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La Chine et la Russie veulent installer une centrale nucléaire… sur la Lune

La prochaine grande bataille pour la suprématie spatiale ?

Pendant que la NASA s’active à préparer son grand retour sur la Lune avec le projet Artemis, Pékin et Moscou regardent aussi la Lune, mais pas pour les mêmes raisons. Les deux puissances veulent ériger une base permanente au pôle Sud lunaire, et l’alimenter non pas avec des batteries solaires classiques, mais avec un réacteur nucléaire posé à même le sol lunaire.

Une idée complètement folle il y a encore quelques années, mais qui fait l’objet aujourd’hui de présentations publiques devant les grandes puissances spatiales.

L’atome comme arme de domination spatiale

L’ambition des deux pays : construire d’ici 2035 l’International Lunar Research Station (ILRS), un avant-poste scientifique permanent sur notre unique satellite. À Shanghai, Pei Zhaoyu, ingénieur en chef de la mission Chang’e-8 prévue pour 2028, a montré la feuille de route : infrastructures au sol, panneaux solaires à grande échelle… et surtout, la possibilité d’installer un réacteur nucléaire pour garantir une autonomie énergétique totale.

L’annonce a été faite devant 17 pays partenaires, ce qui contraste fortement avec la communication habituellement plus contrôlée de la Chine concernant ses projets spatiaux.. Si l’on écarte la station spatiale Tiangong, les missions lunaires Chang’e ou les vols habités Shenzhou, qui ont été largement médiatisés à l’échelle internationale, le degré d’ouverture de cette déclaration est assez inhabituel.

La Russie, elle, joue cartes sur table : Roscosmos prévoit déjà de construire un réacteur lunaire avec la Chine. « Quand il s’agit d’envoyer des centrales dans l’espace, la Russie garde une longueur d’avance sur les États-Unis », glisse Wu Weiren, Concepteur en chef du programme spatial lunaire chinois.

Vers une nouvelle bataille pour le contrôle lunaire

Derrière cette coopération russo-chinoise, une autre course s’accélère, moins officielle, mais tout aussi féroce : celle contre les États-Unis. Le calendrier lunaire de Pékin (envoyer des astronautes d’ici 2030) s’aligne presque parfaitement avec le programme Artemis, qui vise décembre 2025 pour ramener des Américains sur la surface lunaire. L’objectif n’est pas seulement scientifique ou technologique : il est géopolitique.

Ce léger décalage dans les dates est un rideau voilant une rivalité frontale ; il ne s’agit plus simplement de retourner sur la Lune pour marquer l’Histoire, comme en 1969. Il faut maintenant s’y installer durablement, d’y construire des infrastructures énergétiques, scientifiques, peut-être même industrielles. Autrement dit, de prendre position.

Ni Pékin, ni Moscou n’avance à l’aveugle dans cette aventure. Poser une base alimentée par une centrale nucléaire sur la Lune, c’est abattre une lourde carte, capable de garantir à long terme une présence autonome sur le sol lunaire, sans dépendre des aléas environnementaux ni des soutiens terrestres. Surtout si, comme l’espère Pékin, leur base devient un jour un carrefour scientifique ouvert à 50 pays et 5 000 chercheurs sous la bannière du futur « 555 Project ».

Poser un pied ou un drapeau sur la Lune n’est aujourd’hui plus suffisant ; si le projet ILRS réussit, cette victoire sera unique dans l’Histoire humaine. Ceux qui maîtriseront l’énergie sur la Lune, seront aussi ceux à contrôler la première vraie extension de l’infrastructure humaine hors de la Terre. Ils pourront aussi se permettre de décider qui fera partie de l’avenir de la conquête spatiale… et qui regardera depuis le plancher des vaches.

  • La Chine et la Russie ont pour projet l’installation d’une base nucléaire sur la Lune pour garantir leur autonomie énergétique.
  • Derrière la coopération affichée, c’est une véritable rivalité avec les États-Unis qui se joue autour de l’occupation durable du sol lunaire.
  • Maîtriser l’énergie sur la Lune revient à prendre la main sur la prochaine étape de la présence humaine hors de la Terre.

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