Ayant passé 90% de ma vie de motard sur une Indian Scout Bobber de 1200 cm3, il est facile de se dire que mon avis pourrait être biaisé par la toute-puissance de ce modèle thermique, aussi coupleux que bruyant.
Seulement, la marque américaine Zero Motorcycles a provoqué chez moi un vif intérêt, en proposant des modèles de motos électriques aux performances absurdes, le tout avec une autonomie intéressante. C’est donc dans l’optique de vivre le quotidien d’un motard roulant à l’électrique que j’ai testé la Zero SR/F pendant une semaine.
Un design premium pour une machine imposante
Au premier coup d’œil, la Zero SR/F séduit par son allure résolument moderne. Son design épuré, mariant lignes fluides et angles agressifs, lui confère une esthétique futuriste de roadster haut de gamme.
Les finitions sont soignées et témoignent d’une volonté de positionner le produit sur le segment premium du marché. Visuellement, la machine en impose, malgré son absence de moteur, remplacé ici par une batterie de taille importante.
Un look qui n’aura pas manqué de faire tourner de nombreuses têtes lors de mon passage en toute discrétion acoustique.
C’est surtout au démarrage que la surprise opère avec un silence presque total, uniquement rompu par un léger sifflement électrique. Une absence de bruit déroutante tant l’allure de la SR/F pourrait indiquer de puissants vrombissements de moteurs thermiques.
Une notion de confort toute relative
Qui dit roadster haut de gamme dit roadster tout de même. Ainsi, il ne faut pas compter sur le confort de la selle, celle-ci devenant aussi plate qu’une limande en 30 minutes de pilotage.

En ce qui concerne la position de conduite, j’ai trouvé celle-ci un peu trop en avant. Avec ses performances hors norme, la moto de Zero impose ici des freinages puissants, ce qui dans cette position fait rapidement souffrir les poignets.
L’idéal pour qui souhaiterait faire de la SR/F la moto parfaite, sera donc d’éventuellement changer de guidon pour adopter une position moins sportive, mais aussi d’adopter la selle touring proposée par la marque.
Heureusement, la suspension et la fourche signées Showa assurent un bon compromis entre tenue de route et absorption des chocs. Notons aussi que de série, la moto propose des poignées chauffantes particulièrement utiles afin de prolonger la saison.
J’ai également relevé ici un aspect très plaisant spécifique à la moto électrique. N’ayant pas besoin de place pour y placer y réservoir à essence, la SR/F de Zero se paye le luxe de proposer un “frunk”, ce coffre avant de 3,6 litres dans lequel il sera possible de stocker le câble de charge, ainsi qu’une paire de gants et d’autres petits éléments.
Une moto high tech, mais encore incomplète
Dans ce coffre de réservoir se situent d’ailleurs deux ports USB qui seront utiles pour charger des smartphones. Évoquons maintenant l’interface utilisateur, centrée autour de l’écran TFT couleur de 5” et du système Cypher III+.

L’application Zero Next Gen permet notamment de calculer l’économie réalisée en comparaison d’un modèle à essence, de vérifier l’autonomie restante, mais aussi de programmer la charge pour qu’elle se réalise uniquement pendant les heures creuses.

Étrangement, Zero a décidé de bloquer certaines fonctionnalités derrière un store où il faudra de nouveau passer à la caisse afin d’en profiter. Avec une moto au tarif très élevé, il est regrettable de devoir payer d’autant plus pour profiter par exemple de la charge étendue, qui permet de recharger la SR/F à 110%, et ainsi profiter d’une autonomie plus importante.
On aimera cependant la possibilité de personnaliser les modes de conduite avec beaucoup de précision. Ci-dessous une capture d’écran de notre mode personnalisé appelé “Citron”

Au vu de l’aspect high tech et du tarif premium de la SR/F, le point le plus dérangeant ici est l’absence d’Android Auto et d’Apple Carplay. Une opportunité complètement manquée, quand on sait que cette intégration est disponible depuis plus de 4 ans maintenant sur certains modèles de motos thermiques. Tant pis, il faudra se contenter de l’achat d’un support de smartphone, ou encore se concentrer sur les performances exceptionnelles de la SR/F.
Des performances hors normes pour un comportement parfaitement sain
Sur route, les 110 chevaux délivrés par le moteur électrique m’offrent une expérience grisante. L’accélération est fulgurante, presque violente, sans aucun temps de latence. Le couple instantané de 190 Nm (soit 90 de plus que mon Scout Bobber) nécessite de s’accrocher au guidon, en offrant des démarrages canon et des reprises éclair.

