N’ayant pas froid aux yeux, c’est dans ce contexte ultra‑concurrentiel que Nothing fait son entrée avec son tout premier casque audio, le Headphone (1). Après avoir bousculé le marché des smartphones, la marque londonienne étend son champ d’activité avec l’ambition de grignoter des parts d’un marché où règnent en maîtres Sony, Bose et Apple.
Pour y parvenir, Nothing n’entend pas renier son ADN. À l’image du récent Nothing Phone (3), le Headphone (1) affiche un design distinctif et des expériences utilisateur originales. Ce casque apporte un vent de fraîcheur dans un secteur parfois un peu trop sage. Reste à savoir si, au‑delà de son style affirmé, il peut rivaliser avec les meilleurs en qualité audio, réduction de bruit et autonomie. Pour le savoir, nous l’avons testé toute cette première partie d’été.
Prix et disponibilité
Le Headphone (1) est disponible depuis la mi-juillet en noir et blanc au tarif de 299 euros. Certes, c’est nettement plus élevé que les écouteurs de la marque dont les prix n’ont jamais dépassé les 149 €. Cependant, cette proposition reste bien plus abordable que les casques premium concurrents sortis récemment.
Pour preuve, le Bowers & Wilkins Px7 S3 a été lancé en avril 2025 à 429 €. Sorti au même moment, le prix du JBL Tour One M3 est compris entre 350 et 400 euros. De son côté, le Sony WH-1000XM6 est arrivé sur le marché en juin aux alentours de 450 euros.
Confort : agréable à porter, malgré son poids
Même si le design audacieux du Headphone (1) reste sa véritable arme de séduction massive, inutile de trop s’y attarder. Nous l’avions déjà détaillé lors de notre prise en main d’une semaine, et les photos parlent d’elles‑mêmes.
Avec son style néo‑rétro mêlant transparence et clins d’œil assumés aux anciens casques audio, le Headphone (1) tranche nettement avec les habitudes du marché. On adore, ce qui est notre cas, ou on déteste, chacun ses goûts. Or, il faut rendre à César ce qui appartient à Nothing. La marque a le mérite de proposer quelque chose de vraiment nouveau. Et rien que pour cela, elle peut être félicitée.

Après plus d’un mois à ses côtés, nous pouvons conclure que l’expérience de port est globalement agréable. Le maintien est excellent, l’ajustement du bandeau offre une bonne amplitude et le coulissement se fait sans jeu notable. Contrairement à certains casques, qu’il faut manipuler avec précaution, l’arceau du Headphone (1) se montre robuste. Sa structure associe aluminium et plastique solide et laisse présager une bonne durabilité.
Même constat pour un élément clé : la pièce qui relie le bandeau aux oreillettes. Ici, Nothing a opté pour de fines branches métalliques, à la fois élégantes et résistantes. Si le casque n’est pas pliable, les oreillettes pivotent toutefois avec facilité.
Seule petite ombre au tableau, nous aurions aimé que le rembourrage du bandeau s’étende jusqu’aux extrémités. Les utilisateurs à la morphologie de crâne plus « large » pourraient avoir une zone de contact plus importante avec la partie plastique.

Avec ses 329 grammes, le Headphone (1) se classe parmi les casques premium les plus lourds du marché. Seul l’AirPods Max d’Apple (387 g) le surpasse, tandis qu’un Sony WH‑1000XM6, avec ses 250 g, paraît nettement plus léger. Pour autant, la répartition du poids est bien pensée. Une fois sur la tête, la sensation n’est pas aussi marquée, comme on pourrait le penser de prime abord.
En revanche, sur de longues sessions d’écoute, quelques pauses s’imposent. Lors d’un voyage en train, nous avons constaté qu’il était préférable de le retirer toutes les 30 à 40 minutes pendant deux ou trois minutes. Ces petites pause évitent à la longue une légère gêne au niveau du sommet du crâne.
De leur côté, les coussinets en mousse sont généreux et doux. Ils enveloppent parfaitement les oreilles, sans créer de points de compression désagréables. En revanche, comme souvent sur les casques premium, une légère sensation de chaleur se fait ressentir au niveau des oreillettes au bout d’une heure. Surtout si vous êtes dans un environnement chaud, comme ce fut le cas dans notre TER dont la climatisation était en panne…
Pour finir, le Nothing Headphone (1) affiche une certification IP52, qui le protège contre la poussière en quantité limitée et contre les éclaboussures d’eau. Ce niveau de robustesse est assez rare sur le segment des casques audio premium. En effet, à l’exception de l’Apple AirPods Max (IPX4), aucun autre fabricant ne communique officiellement sur une quelconque protection.
Ergonomie : ludique et originale
Comment se différencier pour proposer une expérience utilisateur innovante ? Voici assurément une question que se sont posée les ingénieurs de Nothing. Pour preuve, le Headphone (1) mise sur une ergonomie déroutante lors de ses premières utilisations. Or, après avoir pris ses habitudes, celle-ci s’avère au bout de quelques semaines vraiment plaisante.
Tout d’abord, point de tactile. Ensuite, les commandes se distinguent par leur appellation, leur format atypique et par le fait qu’elles soient toutes regroupées sur l’oreillette droite. Au centre, on trouve le « Roller ». C’est une molette circulaire qui permet de gérer le volume par rotation. Un système de réglage qui nous a fait penser aux potentiomètres rotatifs des amplificateurs hi‑fi vintage.

