L’art de “bien s’entendre avec soi-même”. Après 500 jours dans une grotte, l’Espagnole Beatriz Flamini est finalement remontée de son séjour à plus de 70 mètres de profondeur dans la roche près de Grenade dans le sud de l’Espagne. Elle devrait d’ici peu valider le record du monde de temps passé en solitaire volontairement, sans contact avec d’autres humains, sans notion de temps ni exposition à la lumière naturelle. Pour son exploit, les télévisions et les médias du monde entier étaient présents, ses premiers mots ont eu de quoi rendre perplexe.
“Dans le silence, la simplicité, seule avec moi-même” expliquait-elle, elle a passé près de deux ans que très peu d’individus pourraient supporter. Après deux mois, sa notion du temps avait disparu, faute de pouvoir suivre au moins les cycles du jour et de la nuit. Pour faire passer le temps, elle expliquera avoir lu pas moins de 70 livres, tricoter des bonnets et des chaussettes. Au moment où son aventure débutait, le 20 novembre 2021, le monde entier était encore plongé dans la pandémie, il n’y avait pas encore la guerre en Ukraine, les taux directeurs des banques centrales étaient au plus bas et ChatGPT était encore inconnu du grand public.
Digne d’un film, l’aventure de l’athlète s’est soldée par une interruption dans sa lecture, expliquait-elle. En train de somnoler, l’équipe chargée d’aller la chercher après 500 jours ne lui ont pas permis de finir l’un de ses livres, ce qui lui aura donné l’occasion de dire aux journalistes une fois sortie : “je ne voulais pas sortir”. En revanche, pour elle, l’idée de revoir ses proches, ses collègues et de prendre une douche la réjouissait aussi. Tout comme de savoir “qui achète la bière ?”, blaguait-elle au moment de sortir de sa cachette souterraine.
D’autres expériences de confinement sont régulièrement effectuées par les scientifiques et beaucoup de cobayes ont déjà pu partager leur expérience, tel que ce témoignage en conférence TEDx. À l’heure actuelle, les missions les plus populaires sont celles en préparation des futurs voyages vers Mars. Pour pouvoir imaginer ce que serait un voyage de cette ampleur, il faudrait compter entre un an et 500 jours. Une expérience, donc, que Beatriz Flamini a quelque peu expérimenté, peut-être bien dans des conditions encore plus difficiles.
Sa philosophie l’a particulièrement aidé. Mais pour d’autres, cela paraîtrait juste impossible : dans la grotte, l’athlète expliquait qu’elle avait pris l’habitude de se parler à elle-même, mais jamais à voix haute. Dans cet environnement qui n’était pas “sa maison”, elle expliquait vouloir rester cohérente entre elle, son objectif et son environnement, et dans le respect du lieu et de son propre équilibre. L’une de ses autres volontés, tout aussi radicale, fut de ne recevoir aucune information du monde extérieur – même si cela impliquait la perte d’un proche.
“Comment vous sentiriez-vous si vous aviez un rêve et que vous le réalisiez ? Sortiriez-vous en pleurant ?” répondait-elle enfin, à un journaliste qui lui demandait pourquoi se trouvait-elle si heureuse et en forme à sa sortie. Respect.
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