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La France emprunte plus cher que LVMH et Airbus : pourquoi c’est un très mauvais signal ?

Le problème de la dette devient de plus en plus concret.

C’est une situation pour le moins exceptionnelle qui a été relevée par la banque d’affaires Goldman Sachs. Et pour cause, l’État français emprunte désormais plus cher sur les marchés financiers que les fleurons tricolores et européens, qu’il s’agisse d’Airbus, de L’Oréal, ou de LVMH. S’il ne faut pas sombrer pour autant dans le catastrophisme, il s’agit en revanche d’une mauvaise nouvelle pour l’avenir. Faisons le point.

Comme l’ont relevé les banquiers américains, les prêteurs font donc désormais davantage confiance à ces grandes entreprises qu’à l’État français pour les rembourser. C’est tout simplement improbable en matière économique, car les agents accordent normalement plus de crédit aux nations qu’aux sociétés qui sont par nature bien moins durables et exposées aux risques.

Le cercle vicieux du remboursement de la dette

Bien sûr ce basculement est lié à la dégradation de la note financière par l’agence Fitch en fin de semaine dernière et aux soubresauts politiques. Il n’est donc pas certain qu’il s’inscrive sur la durée. Il illustre aussi une vraie solidité de la part des entreprises ainsi valorisées, qui sont des marques mondialement connues.

Le site Capital, rapporte à cet égard qu’il y a 80 entreprises de la zone euro qui empruntent moins cher que l’État français. Cela dit, d’autres compagnies de taille bien plus modestes peuvent payer le prix de cette instabilité. Ainsi, bon nombre de PME voient leur taux d’intérêt grimper en flèche avec de vraies difficultés à la clé.

Pour la France, le problème se pose aussi désormais à très court terme. Comme l’expliquait l’économiste François Lenglet sur RTL, l’État doit en effet emprunter 300 milliards d’euros cette année, soit quinze de plus qu’en 2024 et 30 de plus qu’en 2023. La dette pourrait atteindre le palier des 3500 milliards d’euros en décembre prochain et elle est surtout creusée par un poste peu connu : celui du remboursement de la dette et des intérêts qui atteindra 55 milliards d’euros cette année.

Or, comme l’expliquent de nombreux économistes, l’endettement ne serait pas si problématique s’il servait à investir dans des secteurs d’avenir ou dans les services publics afin de générer de la croissance et des revenus à plus long terme. Mais, si l’on s’endette pour rembourser la dette, s’enclenche alors un cercle vicieux dont il peut être difficile de sortir.

Ce qu’il faut retenir :

  • Des banquiers de Goldman Sachs ont noté que de grandes entreprises comme LVMH et Airbus empruntent désormais à un taux plus bas que la France
  • C’est une situation très rare en matière financière
  • Un des plus gros soucis pour l’État français est qu’il s’endette pour rembourser sa propre dette et non pour investir dans l’avenir

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