C’est là où les performances délivrées par une moto électrique prennent tout leur sens. Avec une puissance disponible immédiatement et sans délai, il est facile de se tirer de n’importe quelle situation potentiellement dangereuse. La transmission par courroie et l’absence de boite de vitesse offrent une progression linéaire et sans à-coups, un vrai plaisir à la conduite.
Ne pas avoir un bruit d’échappement assourdissant pendant de longs trajets m’a aussi été agréable. Un constat qui souligne l’importance d’avoir un casque ayant une isolation phonique optimale, afin de réduire le bruit du vent.
Le moteur électrique est souple, le châssis de la moto et son comportement parfaitement sain. Il faut dire que la répartition du poids de la moto concentré sur la batterie lui offre un centre de gravité bas. La SR/F de Zero, malgré ses 235 kg sur la balance, propose un excellent équilibre et une maniabilité à toute épreuve.
On appréciera également sa marche arrière pour les manœuvres de stationnement, même si elle nécessite un bon temps d’adaptation, celle-ci étant bien rapide.

La puissance de la machine requiert un freinage efficace, ici assuré par des étriers J. Juan se montrant à la hauteur des performances. J’ai également aimé m’appuyer sur l’une des spécificités d’un modèle sans émissions polluantes : la régénération électrique. Ajustable sur plusieurs niveaux, elle simule un frein moteur efficace quand “la poignée de gaz” est lâchée. Les adeptes de véhicules électriques auront connaissance du concept, qui aide également à récupérer de l’énergie afin d’optimiser l’autonomie de la machine.
Une autonomie plutôt bonne pour une monture électrique
Pour les motards ayant l’habitude de faire de longs road trips, l’autonomie sera le point faible majeur d’un modèle de moto électrique. La SR/F de Zero propose pourtant une batterie importante de 17,3 kWh avec une consommation moyenne selon nos données de 146 Wh/km lors d’un usage mixte. Selon la marque américaine, la moto offre une autonomie de 283 km en ville, et 183 km en usage mixte.
Si cela représente une autonomie plus que suffisante pour les trajets du quotidien, il est difficile d’envisager de longues traversées sans une planification minutieuse. La recharge ne va pas aider à changer cet état de fait, l’option charge rapide (payante) prenant 1h30, et la charge de série prenant 2h40. Autant dire que la bécane n’est clairement pas prévue pour de longues ballades du levé au coucher du soleil, sous peine de devoir attendre sa recharge aussi longtemps que fréquemment.

La SR/F brille dans son utilisation urbaine/balades courtes ou pour des trajets domicile-travail. Ici, l’autonomie n’est plus un problème, et son énergie motrice est un véritable choix confortable. En effet, terminé les arrêts à la pompe où il faut retirer son équipement, risquer de salir son réservoir et encore pire, manquer de chuter à cause des flaques d’essences laissées par des automobilistes peu précautionneux.
Quand on utilise une moto électrique, on la branche le soir pour la retrouver chargée à 100% le lendemain matin. Un véritable plaisir dans l’utilisation de la machine au quotidien.
Un tarif complètement rédhibitoire
Les motards seront de toute évidence encore plus difficiles à convaincre que les automobilistes en ce qui concerne les motos électriques. Clairement, ce n’est pas le coût de la SR/F de Zero qui les incitera à sauter le pas immédiatement. L’édition 2024 de la machine est vendue au tarif exorbitant de 23 190 euros, sans compter les différentes fonctionnalités payantes proposées dans l’application du constructeur.
Il ne faut certes pas oublier les coûts réduits d’utilisation, que ce soit au niveau de l’électricité et des entretiens à un tarif bien inférieur. Il faudra cependant de nombreuses années et des dizaines de milliers de kilomètres avant d’amortir un montant d’achat aussi significatif. S’il fallait lui trouver un équivalent thermique, la Kawasaki Z1000 serait un concurrent tout à fait pertinent.
Avec un tarif à partir de 12 799 euros pour la Japonaise, la société californienne réclame quasiment le double pour son roadster électrique. Autant dire qu’il faudra être sacrément fortuné ou avoir une puissante conscience écologique pour faire le choix de l’électrification ici.
Notre avis sur la Zero SR/F et la viabilité du concept de moto électrique
La Zero SR/F démontre le potentiel hallucinant des performances que peuvent offrir les motos électriques. La moto de Zero procure un plaisir de conduite différent et particulièrement grisant, offrant un confort non négligeable dans son utilisation au quotidien. Cependant, elle met aussi en lumière les défis qui restent à relever en ce qui concerne l’électrification des motos.
Ses performances impressionnantes et son confort de conduite en font une alternative crédible aux motos thermiques pour certains usages, notamment urbains et périurbains. Cependant, l’autonomie limitée et le tarif abusif ne peuvent que freiner l’adoption de ce type de machine.
Trop imposantes et trop chères, les batteries et leur technologie ne sont pas encore suffisamment abouties pour produire des modèles aux tarifs acceptables. Seulement, l’évolution rapide des technologies de batteries laisse entrevoir des progrès significatifs en matière d’autonomie et de temps de charge dans les années à venir. Des technologies comme les batteries solides ou les supercondensateurs pourraient révolutionner le secteur, levant les principaux freins actuels à l’adoption massive des motos électriques.

