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- Développée par des étudiants de Georgia Tech, Lunar Flashlight devait cartographier la glace d’eau dans les cratères obscurs du pôle sud de la Lune avec un laser
- Or, après plusieurs mois de tentatives infructueuses, la NASA a finalement mis fin à la mission en raison d’un souci avec les propulseurs de la sonde
- La mission avait été lancée en décembre 2022 avec une fusée SpaceX Falcon 9 mais des problèmes techniques sur le CubeSat ont été identifiés peu de temps après le décollage
La NASA vient d’annoncer le 12 mai 2023 la fin de la mission Lunar Flashlight, qui devait explorer et localiser les dépôts de glace d’eau sur la Lune, selon le site SpaceNews. La décision a été prise cinq mois après le lancement de la sonde spatiale, qui n’a jamais réussi à se placer en orbite autour de la Lune à cause d’un problème de propulsion. Lunar Flashlight était une mission à faible coût, basée sur un CubeSat, une petite sonde spatiale de la taille d’une valise.
Elle devait utiliser quatre lasers fonctionnant à quatre longueurs d’onde infrarouges différentes pour différencier la glace d’eau du régolithe en scrutant les régions du pôle sud de la Lune plongée dans une obscurité permanente. Ces régions sont considérées comme des sources potentielles d’eau pour les futures missions habitées du programme Artemis.
Pourquoi la Nasa met fin à cette prometteuse mission
Hélas, la sonde spatiale a rencontré des problèmes techniques peu après son lancement en décembre 2022 avec une fusée SpaceX Falcon 9. Son système de propulsion, qui utilisait un carburant non toxique appelé ASCENT (Advanced Spacecraft Energetic Non-Toxic), n’a pas produit la poussée nécessaire pour placer la sonde en orbite halo rectiligne proche (NRHO) autour de la Lune.
Les ingénieurs ont pourtant tenté pendant plusieurs mois de résoudre le problème, attribué à la présence de débris bloquant les conduites de carburant. Le JPL de la NASA a même tenté une manœuvre de la dernière chance pour débloquer les obstructions en augmentant la pression des pompes à carburant au-delà des limites opérationnelles tout en ouvrant et en fermant les vannes. Cette technique, essayée sur l’un des quatre propulseurs de la sonde, avait montré un certain succès, produisant parfois des niveaux accrus de poussée.
Mais ces efforts n’ont pas suffi à maintenir la sonde dans le voisinage de la Lune, conduisant la NASA à prendre cette décision difficile. Les responsables de la mission avaient déjà dû renoncer à plusieurs de leurs objectifs pendant ce temps. Ils avaient ainsi renoncé à placer la sonde en orbite NRHO (orbite de halo presque rectiligne) comme prévu initialement avec un système de propulsion fonctionnel. Mais ils espéraient quand même placer le CubeSat en orbite terrestre éloignée, lui permettant de faire, a minima, des survols mensuels du pôle sud lunaire.
La cause exacte de la présence de débris dans le système de propulsion n’est pas claire. Daniel Cavender, qui était le responsable du système de propulsion du CubeSat au sein de la Nasa NASA – et est désormais directeur de Rubicon Space Systems, une division de Plasma Processes LLC qui commercialise le système de propulsion du CubeSat – note que les contraintes imposées par le design de la sonde empêchaient les ingénieurs de mettre des filtres sur toutes les lignes de carburant :
“En raison des contraintes de taille, nous n’avons pas pu mettre des filtres partout. Nous avons donc beaucoup compté sur le nettoyage de précision, les inspections et le contrôle de la contamination. Mais il y a eu un problème dans le processus”, explique le responsable.
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Comment dépenser inutilement des millions, voire de milliards, pour l’exploration spatiale, quand on n’est même pas capable de faire de même pour s’assurer que la terre soit encore habitable dans 100 ans.
Je suis fan de SF et ça me fait mal de le dire, mais tous ces projets extra planétaires semblent bien dérisoires face aux enjeux du 21è siècle.