Entre la sortie de son nouveau casque premium et l’annonce surprise du rachat par Samsung de sa maison mère, la branche audio du groupe Massimo, Bowers & Wilkins est en train de vivre un printemps bien chargé. Et si l’on remonte même les pendules de 12 mois, qui a vu David Beckham devenir l’ambassadeur de la marque, c’est même une année assez riche en nouveautés.
Trois ans après un Px7 S2, et deux ans après une version à peine remaniée, le Px7 S2e, voici que le constructeur anglais décide de se mettre à jour. Et ce, dans une année 2025 plutôt dynamique pour le secteur des casques premium grand public. En effet, 2024 n’a été égayée « que » par la sortie du Sonos Ace. Et 2023, par l’officialisation du Bose QuietComfort Ultra.
Cette année, les annonces s’enchaînent ! En avril, JBL a présenté son nouveau Tour One M3, Sony vient tout juste d’officialiser son WH-1000XM6, tandis que le Sennheiser Momentum Wireless 5 ne devrait pas tarder à pointer le bout de son arceau.
Dans ce contexte, Bowers & Wilkins se lance dans la meute en ayant pris soin de faire des choix forts. Autant en matière de design, d’écoute que de réduction de bruit. Ces paris s’avèrent-ils payants ou au contraire trop clivants ? La réponse dans notre test complet.
Prix et disponibilité du Bowers & Wilkins Px7 S3
Disponible depuis la fin du mois d’avril à 429 euros, le casque Bowers & Wilkins Px7 S3 se décline dans des finitions blanches, noires ou bleues. Aucune augmentation de prix n’est à signaler, puisque les deux modèles précédents (Px7 S2e et Px7 S2) ont été officialisés au même prix.
Un design mature qui s’éloigne des casques geeks
En la matière, il existe clairement deux écoles dans le secteur des casques premium. D’un côté Bose, JBL et Sony privilégient l’aspect technologique en faisant ressortir du produit une allure geek. C’est rassurant, car, de prime abord, on se dit que ces produits seront bourrés de technologies. De l’autre, Apple, Sonos et Bowers misent avant tout sur la noblesse des matériaux et la maturité des lignes.

Dans tous les cas, il est inutile d’avoir fait les Beaux-Arts pour se rendre compte que ce Px7 S3 a fière allure. Sans renier ses devanciers, il apporte son lot d’évolutions appréciables. Au rayon des habitudes, nous retrouvons un tissu maillé sur le pourtour des coques et le haut de l’arceau, ainsi que cette jointure, voluptueusement courbée. Et que dire de ce nouvel effet dentelé qui relie les deux parties de la coque… Jeux de matière, de texture, de couleurs, le Px7 S3 ressemble à une assiette étoilée d’un Michelin.
Toujours aussi souple, l’arceau gagne légèrement en densité, tout comme les coussinets. Ces derniers se parent d’un similicuir d’excellente qualité, ce qui s’avère rassurant sur le long terme. D’autant, qu’ils englobent parfaitement les oreilles, sans forcément les étouffer. Ainsi, l’isolation passif est excellente, mais l’aération aussi. Et pour enfoncer le clou, ce Px7 S3 a la bonne idée de s’alléger par rapport à son devancier, 297 contre 307 grammes.

Sans sourciller, nous pouvons affirmer que le confort est des plus agréables et que la qualité de fabrication est épatante. L’ensemble des matériaux amovibles coulissent sans jeu ni grincements et aucun défaut d’assemblage, même minime, n’est à signaler.
Suffisant pour lui pardonner sa structure non-pliable ? C’est un choix assumé par le AirPod Max d’Apple et le Sonos Ace. Soit les constructeurs de la même école que Bowers. Fort heureusement, la firme anglaise a fait son possible pour rendre la housse de transport plus compacte. Sobre, mais classe, cette dernière prendra tout de même un peu place dans un sac.
Une expérience utilisateur entre polyvalence et modernité
Grâce à sa puce Bluetooth 5.3, développée par Qualcomm, le Px7 S3 est apte à proposer toute la myriade de codecs aptX. Du lossless au HD, en passant par le classique et l’adaptatif. Sans oublier, évidemment, les plus classiques codecs SBC et AAC. Pour le Bluetooth LE Audio, intégrant l’Auracast et le codec LC3, il faudra patienter un peu. Le constructeur affirme qu’une mise à jour du firmware en 2025 s’en chargera. En soi, ce n’est pas un drame, tant cette norme n’est pas encore suffisamment répandue pour en profiter pleinement.

