Le 10 septembre dernier, la mission Polaris Dawn de SpaceX prenait son envol depuis Cap Canaveral en Floride. À bord de la capsule Crew Dragon, quatre novices, des touristes spatiaux d’un nouveau genre. Parmi eux, le milliardaire Jared Isaacman, qui a financé toute l’opération de sa poche.
Après un premier vol avec Inspiration4, le futur patron de la NASA, a voulu remettre le couvert, avec une mission encore plus risquée. L’apothéose de Polaris Dawn devait avoir lieu quelques jours après le décollage, avec une EVA, une sortie dans le vide de l’espace. En plus d’Isaacman, Sarah Gillis, une ingénieure de SpaceX, membre de cette mission, a profité de quelques minutes flottant dans l’espace.
Un black-out à H-1
Mais tout ne s’est pas passé comme prévu au cours de ces 5 jours dans l’espace. Dans un nouveau rapport sur le vol, l’agence de presse Reuters révèle que les 4 astronautes à bord ont été coupés du monde pendant près d’une heure. Un « black-out » qui serait dû à une panne de courant dans le centre de contrôle de SpaceX.
Selon une source anonyme, les ingénieurs auraient mis de longues minutes avant de reprendre le contrôle à distance de l’appareil. Bien que les 4 apprentis astronautes à bord aient été formés pour faire face à ce genre de situation extrême, ce ne sont pas des professionnels, et ils ne peuvent donc pas réagir comme tels.
La NASA rapidement avertie
Si cette coupure des communications entre le vaisseau et la Terre est restée sans conséquence pour cette mission Polaris Dawn, achevée le 15 septembre dernier, elle pose néanmoins des questions pour le futur. La NASA, qui utilise cette même capsule Crew Dragon pour envoyer ses astronautes dans l’ISS, a rapidement été informée du problème et ne semble pas avoir réagi d’une quelconque manière.
L’agence spatiale américaine fait confiance à SpaceX depuis des années, pour diverses missions. Le transport des astronautes vers l’ISS est l’un des plus gros contrats de l’entreprise et en l’absence de réel concurrent, SpaceX n’a pas trop d’inquiétude à avoir.
En novembre un groupe de sécurité affilié à la NASA a néanmoins émis une alerte auprès des cadres de SpaceX. Le rapport confidentiel précise que l’entreprise privée doit garder « la sécurité de ses équipages » comme priorité absolue, devant la rentabilité économique et la volonté d’aller toujours plus vite, plus haut et plus loin.
La NASA a payé le prix fort de cette politique trop agressive. Dans le monde spatial, la moindre erreur, la moindre économie peut avoir des conséquences désastreuses. C’est notamment ce qui s’est passé en 1984 avec l’accident de la navette Challenger, causé par un joint défectueux qui ne coûtait pourtant que quelques dollars à remplacer. Des alertes avaient été émises à l’époque, notamment par des sous-traitants, mais la NASA les a ignorées.
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