles d’échecs ou de jouer en ligne ou contre un bot quand je m’ennuie dans les transports en commun ou pour prendre une pause au travail. L’absence des réseaux sociaux ne m’affecte que très peu, finalement. Je ne pense pas à tous les BeReals ou les stories de mes amis que je rate pendant cette période. Ce qui m’a le plus manqué, c’est définitivement YouTube.

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© Presse-citron

Pour le troisième soir, je souhaite me lancer dans une nouvelle activité : la broderie. On m’a offert un kit complet il y a peu, l’occasion est parfaite. Oui mais… Sans YouTube et TikTok, je n’ai pas accès à des tutoriels vidéo qui me seraient bien utiles, étant donné que je pars de 0. Malgré l’aide précieuse de ChatGPT, je me rends compte que je ne vais pas aller bien loin sans voir quelqu’un faire. Je prends donc mon mal en patience. Heureusement, des collègues plus expérimentées dans le domaine m’ont proposée de me donner un cours le lendemain. C’est assurément le moment le plus frustrant de cette semaine sans réseaux sociaux et en me lançant dans cette expérience, je n’aurais jamais cru que le problème serait venu d’un besoin avide de tutoriels pour ma soirée broderie. Mais avec un peu de recul, cela m’a permis de partager cette activité avec d’autres personnes. Victoire pour la semaine sans réseaux sociaux.

L’exception qui confirme l’expérience

En dépit du fait que je n’éprouvais aucun manque des réseaux sociaux, il a pourtant fallu que je déroge à ce jeûne hebdomadaire. Mais c’était pour de bonnes raisons. Alors qu’une de mes colocataires s’en va, le temps presse pour trouver une nouvelle personne. Au regard de l’urgence de la situation, j’avais du mal à me voir justifier auprès de mon autre colocataire que je ne pouvais pas mettre l’information en story sur Instagram.

J’ai donc cassé cette pause des réseaux sociaux uniquement pour publier ma story de recherche sur Instagram et pour consulter les messages à ce sujet au cours de la journée sur l’application. Je me suis efforcée de ne pas ouvrir tout autre message privé ou stories d’amis qui n’avaient rien à voir avec la colocation. Même si je dois admettre que l’envie était bel et bien là. Eh oui, chassez le naturel, il revient au galop…

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Verdict : une limitation qui fait du bien

Après une semaine sans les réseaux sociaux, je me sens bien. J’ai pu améliorer mes compétences de joueuse d’échecs, je me suis lancée dans la broderie, j’ai vraiment pu avancer sur mon nouveau jeu vidéo (jetez un œil à Tiny Bookshop sur Switch, c’est incroyable) et je suis même montée dans le train Love is blind dont tout le monde me parlait. Ainsi, le bilan est plutôt positif. Si l’interdiction est effectivement levée, j’ai choisi, pour le moment, de ne pas dégeler mes réseaux sociaux… À part BeReal, car son essence ne réside pas dans le scroll infini.

Bien sûr, je m’autorise quelques moments sur Instagram, TikTok et X (ex-Twitter) mais j’apprécie cet usage plus équilibré. À voir si je réussis à maintenir cette utilisation limitée des réseaux sociaux dans mon quotidien ou si je finis par craquer et retomber dans mes travers.

Il ne me reste plus qu’une étape pour terminer ce chemin déconnecté. Depuis des mois, je ne cesse de repousser mes limites pour réapprendre à vivre avec mon smartphone sans être prisonnière de ses griffes. Sans quémander la moindre dopamine qu’il me promet avec les points rouges de ses notifications. Pour conclure cette expérience de digital detox, il n’y a plus qu’à faire le plus difficile : abandonner mon smartphone pendant 1 mois et retrouver l’essentiel avec un dumbphone. Mais en suis-je vraiment capable ? Alors que notre téléphone régit vraiment tout notre quotidien et nous procure un véritable confort, nous offrant tout à disposition, ce mois risque d’être intense. Verdict très bientôt dans le dernier épisode de REBOOT.

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