Dans les Hauts-de-France près de Dunkerque, le projet de réindustrialisation par la filière de la production de batteries automobile se poursuit, et passe un cap. Après les annonces de ACC, Envirion et de Verkor, deux nouvelles entreprises ont confirmé qu’elles investiraient les lieux et installeront leur usine. Cela porte à cinq le nombre de centres de production dans “la vallée de la batterie”, que l’Etat cherche à pousser sur la première marche du podium européen en termes d’unités assemblées.
C’est une réussite et le Président de la République Emmanuel Macron tient tout particulièrement à s’en attribuer les mérites. “Le président est allé chercher ces deux projets en s’investissant personnellement. […] C’est très important pour les groupes étrangers. Derrière, ils savent que le président met tout son poids pour que les délais soient tenus”, disait un proche à l’Elysée, mentionné par Capital. C’est ainsi que le Chinois XTC signera un partenariat avec le Français Orano, et que le Taïwanais ProLogium se lancera indépendamment après de longues séries de discussion entre l’Etat et la direction de la société.
Face à l’Allemagne qui se montre plus agressive sur la course aux usines de micro-processeurs, la France tient à faire d’une partie de son plan France 2030 une porte ouverte à la production de batteries pour voitures électriques. On ne sait pas combien l’Etat mettra pour aider ces entreprises à s’installer et ne pas regretter d’avoir choisi la France, mais les retombées sont déjà estimées à des milliards d’euros (plus de 7 milliards avec les deux nouveaux projets) et des milliers d’emplois (plus de 4 700 postes).
Succès diplomatique, succès national
L’annonce tombe à pic. Lundi à Versailles, Emmanuel Macron tenait un nouveau rendez-vous “Choose France” pour faire le point sur les avancées autour de la réindustrialisation, l’occasion aussi de faire venir des acteurs étrangers à l’image d’Elon Musk, invité pour l’occasion (son second tête-à-tête avec le Président de la République). Vendredi dernier à Dunkerque, Emmanuel Macron avait là aussi tenu à faire le déplacement et déclarait, depuis les usines de Dunkerque Aluminium : “on remet le turbo, on ne fait pas de l’industrie d’hier, c’est de l’industrie de très grande qualité, très décarbonée”.
L’histoire de l’arrivée de ProLogium, le Taïwanais du lot, montre à quel point la réindustrialisation par des acteurs étrangers peut être le fruit d’un véritable travail de diplomates. À l’heure où les tensions sont particulièrement élevées entre Taïwan et la Chine, les entreprises locales cherchent à s’implanter à l’étranger. L’entreprise aurait pu choisir un autre pays européen pour s’implanter. “Si l’on veut continuer et réussir à attirer d’autres ProLogium, on va devoir aller plus vite et plus fort. […] Ce que Dunkerque démontre, c’est qu’on peut réindustrialiser le pays”, disait Emmanuel Macron le 12 mai dernier.
Verkor, quant à lui, est la “petite” startup française du lot, dont le siège est à Grenoble dans l’Isère. Contrairement à ce que dit ancienneté, ses ambitions sont très élevées et son entreprise à Dunkerque est estimée à un coût de 2,5 milliards d’euros. Sa “méga-factory” doit en grande partie permettre de répondre à la demande d’Alpine, avec qui Verkor a récemment confirmé le lancement d’un partenariat pour équiper les modèles électriques de la marque d’une batterie électrique. 1000 emplois seront là aussi créés, et l’objectif est de pouvoir atteindre 2 millions de voitures électriques et hybrides.
Parmi ses actionnaires, des Français (Groupe Renault, Schneider Electric, Capgemini ou encore Arkema) mais aussi des étrangers comme le fonds d’investissement EQT Ventures (Suède).
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Quelle est la raison qui raisonne raisonnablement ?
Chat gpt, lui, ne fait pas de fautes d’orthographe..