Plus frustrant, Bowers assure également qu’une fonction d’audio spatial devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Pour le coup, c’est ici un peu plus regrettable. En effet, vu que c’est une grande première sur un casque Bowers, nous aurions bien aimé voir, ou plutôt entendre, le résultat. Histoire de le comparer à ce que propose l’AirPod Max, l’Ace de Sonos ou encore le QuietComfort Ultra de Bose.
Fort heureusement, s’agissant des fonctionnalités avancées, le Px7 S3 est à jour en temps et en heure. Connexion multipoint, appareillage rapide Windows et Android ou encore indications visuelles et sonores. Dommage que ces dernières ne soient disponibles que dans la langue de Shakespeare.
Au niveau des commandes, point de tactile, Bowers a toujours fait confiance à sa suite de touches mécaniques. Évolution appréciable, elles ont toutes migré du bas vers le centre des coques. Plus proches du visage, ces commandes tombent mieux sous les doigts. Si la gestuelle est plus naturelle, les boutons sont encore un poil trop discrets. C’est notamment le cas du bouton de navigation. Si bien que, pour avancer ou reculer les pistes, nous nous sommes résolus à utiliser majoritairement notre smartphone.

Enfin, comme ses prédécesseurs, le Px7 S3 propose une écoute en filaire à la fois en mini-jack, mais également en USB-C. Un excellent point auquel s’en ajoute un autre. Contrairement à certains constructeurs qui rognent sur la qualité de ces accessoires, les câbles sont ici à la fois suffisamment épais et longs. Un détail pour certains, un vrai gage de sérieux pour nous.
Le choix de la simplicité pour l’application dédiée
Ici aussi, tout est une question d’école. Alors que les ténors Bose et Sony proposent des applications fourmillantes d’options, avec parfois son lot de fonctionnalités gadgets, d’autres vont droit au but. C’est le cas de Bowers.

Il en ressort une application assez agréable, lisible et ergonomique. Bonne nouvelle, Bowers propose enfin un égaliseur digne de ce nom à 5 bandes, là où l’ancien n’en avait que deux. De même, le constructeur anglais conserve son unicité optionnelle avec la gestion du capteur de port.
Certes de nombreux constructeurs proposent de l’activer ou de le désactiver, mais seul Bowers permet une granularité sur trois niveaux. À ce propos, nous vous conseillons de rester en mode « Bas » ou « Normal ». En effet, en mode « Haut », le casque devient si sensible qu’il coupe parfois la musique lorsqu’on le souhaite simplement ajuster son positionnement sur notre tête.
Une restitution sonore pleine de personnalité
Si pour ses enceintes Hi-Fi, Bowers privilégie avant tout une restitution la plus neutre possible, ce n’est pas le cas pour sa famille de casques. De plus, contrairement à un constructeur comme Bose, la firme anglaise n’est pas du style à nous resservir une signature sonore identique sur plusieurs itérations. Bowers tente, innove, affine pour trouver toujours la restitution qui fera mouche.
Qu’en est-il sur ce PX7 S3 ? Tout d’abord, notons que les traducteurs en biocellulose font toujours 40 mm. Cependant, l’ingénierie s’améliore, puisque Bowers indique avoir changé la conception des aimants et des suspensions. Les premiers sont fondamentaux pour la dynamique et la clarté, tandis que les seconds jouent un rôle non négligeable dans la réduction de la distorsion. Autre nouveauté, loin d’être marginale, un amplificateur est désormais dédié à chaque transducteur.

Dès les premières écoutes, ces évolutions se font rapidement sentir. Le Px7 S3 se montre encore plus énergique et plus batailleur sur les basses. Le son est rond, puissant, mais il sait rester nuancé et détaillé dans la plupart des circonstances. Notons tout de même des basses profondes, la région fréquentielle allant de 40 à 100 Hz, parfois un peu trop généreuses. Certes, cela donne de l’allant et du corps à l’écoute, au détriment d’une perte de naturel, notamment sur les guitares électriques et les grosses caisses.
Plus étonnant, les hautes fréquences, elles aussi, s’offrent un regain d’énergie grâce à la nouvelle architecture audio du casque. D’ordinaire plus doux sur cette zone, Bowers se montre ici un poil excessif. Si cela permet au casque de gagner en précision et en éclat, certaines cymbales peuvent avoir un rendu métallique. Autre conséquence, une légère sibilance s’invite à la fête. C’est notamment le cas sur les sons « s », « z » ou « ss » des voix.