L’autonomie et le prix devront évoluer significativement pour que le concept enlève chaque doute des motards prêts à sauter le pas. Le développement de l’infrastructure de recharge sera également déterminant dans l’adoption de ce type de machine.
Il faut dire aussi que la moto électrique n’en est qu’à ses débuts, et que cette SR/F offre déjà un bel aperçu des merveilles que peut proposer cette nouvelle technologie. Une chose est sûre : elle ouvre de nouvelles perspectives passionnantes pour l’avenir de la mobilité sur deux roues. Reste à voir si les progrès de demain seront suffisants pour prendre le pas sur la passion des motards pour les vrombissements de moteurs thermiques, ce qui pour l’instant n’est le cas ici, faute d’un tarif prohibitif.
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ZERO SR/F
23 190 €On aime
- Ses performances démentielles
- Sa très bonne maniabilité malgré son poids élevé
- Son esthétique moderne
- Son frunk
- Ses modes de conduites personnalisables
On aime moins
- Son tarif extrêmement élevé
- La selle est très inconfortable
- L'absence d'Android Auto et Apple Carplay
- Les options bloquées derrière un paywall







Bref t’as tester un scooter…
A ce jour, aucune moto n’est électrique..
Impossibilité technique…
Pas de vitesse, pas une moto 😉
Essayez donc une zero, une energica ou une livewire avant de dire importe quoi. Je note au passage des erreur dans les chiffres indiqués, qu’il s’agisse du poids inférieur de près de 10kg, le volume du frunk qui est supérieur ou le fait que la selle d’origine est plutôt assez confortable. A ce demander si l’auteur a vraiment essayé la moto !
“Ne pas avoir un bruit d’échappement assourdissant pendant de longs trajets m’a aussi été agréable”
pour nous (les non motards) aussi…
vivement que les moto et autres 2 roues thermiques aussi soit interdit a la vente… comme les voitures en 2035…
encore les 2 poids 2 mesures de ce gouvernement… comme pour le contrôle technique…
“vivement que les moto et autres 2 roues thermiques aussi soit interdit a la vente… comme les voitures en 2035…”
EDF et Framatome vont être content, il va falloir mettre les bouchées doubles sur la construction des EPR2!
A moins que l’on repasse tous à la charrues à bœuf ???
90% de ta vie de “bébé” motard sur une Indian scout, donc une expérience assez limitée. Même si le moteur électrique est très certainement super, on ne peux pas parler “d’autonomie” avec en engin incapable d’aligner guère plus de 150 km d’affilié… Le temps de charge est lui aussi rédhibitoire, un plein de carburant, c’est 5 minutes. Mes motos ont toutes des réservoirs de plus de 20 litres, donc au moins 300km, un autre monde… Quand au tarif, autant acheter un Goldwing d’occasion et savourer son fabuleux 6 cylindres.
Décidément, très peu pour moi ce genre de “moto”, à cantonner à rien de plus que de la mobilité urbaine pour de richissime bobos écolos
Le choix de cette moto Zero était étrange.
La Livewire One de Harley Davidson est bien plus proche de ce qu’on peut attendre d’une moto électrique. Elle charge en CCS ce si permet de remettre 50% de charge en 25 minutes, le temps d’une pause café quoi. On peut donc charger sur du réseau Tesla également. Avec des stats équivalents en puissance et autonomie (200 sur dpt et 300 en ville), on peut l’utiliser au quotidien comme se faire une balade de 300-400 km avec des motos thermiques.
Je connais des motards qui ont laissé Zero pour se tourner vers Livewire ou Energica. Ces dernières permettent de plus longs trajets.
Petit rappel de la réalité: une moto c’est moins de 4000km/an dont essentiellement des petites balades ainsi que du trajet boulot. Voir stats sécurité routière.
La fantasme des vacances en routière ne concerne presque personne (environ 10% des motards gros cube).
Ces bécanes sont tout à fait adaptées à 90% des motards. Le problème reste le prix.
La SR-F est une bonne moto, mais c’est très loin d’être la meilleure électrique. Ensuite un essai de 30 minutes c’est juste une prise en main, beaucoup trop court pour donner un avis pertinent sur la capacité de cette moto sur capacité sur long trajet. Et pour finir quand on a passé 90% de son temps sur la même moto on est pas très bien placé pour faire une comparaison exhaustive.