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La demande en carburant recule, mais c’est encore (très) insuffisant

La demande en carburant a légèrement reculé depuis le début de l’année. Toutefois, la transition énergétique exige des efforts beaucoup plus importants.

  • Depuis le début de l’année, la demande en carburants (essence, diesel…) a reculé de 1,7% depuis le début de l’année 2023
  • Un chiffre en hausse par rapport à 2022 – mais qui semble rester encore plus conjoncturel que réellement lié aux efforts de transition énergétique
  • Pour parvenir aux objectifs fixés par le gouvernement, il faudra que la demande baisse d’au moins 40% d’ici 2035

La bonne nouvelle est en trompe-l’oeil : la demande en carburant baisse pour la deuxième année consécutive en France ; même s’il faudra attendre la fin de l’année 2023 pour le confirmer, les sept premiers mois de l’année marquent une baisse de l’ordre de 1,7% de la demande en essence et diesel.

Le chiffre suit une année 2022 avec une baisse de la consommation de 1,6% par rapport à 2019. On est en effet ici forcé de sauter quelques années, étant donné que la pandémie avait conjoncturellement forcé les automobilistes à rester confinés, et donc à ne pratiquement plus acheter d’essence du tout. Or, des questions subsistent autour de cette baisse.

La consommation de carburant baisse quatre fois moins vite que prévu

En effet, la transition des automobilistes vers des modes de transports plus propres (abandon de la voiture au profit des transports en commun, achat d’une voiture électrique, etc…) ne semble que l’un des facteurs d’explication de cette tendance depuis l’année dernière.

Olivier Gantois, président de l’UFIP, l’organisation qui représente le secteur français du pétrole, estime d’ailleurs lui aussi dans les colonnes des Echos que “le renouvellement du parc automobile avec des véhicules plus efficaces, le déploiement des mobilités douces ou encore des véhicules électriques tirent structurellement la demande à la baisse mais de façon modeste”.

Le prix des carburants qui s’établit de nouveau autour de 2 € le litre semble aussi largement jouer dans cette évolution. Et le responsable de rappeler que “les achats de carburant sont contraints”. Les personnes les plus impactés par la hausse du prix à la pompe ne peuvent par exemple souvent pas pour autant se passer de leur voiture, et se contentent à la place de réduire leurs déplacements non essentiels entre autres astuces pour diminuer leur consommation.

Ce qui ne signifie pas qu’ils rognent toujours sur les déplacements liés aux loisirs ou aux vacances. Or, tout indique que le prix élevé des carburants est là pour durer. En effet, les décisions stratégiques autour de la transition énergétique s’accompagnent d’une baisse drastique des investissements autour du pétrole.

Il y a aussi l’effet de l’inflation, qui impacte le coût du raffinage, de transport, et de distribution. Et surtout, le prix du baril qui évolue en ce moment dans la tranche 80-90 euros. Ce tarif élevé est en partie dû à la guerre en Ukraine et la réorganisation de la production de pétrole. Mais aussi en partie là encore à la transition énergétique.

En effet, avec, transition oblige, la perspective de revenus pétroliers en baisse, les pays producteurs de pétrole ont plutôt intérêt à maintenir un cours du baril élevé pour le moment. L’OPEP a ainsi décidé de diminuer les quotas de production des pays membres, afin de maintenir les tarifs souhaités.

Or, la baisse annuelle de la demande en carburant, si elle s’amorce bel et bien, reste largement insuffisante par rapport aux objectifs de transition. Il faudrait que la demande chute de 40% d’ici 2035 pour rester dans la trajectoire fixée par le gouvernement. Ce qui signifierait en moyenne se placer plutôt une baisse annuelle de la demande multipliée par quatre selon l’UFIP.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Mouais, faire baisser la vente des carburants de manière drastique va faire augmenter leur coût car les distributeurs vont vouloir privilégier leur niveau de recettes !

  2. Le gouvernement et ceux qui relaient leurs foutaises nous prennent vraiment pour des lapins de 6 semaines !
    Arrêtez de culpabiliser les automobilistes et dites leur enfin la vérité sur les VE, càd que c’est une vaste fumisterie qui privera énormément de gens de leur liberté de déplacement et de leur liberté au sens intrinsèque du mot.

Les commentaires sont fermés.