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La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre : satire trop sur la corde ? (critique)

Disponible depuis le 28 janvier dernier sur Netflix, La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre jongle à merveille avec tous les clichés du genre policier. Découvrez notre critique de la mini-série avec Kristen Bell.

Netflix sait faire preuve d’autodérision et ça fait plaisir. Disponible sur la plateforme de streaming depuis le 28 janvier dernier, La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre a réussi à séduire les abonnés en se hissant à la deuxième place des séries les plus regardées sur Netflix. La mini-série se fait une place dans le top 10 des séries les plus regardées dans 48 pays et décroche la cinquième place en France. Alors forcément, avec un tel succès et un nom à rallonge, ​​La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre a titillé notre curiosité. Voici ce que nous en avons pensé.

Des clichés, en veux-tu en voilà

Avec La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre, Netflix se moque ouvertement des thrillers et polars comme son film La Femme à la Fenêtre, à retrouver sur la plateforme depuis mai dernier. La mini-série reprend ainsi tous les codes et autres clichés du genre à outrance pour nous faire sourire, voire rire.

Dans La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre, Anna se réfugie dans le vin rouge pour affronter la mort de sa fille et la rupture avec son époux et observe le monde depuis son salon. Dans un quartier résidentiel américain classique rappelant Whisteria Lane dans Desperate Housewives, Anna croit voir le bout du tunnel lorsqu’elle rencontre son nouveau voisin, ultra canon, et son adorable petite fille. Ça y est, la famille parfaite, c’est pour elle. Oui mais… Un soir, Anna est témoin d’un meurtre. Du moins, elle en est persuadée. Mais personne ne la croit.

Ainsi, comme dans La Femme à la Fenêtre ou encore La Fille du Train, La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre reprend le cliché de l’héroïne féminine plongée dans une spirale autodestructrice après des événements sincèrement tragiques qui se retrouve témoin de quelque chose d’étrange. Famille brisée ? Check. Penchant pour la bouteille ? Check. Voisin sexy ? Check. Peintre en panne créatrice ? Check. Meurtre ? Check.

Une parodie subtile

Plus on avance dans cette série de seulement 8 épisodes d’une trentaine de minutes, plus on plonge dans l’absurde. Pourtant, tout est extrêmement bien dosé et équilibré pour que cette parodie reste subtile. De ce fait, La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre n’en fait pas trop, au contraire. Si bien que le doute persiste parfois.

Quelques détails, trop grossiers pour être sérieux, nous rappellent à l’ordre comme les causes de la mort de sa fille, l’homme à tout faire qui peine à réparer une simple boîte aux lettres (sérieux, ça prend autant de temps ?) ou un saladier rempli de bouchons de bouteilles de vins pour appuyer l’alcoolisme d’Anna. Et on ne vous parle même pas du nombre de plats à gratins dont dispose la protagoniste (la chance !).

Si l’ombrophobie (phobie de la pluie) dont souffe Anna est une maladie bien réelle, sa mise en lumière dans la série est poussée à l’extrême pour nous faire sourire. Les plus attentifs remarqueront par ailleurs que l’épitaphe sur la tombe de la fille d’Anna change à chaque fois, et devient de plus en plus insensée (pour une épitaphe, du moins).

Kristen Bell dans La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre
© Netflix

Mais tout le charme de La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre se loge dans l’interprétation impeccable de Kristen Bell. Le personnage imparfait d’Anna tend à nous rappeler Eleanor Shellstrop dans The Good Place. Sans en faire des caisses, l’actrice joue son rôle à merveille et porte presque à elle seule la série. Sans elle, le côté satirique subtil de La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre n’aurait peut-être pas été aussi évident…

Bien qu’on ait affaire à une série parodique, on finit par se prendre au jeu et à vouloir percer les mystères de La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre. Et on sait d’avance que l’issue de la mini-série sera absurde. Mais tant pis ! D’ailleurs, si vous avez vu La Femme à la Fenêtre, vous aurez une longueur d’avance sur les autres spectateurs pour lever le voile sur l’enquête d’Anna.

On reprochera plusieurs incohérences dans le scénario qui ne sont pas justifiées par le fait qu’il s’agit d’une parodie. Mais ce n’est pas grand-chose par rapport au reste… Autre point d’ombre : une fin qui laisse supposer une potentielle suite, alors qu’on nous a vendu La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre comme une mini-série.

Verdict : faut-il voir “La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre” ?

Gardez en tête qu’il s’agit d’une subtile parodie et foncez découvrir La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre. Décalée, cette mini-série saura vous décrocher plusieurs sourires (et rires tant certains moments sont grotesques) tout en vous tenant en haleine jusqu’au dénouement.

De plus, avec seulement 8 épisodes d’une trentaine de minutes, vous pliez ça en quatre heures. C’est plutôt agréable ! La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre doit son succès à un bon équilibre entre la comédie et le polar, avec de nombreux clichés (c’est le principe) sans tomber dans le lourd. Et forcément, le jeu de Kristen Bell est impeccable et vient sublimer le tout. Si vous avez 4 heures à tuer, c’est le moment.

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La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre

7.5

Note Globale

7.5/10

On aime

  • Une Kristen Bell en grande forme
  • Un bon équilibre dans la parodie
  • Un binge-watching en bonne et due forme (en 4h, c'est plié)

On aime moins

  • Certaines incohérences dans le scénario (la parodie ne justifie pas tout)
  • Une fin qui laisse penser à une suite
3 commentaires
3 commentaires
  1. J’ai regardé parce que j’adore Kristen Bell. Mais j’ai trouvé la série dun ennuie profond. L’article parle d’une parodie subtile. Je ne suis pas d’accord. Quelques blagues un peu potaches n’en font pas une parodie subtile, juste une parodie loupée.
    Ce n’était ni une bonne parodie, ni un bon policier.

  2. Pas tout à fait d’accord la parodie est trop subtile et si on ne se convint pas que c’est une parodie la série se prend rapidement au 1er degré, les running gag et autre twist tournent alors un peu au ridicule ou décrochent éventuellement un sourire.

    Idem pour le “caméo” à la fin, c’est au détour d’un article sur le web que j’ai compris l’intention.

    Néanmoins on passe un bon moment, Kristen Bell est juste et son personnage plutôt attachant, et l’intrigue nous donne envie d’aller à la fin de la série.

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