En théorie, tout était très simple. Le gouvernement japonais a demandé aux habitants de se procurer une carte d’identité numérique, sans quoi ils perdraient leur accès à l’assurance maladie publique. Équipée d’une photo et d’une puce, cette dernière est utilisée pour accéder au système de santé, et comme permis de conduire.
Le gouvernement japonais temporise
Mais cette initiative ne se fait clairement pas sans heurts. De très nombreux japonais refusent en efet cette transition et expriment de vraies craintes quant à la protection de leurs vies privées suite à la mise en place de ce dispositif.
Comme le détaille l’agence de presse AP, alors que la procédure a été lancée en 2016, seulement la moitié des locaux ont adopté cette carte d’identité numérique. Les autres préfèrent passer par des formulaires papiers avec une identification à l’ancienne réalisée avec des tampons.
La riposte s’organise même du côté des citoyens, et une pétition d’opposition à ce nouveau système a déjà recueilli un peu de plus de 100 000 signatures en quelques jours. Comme l’expliquent nos confrères, cette levée de boucliers s’explique par un manque de confiance des Japonais vis à vis des autorités. Dans un pays profondément marqué par la dictature du siècle dernier, les excès possibles du gouvernement sont scrutés de près.
Sur place, on note aussi un attachement aux documents papiers qui sont souvent conservés et classés méticuleusement par les Japonais. Ce qui fait dire à Nobi Hayashi, un expert consulté par AP : « Ils continuent à échouer dans tout ce qui est numérique et nous n’avons aucun souvenir d’une transformation numérique réussie par le gouvernement ».
L’agence cite ainsi l’exemple de Saeko Fujimori, qui travaille dans le secteur des droits d’auteurs musicaux. Ce dernier rechigne à demander les numéros de cartes à ses interlocuteurs et explique que beaucoup refuseraient. « Il y a une puce électronique, et il peut donc y avoir de la fraude », souligne-t-il. Avant d’expliquer qu’il n’a pas l’intention d’obtenir ce nouveau document numérique.
Conscient du danger, le premier ministre Fumio Kishida a temporisé ce lundi. Il a déclaré au Parlement que même si les anciennes cartes d’Assurance maladie seront progressivement supprimées, les habitants pourront toujours accéder à des soins de santé s’ils cotisent au régime.
Cette nouvelle affaire illustre en tout cas les difficultés actuelles du Japon dans le domaine des nouvelles technologies. Jadis dominant, le pays fait aujourd’hui face à de lourds défis. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez d’ailleurs relire notre analyse dédiée ici.
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Bonjour, attention aux articles traduits à la hâte : l’article comporte des fautes et Saeko est un prénom japonais féminin. Cette personne est bien désignée par “she” dans l’article en source. Merci 🙂