Il faut dire qu’entre ces graves et des aigus, les médiums sont mécaniquement en retrait. C’est bien évidemment nécessaire afin d’assurer l’équilibre tonal. Pour autant, Bowers gère bien ce léger creux dans les bas-médiums. La séparation des instruments sait rester précise, tandis que l’immersion sur les morceaux complexes est bien présente. Si vous aimez la vivacité, le Px7 S3 saura vous combler. Pour les moins téméraires, un petit ajustement en retrait des aigus sur l’égaliseur fera l’affaire. En effet, dans tous les cas, le Px7 S3 propose une écoute de grande qualité.
Une approche audiophile de la réduction de bruit
Si la réduction de bruit améliore le confort d’écoute dans les environnements bruyants, elle introduit également mécaniquement une dénaturation du son. Un écueil dans lequel, le Px7 S3 choisit de ne pas tomber. Bowers le revendique d’ailleurs sans détour. Son but n’est pas de plonger les utilisateurs dans un silence de cathédrale, mais de leur permettre de s’isoler au mieux selon la situation.
Logiquement, le Px7 S3 se montre donc moins auguste que Sony, Bose et Apple en la matière. Cela ne veut pas dire que le casque doit rougir de ses performances. Il s’améliore quelque peu et il annihile avec plus de conviction les nuisances les plus sourdes et les ronronnements de moteurs. Il parvient également à dégrossir d’une meilleure façon le sentiment de proximité des conversations. Par contre, sur les bruits soudains et les discussions non-statiques, notamment dans la rue, il manque parfois de consistance.

De son côté, le mode « Transparent » se voit transfiguré. Plus naturelle, la perception rend possible une conversation en milieu calme ou peu animée. Tout n’est pas parfait, notamment sur la compréhension de l’arrière-plan sonore, mais au moins l’ensemble n’est plus voilé. Idem pour les appels. L’intelligibilité fait un bond en avant et l’interlocuteur ne semble plus nous appeler d’une caverne. Même dans des lieux un peu bruyants, il sera possible de se faire comprendre, malgré quelques fins de phrases mâchées et des intonations parfois nasillardes.
Une autonomie amplement suffisante
Voici un domaine où Bowers & Wilkins n’a pas pris le risque de s’engager à la légère. Officiellement, le Px7 S3 possède sur le papier la même autonomie que le Px7 S2e, soit 30 heures avec réduction de bruit active. Et bien, durant notre mois de test, le casque s’est même révélé meilleur.

Les deux fois où nous avons dû le recharger, il avait réussi à tenir une distance comprise entre 32h et 33h. Même en l’utilisant 5 heures par jour, ce qui est beaucoup, vous n’aurez besoin de lui faire reprendre des forces qu’une fois par semaine. Et si un matin vous êtes pressé, sachez qu’il récupère environ 7 heures d’écoute pour 15 petites minutes de charge. Il faudra donc juste penser à le brancher avant de filer à la douche.
Notre avis sur le casque Bowers & Wilkins Px7 S3
Le ticket d’entrée dans le monde des casques premium grand public est devenu assez élevé, en moyenne autour de 450 euros. Malgré cette addition salée, le Px7 S3 vaut indéniablement son prix. Raffiné et jouissant d’une qualité de fabrication impeccable, il porte sur lui une certaine idée de l’audio haut de gamme.
Cependant, il ne faut pas le réduire à une simple belle coquille. Son ergonomie est appréciable, son autonomie parmi les meilleures et sa connectivité complète. Sans forcément atteindre l’excellence de certains, il propose également sa propre vision de la réduction de bruit. De plus, il a le bon goût de proposer une qualité d’appel et un mode « Transparent », bien au-dessus du lot.
Il n’y a guère que sa signature sonore qui pourrait s’avérer quelque peu clivante. Volontairement coloré, notamment sur les aigus, le Px7 S3 propose une expérience vive, attachante et pleine de vivacité. Et pas toujours de tout repos. Des ardeurs qu’il sera possible d’atténuer sur l’égaliseur selon ses goûts.
Dans tous les cas, saluons à nouveau la maîtrise technique et acoustique de Bowers. Le Px7 S3 est un casque qui saura, sans nul doute, être apprécié à sa juste valeur par les mélomanes pointilleux. Et qui gagnerait à être connu, et reconnu, par tous les autres.
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Bowers & Wilkins Px7 S3
430 eurosOn aime
- Fabrication excellente et design premium
- Excellent niveau de détails sonore et d'immersion
- Amélioration de la niveau de RBA et bonne qualité d'appel
- Connectivité complète
- Excellente autonomie
On aime moins
- Aigus mis en avant et conception non pliable qui pourraient déplaire
- Touche de navigation trop petite
- Application pouvant paraître sommaire