Situé sur la tranche, le « Paddle » est, lui, dédié au changement de piste et à la gestion des appels. Prenant la forme d’un commutateur, il offre un retour franc sous les doigts, ce qui limite tout risque de fausse manipulation. Un bouton qui n’est pas sans rappeler ceux que l’on pouvait trouver sur les lecteurs MP3 du début des années 2000 comme sur le Sony NWZ-B100 ou l’Archos 1 Vision.
Sur le dessus de l’oreillette droite, un bouton circulaire au format plus conventionnel est présent. Il se paramètre selon les envies. Il peut ainsi servir à activer l’audio spatial, mettre en route un égaliseur pré‑enregistré ou encore lancer l’assistant vocal. Enfin, en bas, de façon discrète, se cache le bouton d’alimentation.
Connectivité : il a (presque) tout d’un grand
En la matière, le Headphone (1) n’a pas grand‑chose à envier aux références du secteur, pourtant parfois bien plus chers. Le premier casque de Nothing embarque le Bluetooth 5.3 avec connexion multipoint, ainsi que les appareillages Google Fast Pair et Microsoft Swift Pair. Pour les codecs, belle surprise, en plus du SBC et du AAC, le Headphone (1) supporte également le LDAC.
Et Nothing ne s’arrête pas là. En plus de pouvoir fonctionner en jack 3,5 mm ou en audio USB‑C, sachez que ces deux modes d’écoute sont possibles pendant la charge. Des coquetteries assez rares, même Sony n’accorde pas à son WH-1000XM6 une écoute en USB-C lorsque son casque reprend des forces. Le seul absent de cette liste presque complète, c’est le Bluetooth LE Audio.

Loin d’être un oubli, c’est plutôt ici un choix. Nothing est persuadé que cette technologie se démocratisera, mais pour le moment, son besoin reste minoritaire. Là-dessus, difficile de lui donner tort.
Un dernier mot sur l’application dédiée, qui se révèle à la fois épurée et très simple d’accès. Contrairement à certains constructeurs qui multiplient les options, parfois anecdotiques, Nothing va à l’essentiel. Il est ainsi possible de reconfigurer partiellement les commandes, d’accéder à un égaliseur huit bandes ou à un mode faible latence.
Signature sonore : singulière et réconfortante
Pour son premier casque audio, Nothing s’est associé avec un de ses compatriotes, le constructeur d’enceintes Hi-Fi britannique KEF. Ce dernier a encadré le développement acoustique, depuis l’architecture des chambres acoustiques jusqu’à l’affinage de la réponse fréquentielle.
Ainsi, le Headphone (1) s’appuie sur une architecture sonore particulière avec une structure en dôme et un transducteur dynamique de 40 mm. Dès les premières écoutes, une chose frappe . Le Headphone (1) propose une signature sonore peu conventionnelle. Ou en tout cas, assez éloignée de ce que proposent Sony, Bose ou Apple, notamment sur la seconde moitié du spectre.

Là où ces ténors privilégient souvent des aigus brillants et des médiums bien appuyés, Nothing opte pour un rendu plus feutré. Un côté moins spectaculaire et assez fidèle à la philosophie acoustique des LS50 ou LS60 Wireless, deux enceintes de référence de KEF.
Zone de départ de nombreux instruments, les bas‑médiums sont volontairement et légèrement en retrait. Ce qui laisse respirer la scène tout en mettant en avant la clarté des voix et des instruments mélodiques comme les guitares, les violons ou les saxophones. Les timbres bénéficient ainsi d’une belle intelligibilité et les détails du second plan restent parfaitement audibles. Si ce parti pris évite toute coloration artificielle, il a tout de même un petit effet pervers . Certaines sonorités, notamment les guitares électriques, perdent un peu de leur mordant au démarrage.

