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La « passion economy », nouvel eldorado des entrepreneurs indépendants ?

Éditeurs de newsletters payantes, influenceurs avec audience privée, coaches, infopreneurs, ils ont tous un point commun : monétiser directement un talent auprès d’une communauté.

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C’est l’histoire d’entrepreneurs malgré eux. Une histoire sans fin qui existe depuis qu’internet existe et a permis à des milliers d’indépendants de faire de leur passion ou de leurs centres d’intérêts leur principale source de revenus. Il y a quinze ans ils étaient blogueurs, puis la génération suivante a commencé à monétiser ses talents sur les sites de « gig economy » comme Fiverr, puis ils sont devenus YouTubeurs, influenceurs, et pour certains dropshippers.

Il sont désormais éditeurs de newsletters payantes, infopreneurs, formateurs ou profs.

Ce qui fait beaucoup de vocables pour caractériser ce que certains observateurs commencent à considérer comme une tendance à suivre des années 2020 : la passion economy, qui permet à des indépendants de monétiser leurs talents auprès de communautés ciblées.

Mais de quoi s’agit-il exactement ?

J’ai commencé personnellement à m’intéresser au sujet depuis que j’ai lancé ma newsletter Citronium puis que j’ai commencé à travailler sur mes propres formations.

L’un des totems de cette tendance est la plateforme de newsletter Substack, qui permet à de nombreux éditeurs et journalistes indépendants ou ayant quitté leur emploi de vivre de leurs contenus via un abonnement payant. Une plateforme lancée il y a deux ans et qui compte déjà des milliers d’éditeurs de newsletters indépendantes, dont certains monétisent leur production à travers un abonnement payant. Et ça marche ! Bill Bishop, auteur de la newsletter Sinocism – une infolettre spécialisée dans l’économie chinoise et ses relations avec l’occident – réalise plus de 500 000 dollars de chiffre d’affaires par an grâce aux abonnements des lecteurs.

Côté formations, nombreux sont les créateurs de contenus sur Podia, une plateforme de cours vidéo et d’abonnements numériques, qui gagnent plus de 100 000 dollars par an en commercialisant leurs savoirs et autres tutoriels. Pendant ce temps, certains enseignants américains gagnent des milliers de dollars par mois en enseignant des classes virtuelles en direct sur Outschool et Juni Learning.

Il y a aussi l’exemple d’influenceurs qui créent leur communauté d’abonnés payants, comme la française Ophélie Duvillard qui a créé deux “Hidden Clubs” payants sur WhatsApp, dans lesquels elle communique en direct avec sa communauté moyennant pour ses fans un abonnement de 10 euros par mois.

C’est aussi Twitch et son modèle de paiement au stream.

Des nouvelles plateformes numériques qui permettent aux créateurs de gagner leur vie d’une manière qui met en valeur leur individualité. Ce faisant, elles alimentent un nouveau modèle d’entrepreneuriat basé sur Internet.

Être payé directement pour ses talents, sans dépendre des plateformes

Qu’y a-t-il de si nouveau dans cette passion economy ? Essentiellement le mode de rémunération. Les créateurs qui publient sur ces plateformes tournent le dos aux réseaux sociaux et aux blogs comme premier canal de diffusion. S’il continuent à utiliser Facebook, YouTube ou Instagram, ou s’ils continuent à éditer un blog, c’est davantage en support de leur visibilité que pour essayer d’en faire une activité principale génératrice de revenus. Une génération qui n’a plus envie de s’épuiser à entrer dans une course à l’audience de masse et à produire des contenus gratuits les rendant dépendants des algorithmes des plateformes et des caprices des régies publicitaires, sans aucune garantie de succès ou de reconnaissance en retour. Une génération de créateurs qui préfèrent travailler leurs talents et créer un lien fort – et rémunérateur – avec leur base de fans.

Leur crédo : mieux vaut avoir mille vrais fans qui vous paient 100 euros par an que 100 000 fans pour lesquels YouTube vont donne royalement quelques centimes par vidéo vue. Bref, des producteurs de contenus qui veulent être rémunérés directement – et équitablement – pour leur travail et ne pas dépendre de la pub, ou de Facebook ou Google.

Ce modèle  est-il viable ? Aux États-Unis oui, car les internautes n’hésitent pas à sortir leur portefeuille pour soutenir une personne qu’ils apprécient et dont ils considèrent qu’elle leur en donne pour leur argent (gain de temps, inspiration, formation, coaching…). Par ici, probablement beaucoup moins, car pour des raisons culturelles, en tout cas en France, les gens ne sont pas habitués à payer pour des contenus, des prestations intellectuelles ou des prestations dématérialisées. S’ils le font, c’est pour acheter leur journal ou pour aller sur Netflix. Pas pour lire des newsletters ou des blogs.

Par conséquent, pour réussir sur ce créneau en France, il faudra vraisemblablement proposer des contenus vraiment originaux, à forte valeur ajoutée, sur des verticales BtoB, ou sur des sujets pour lesquels les particuliers sont prêts à payer (développement personnel, maquillage, fitness, cooking, pyscho, sexualité, vie de couple…).

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