Sur les graves, le Headphone (1) n’a presque rien à envier aux meilleurs casques premium. Les basses sont à la fois profondes et elles se tiennent assez bien. Sur les morceaux de rap ou d’électro, l’impact est net et sans excès, même si l’on pousse un peu les décibels. En étant tatillon, on pourrait noter une légère perte de détails sur l’extrême grave, notamment sur certaines notes longues de synthétiseur, mais cela ne vient pas gâcher l’écoute outre mesure.
Quant aux aigus, ils adoptent un profil atypique. Ils sont doux, sans dureté ni sibilance. Cela garantit une écoute confortable sur des morceaux riches en textures. Contrepartie de cette écoute « cosy », l’ensemble manque parfois d’aération. Et surtout d’extension, ce qui pourrait ne pas plaire aux tenants d’une écoute avant tout immersive.
Réduction de bruit et appels : efficace, mais pas souverain
Pour sa réduction de bruit, le Headphone (1) s’appuie sur six microphones disposés à l’intérieur et à l’extérieur des oreillettes. Cette configuration fonctionne globalement bien, notamment sur les graves. Que ce soit le ronronnement d’un train ou le souffle d’un ventilateur, ces bruits sourds sont nettement atténués. Ils ne disparaissent pas totalement, mais sont suffisamment vidés de leur substance pour qu’on les oublie.
Sur les médiums, le casque arrive à bien traiter les voix en mouvement ou éloignées. Par exemple, une conversation dans la rue ou une annonce dans le métro. Cependant, sur les bavardages plus proches et plus statiques, Nothing n’arrive pas encore à se hisser au niveau de Bose ou de Sony. Dans un open-space, un léger murmure reste quoi qu’il arrive en fond.

Bien aidé par une bonne isolation passive performante, le casque gomme efficacement les bruits aigus continus comme le cliquetis d’un clavier. En revanche, les sons soudains et perçants (pleurs d’un enfant, bruit de casseroles en cuisine…) passent au travers des mailles du filet.
Que ce soit en mode transparence ou pour passer un appel, là encore, le Headphone (1) se débrouille bien, sans atteindre le niveau d’un Sony WH‑1000XM6. Dans la première situation, il est possible de discuter rapidement avec quelqu’un sans retirer le casque. Sauf que le manque d’aération des aigus rend parfois l’échange compliqué. Dans la seconde, le résultat est tout juste correct.

Au calme, en intérieur ou dans une rue peu animée, il sera possible d’entendre et de se faire entendre. Néanmoins, dès que les bruits ambiants se font plus persistants ou qu’un peu de vent s’invite à la fête, les algorithmes peuvent parfois devenir confus. Ainsi, la voix devient métallique et certaines fins de phrases deviennent sifflantes.
Autonomie : il fait mieux que Sony, Apple et Bose
Sur le papier, Nothing annonce jusqu’à 80 heures d’écoute sans réduction de bruit et 35 heures avec cette dernière activée. Des prévisions assez ambitieuses, mais surtout légèrement sous-estimées…
Avec un volume aux alentours de 60% et la réduction de bruit active, nous avons pu tenir environ 40 heures. Ainsi, pendant une dizaine de jours, nous avons pu utiliser le casque deux heures le matin et deux heures le soir.
Un résultat excellent qui place le Headphone (1) devant des références comme le Sony WH-1000XM6 (35 heures), le Bose QuietComfort Ultra (28 heures) et l’Apple AirPods Max (25 heures). Dans les casques premium de 2025, seul le JBL Tour One M3 (45 heures) arrive à faire mieux. Côté recharge, il est possible en 10 minutes de récupérer 5 heures d’écoute, tandis que la totalité s’effectue en moins de 2 heures.
Notre avis sur le casque Nothing Headphone (1)
Avec le Headphone (1), Nothing signe une première incursion dans l’univers des casques Bluetooth qui ne manque pas de personnalité. Son design singulier, son ergonomie ludique et sa solide autonomie font de lui une alternative rafraîchissante dans un marché souvent formaté.
De même, sa signature sonore « cosy » ravira les amateurs de douceur et de précision. Bien évidemment, tout n’est pas parfait. Bien que correcte, la réduction de bruit reste un cran derrière les références de Sony ou Bose, tout comme la qualité des appels en milieu bruyant.
Sauf que voilà, à 299 euros, le Headphone (1) est le plus abordable des casques premium. Un dernier argument de choix qui ne manquera pas de convaincre les mélomanes désirant à la fois sortir des sentiers battus audio tout en n’explosant pas leur budget.
Nothing Headphone (1)
299 eurosOn aime
- Design plein de personnalité
- Ergonomie ludique et réussie
- Connectivité complète
- Signature sonore précise
- Excellente autonomie
On aime moins
- Non-pliable et un peu lourd
- Léger manque d'aération à l'écoute
- Réduction de bruit perfectible sur les graves et haut-médiums
- Kit mains-libres décevant dans les lieux bruyants

